‹ La mer polaire [microforme]Chapitre 31 sur 70 · Effectivement, nous voyagions depuis trois jours · texte numérisé non relu

Effectivement, nous voyagions depuis trois jours

Hi sur une glace unie qui nous permettait de faire 36 il milles par journée, lorsque le 18 nous atteignimes l | l'entrée d’un magnifique détroit. Le brouillard nous (f |} avait jusque-là fatigués de ses lueurs indécises,

mais lorsqu'il s’éclaireit, le soleil inonda de ses

rayons un espace immense tout autour de nous. De chaque côté du détroit, une suite de caps se mul- 1 Li tipliaient sous nos yeux, au point de rendre trèsdifiicile de leur donner desroms. J'acquis la certitude que nous étions réellement dans le détroit

de Jones. La latitude, ainsi que la longitude, la

1. The last of the Arctic voyages, by sir Edward Belcher, 2 vol. in-8. London, 1855.

É= ; direction des côces et leur écartement qui était de ) 1eS ‘ 60 milles, tout me le prouvait. Bientôt l'inégalité ‘À its ! des glaces nous força à prendre terre, et nous a- 14 Ë vions déjà fait cinq à six milles, lorsque nous füù- ‘1 at- Fe mes soudain arrêtés par une montagne de glace à Ai rth 4 pic, et la brise venant à souffler, nousdécouvrimes 1 al, ‘4 avec effroi que la base de cette montagne était ll roit 4 portée par la mer et que toute cette masse mou- 14 im- 4 vante quinousportaitse désagrégeaiten morceaux. d TÇa 4 « Difficilement découragé, je résolus de gagner hi sur- | la terre ferme. Les provisions et tous les bagages “| 1eil- 1 furent empaquetés, et nous n'eûmes rien de plus | 1 pressé que de chercher ce que nous avions à faire, jf Jurs 1 sauf à découvrir ensuite la manière de l’exécuter. N e 36 | €. À mesure que nous avancions nous trou- + mes | vions les montagnes plus hautes: quelques-unes ous À atteignaient jusqu'à 1520 pieds. .144 ses, 1 « Ayant descendu péniblement les flancs d’une FA ses É de ces dernières et établi notre campement à sa fl | . De base, quelle ne fut pas notre surprise et, je dois oui ul- dire aussi notre déception, en reconnaissant qu’en- | li ês- tre nous et la côte la plus éloignée se trouvait une À cer- 3 mer libre, roulant au loin ses vagues d'un bleu roit E sombre. Nous étions au 20 mai! A l'horizon l'on ne , la 4 n’apercevait que de glaçonsflottants et tout progrès 4 | ultérieur était interdit à nos trainecsux. | cher, « Un escarpement éloigné de seize milles, dans !

le travers du détroit de Jones et que nous avions

pris pour une ile réelle, fut reconnu pour appartenir à une montagne flottante. Aussi loin que la vue pouvait s'étendre dans le détroit, on ne voyait aucune terre.

« …. Cependant notre voyage ne manquait ni d'incident ni d'intérêt. Un jour, je découvris au sommet d'une montagne de huit cents pieds de haut quelque chose qui semblait être un ouvrage humain ; on eût dit une coupole ou une maison de glace, composée d’une quarantaine de blocs trèsépais, et qui ne pouvait pas avoir été construite par un seul individu. Elle avait hu ! pieds de diamètre à l’intérieur et cinq seulement en hauteur.

« Nous examinâmes avec un soin religieux chaque brin de mousse attaché à cet édifice, chaque fragment de terre ou de pierre arraché à son sol, sans trouver aucun papier ou quoi que ce fût qui eût servi à des hommes. Aussi bien tout élait recouvert par la neige, mais cependant cette construction ne paraissait pas dater de plus d’une année. Nous donnâmes à ce lieu le nom de montagne de la Découverte.

Peu de temps après, ayant laissé à mon équipage, harassé de fatigue et occupé à dresser la tente le soin de préparer la nourriture quotidienne, je gravis la montagne qui s’élévait devant nous, et j'y découvris que nous n’étions pas loin de notre position de l’année précédente près du cap

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