‹ La mer polaire [microforme]Chapitre 65 sur 70 · Î LE » LE · texte numérisé non relu

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les forêts. Quelques sapinettes rabougries rampent sur le sol à bien des lieues en dehors de la limite septentrionale des bois, mais les voyageurs ne rencontrent aucun arbre forestier, vieux ou jeune, sur ce même espace.

Des faits semblables ont été observés en Norwége. « Je fus frappé, écrit le botaniste W. Hooker, de trouver la preuve de l'existence antérieure de grands arbres à Qualoën (île de la Baleine, où est situé Hammerfest), où 1l ne pousse que quelques bouleaux rabougris. Des troncs d'arbres morts appartenant à la même espèce et d'une dimension considérable sont encore debout; leurs branches encore chargées de menues brindilles et leur écorce encore bien intacte judiquent qu'ils appartiennent au genre betula et tendraient à faire supposer que leur destruction est de date comparativement récente. Mais l’air de Qualoën possède une propriété particulière contre la décomposition, de sorte que ces restes d'arbres peuvent très-bien exister depuis des siècles, car de mémoire d'homme on n’a vu croître des arbres d’une telle dimension dans cette île, bien que la tradition rapporte qu'autrefois la terre de Qualoën était couverte de sapins d’une grande beauté!. »

Le mème écrivain parle aussi d’un squelette entier de baleine qu’on prétend exister au sommet de Fuqle-0e, Île qui s'élève à 4 ou 500 pieds au-dessus de

1. Notes sur la Norwège, par W. Dawson-Hooker, Glascow, 1837, p. 19.

APPENDICES. 301 la mer. Le temps ne lui a pas permis de vérifier ce récit en gravissant cette hauteur, qui, le 14 juillet, était encore toute couverte de neige.

Du reste, les lecteurs des voyages de Parry n’ont pas oublié que ce navigateur a constaté au fond de la

6 baie Repulse la présence d’un squelette énorme de ce même cétacé, sur un plateau élevé de plus de 100 pieds au-dessus de la mer,

Nous ne pouvons, toutefois, séparer l’histoire de ces débris fossilisés d'animaux et de plantes de celle du mammouth dont les restes sont dispersés en Asie et en Amérique. Il est connu maintenant que ce pachyderine était pourvu d’une fourrure et que les plantes qui lui servaient de nourriture ont leurs analogues actuels dans le nord de la Sibérie; aussi la théorie qui prétend que ses ossements onf été amenés là par un cataclysme est-elle aujourd'hui repoussée par les géologues. Plusieurs théories analogues ont donné lieu à de fausses suppositions désormais délaissées, entre autres celle qui rattache au bois flotté

| l’origine des charbons arctiques. Un examen plus

| ‘tentif pourra démontrer que l’époque glaciaire fut

d'un caractère tout différent, en Europe, de celui

qu'elle a en Asie et en Amérique, «t que, tandis que

des glaciers recouvraient les montignes des îles Bri-

À tanniques et les plaines de l'Allemagne, des forêts de pins ombrageaient les îles Parry, et les éléphants

i. Voyages dans les glaces du pôle arctique. 2° voy. à Ed. Parry, p. 160-161.

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sihériens se multiplient et pâturaient sur les bords d’un océan dont les vagues ne roulaient aucun glaçon,

Beaucoup de choses nuus prouvent que l’Archipel arctique a été submergé dans une période géologique très-récente; en effet, nous savons que des coquillages fossiles, de l’espèce de ceux qui vivent dans les eaux des mers environnantes, se trouvent à des hauteurs considérables sur toutes les îles. Ainsi l’on a trouvé des coquillages de la Cyprina Islandica dans île de Barrir: * 500 pieds au-dessus du niveau de la mer; le capit. : Parry, de son côté, a découvert une variété du même coquillage dans l'ile de Byam- Martin ; et dans le dernier voyage du Fox, le docteur Walker, chirurgien de l’expédition, a trouvé au port Kennedy, à des hauteurs de 100 à 500 pieds, les dépouilles non fossilisées de non moins de neuf espèces de coquillages habitant encore les mers du cercle polaire. |

Au même endroit, on a decouvert, à une hauteur de 150 pieds, l'os palatal d’une baleine franche. Tous ces faits prouvent la submersion primitive de l’Archipel arctique, mais cette immersion doit avoir été antérieure à la période où des forêts de pins ont recouvert les rivages bas et sabionneux de ces îles, au fur et à mesure celles surgissaient lentement du sein des eaux; forêts dont les débris se trouvent aujourd'hui à 100 pieds et plus au-dessus de la surface de l'Océan.

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