‹ La mer polaire [microforme]Chapitre 32 sur 70 · SE · texte numérisé non relu

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Hogarth, et que nous avions le cap Magendieet l'ile d'Hamilton à vingt milles à l’ouest. Nous nous trouvions ainsi sur un isthme étroit séparant les eaux du détroit de Jones de celles du canal de Wellington.

« Je fus encore bien surpris d’apercevoir là deux constructions de forme européenne et ressemblant à des tombes; elles étaient de même grandeur, recouvertes toutes deux de grandes dalles plates et avaient à leur extrémité trois pierres séparées et placées comme pour marquer la place de la tête et des pieds d’un squelette. Je fus tout à la fois si content et si ému de cette trouvaille que je ne voulus pas ytoucher la moindre pierre qu’en présence de tout l'équipage.

« En conséquence, le même soir (car le soleil est tellement étincelant sur la glace qu'on ne peut voyager dans ces parages que la nuit) nous gravimes la montagne et nous écartèmes ces pierres, mais hélas! elles ne recouvraient aucuns restes, aucune trace d'êtres humains!

« .…. Ainsi, employant toute une saison à l’exploration des côtes du détroit de Wellington, quelquefois à pied, d’autres fois en bateau, suivantles circonstances, nous ne pümes rien découvrir sur le sort de Franklin.

« Mon expérience personnelle m'a prouvé aussi, contrairement aux assertions de mes prédécesseurs

dansle détroit, que ces parages désolés nourrissent bien peu d'espèces animales.

« Par un bonheur extrème, les voyageurs peuvent rencontrer çà et là un ours ou un phoque; j'en ai tué et mangé, mais je doute fort qu’un navigateur puisse jamais compter sur de pareilles rencontres pour ses approvisionnements. .

» Il n'y a point de doute que les manifestations passagères de la vie animale, dans ces régions désolées, ne se lient aux apparitions des espaces d’eau libre qui se ferment tantôt sur un point, tantôt sur un autre du revêtement de glace de la mer Polaire. Mais les causes de ce phénomène sont encore un mystère pour la science.

« Par les mêmes latitudes où en 1851 les capitaines Penny et de Haven constataient l'existence de milliers de palmipèdes et d'amphibies, animant les eaux du détroit de Wellington, je me suis heurté en 1853 à une couche solide et déserte de glace marine, et là où leurs embarcations avaient pu circuler à pleines voiles, j'ai dù abandonner mes navires bloqués et soudes dans la glace. »

Effectivement après deux étés employés en efforts infructueux pour dégager ses navires et regagner avec eux les eaux du détroit de Lancastre, sir Edward Belcher, convaincu que ses équipages, épuisés par des fatigues surhumaines et menacés

en outre de manquer des approvisionnements in-

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