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chacun de nous. Le bateau, vigoureusement poussé par Me Gary suspendu à son aviron, me semblait à bonne portée ; je ferme convulsivement ma main, signal convenu pour faire feu; étonné de ne pas entendre d'explosion, je me retourne : Petersen, paralysé par son anxiété, ne pouvait tenir sa carabine immobile. Le phoque, se dressant sur ses | nageoires antérieures, nous regarde d’un air inquiet et curieux; il s’apprête à plonger. La carabine résonne : frappé à mort, l’animal tombe étendu près de l’eau, si près, que la mer mouillait sa tête penchée au bord du glaçon.
J'avais l'intention d'assurer sa mort par un nouveau coup de carabine : impossible d'y songer, il n'y avait plus de discipline; mes hommes, poussant un hurlement sauvage, se jetèrent sur leurs avirons, se précipitant vers leur proie. Des mains avides saisissent le phoque et l’entrainent sur un abri plus sûr.
Mes pauvres compagnons étaient à moitié fous ; je ne les savais pas aussi éprouvés par la faim. Brandissant leurs couteaux, ils couraient sur la glace, pleurant et riant tout ensemble. Cinq minutes après, ils étaient tous occupés, les uns à lécher leurs doigts couverts de sang, les autres à dévorer de longues bandes de graisse crue.
Sans souci du danger, campés sur une grande glace flottante, quand vint le soir, nous sacrifiä
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