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Grâce à l'influence de M. Lassen, surintendant de la colonie, un chasseur esquimau, àâgé de dixhuit ans, Hans Christian, se joignit à notre expédition. Ce fut une véritable acquisition pour nous; habile à manœuvrer le kayak et la javeline, impassible comme un Indien du Far-West, il nous rendit de grands services. Le 16 juillet nous étions au promontoire de Swarte Huk, et le 27, dans la baie de Melville, au milieu des montagnes de glace (icebergs) qui infestent cette mer et qui lui ont valu des baleiniers le surnom de Trou aux bergs; les épais brouillards de glace qui caractérisent cette région nous enveloppaient de toutes parts. Le temps devenait menaçant; je fis attacher une amarre à une montagne de glace pour nous empêcher de dériver; après un rude travail de huit heur2s, j'avais réussi, quand du sommet de l'iceberg tombèrent sur nous de petits fragments de glace, produisant sur l’eau l'effet de ces larges gouttes de pluie qui précèdent un orage du printemps. C'était un avertissement fort clair ; il n’y avait pas un moment à perdre. Nous étions à peine dégagés, que l’immense iceberg s’écroula avec un fracas terrible.
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Le détroit de Smith. — Barrière de glace, Le havre de Rensselaer,
Après une navigation pénible, le 3 août, dégagés de toute entrave, nous étions à la pointe Wilcox, gagnant les eaux du cap York et nous dirigeant vers le détroit de Smith. Le 6 août, nous doublions l'ile Hakluyt, puis le cap Alexandre, qui forme, avec le cap Isabelle, l'entrée de ce détroit. Aspect désolé : ici un triste manteau de neige descendant jusqu’à la mer; là une sombre ceinture de rochers immenses, dont la sauvage et menaçante grandeur impressionne même nos rudes matelots. Ce sont la les colonnes d’'Hercule de la mer Polaire.
Le 7 août, nous donnions en plein dans le détroit de Smith; nous établimes un cuirn à l'ile Littleton, et, à notre grand étonnement, nous nous aperçümes que nous n'étions pas les premiers à chercher un refuge en cet endroit désolé : des Esquimaux s’y étaient établis autrefois.
Jusqu'au 22 août, nous eùmes un temps épouvantable, des tempêtes, des ouragans, qui menacorent de nous briser sur les rochers ou de nous broyer dans les glaces soulevées; mais notre brick soutint courageusement ces épreuves, et le 23, par 78°41’ latitude, nous étions occupés à haler notre brave navire le long d'un banc de glace
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LA MER POLAIRE. 175 attaché au rivage. Nous étions, dès ce moment, parvenus plus au nord qu'aucun de nos prédécesseurs, excepté toutefois Parry dans son expédition de 1826.
Dès lors aussi nous fimes fort peu de chemin. Bien que fermes et résolus, mes hommes me parurent incliner à retourner vers le sud pour hiverner. Jeles réunis en conseil : un seul, M.H. Brooks, ‘ut d'avis de continuer notre route au nord. Je jeur expliquai tous mes motifs pour suivre cette voie, je leur développai toutes mes vues, et, je suis heureux de le constater ici, tous mes braves camarades m'approuvèrent et se mirent courageusement à la rude tâche que leur imposait mon programme
Le 28, le brick se trouvant engagé par les glaces, je résolus de faire une exploration pour trouver, s’il était possible, un meilleur quartier d'hiver sur la côte. On équipa la baleinière Forlorn-Hope, qui, doublée de tôle, était recouverte d'un prélart faisant office de tente, et avec un équipage de sept hommes je me lançai à la découverte d'un port d'hivernage. Notre voyage fut rude d'abord; il nous fallait briser la glace pour avance] : nous faisions à grand'peine sept milles par jour. Au bout de vingt-quatre heures, la glace nous iorça d'abandonner notre canot, que nous mimes à l'abri dans un endroit sûr, et nous
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