CH. I. DROIT AU CULTE D HYPERDULIE
état de péché réparable parla pénitence, c'est-à-dire, l'état d'nn péchenr cheminant encore dans la voie; cet état, il est vrai, ne ponrrait être connu sans imposer une réserve qui diminuerait d'autant les expressions de notre culte envers la coupable. Pourtant, si je ne pouvais plus honorer eu elle la Pleine de grâces et l'amie de mou Dieu, je ne me croirais pas dégaw'é de toute obliy;ation de la reconnaître par mes hommaçes comme la Mère du Seigneur. Est-ce donc qu'un Pontife, indigne pour ses fautes de représenter le Christ dont il est le Vicaire, a perdu ses titres à la vénération des fidèles; et pourrions-nous, sous prétexte que sa vie ne répond pas à sa dignité, lui dénier, je ne dis pas seulement l'obéissance, comme si le droit de commander dépendait de la sainteté des mœurs, mais encore les démonstrations d'honneur réclamées par la tiare ( i ) ? Et, sans monter si haut, nous est-il permis de refuser toute marque de déférence à des parents, parce qu'ils sont infidèles à leurs devoirs envers le Créateur, et par conséquent privés de sa grâce et de son amitié? Donc, pour conclure, l'honneur que nous devons rendre à la Mère de Dieu ne repose pas uniquement sursasainteté.Lasainteté peut être une condition pour que sa qualité demère appelle f/e/rt^Yla vénération qui est de son droit; elle n'est ni l'unique, ni le principal motif. Au témoignage des saints Pères, Marie devait être la pureté, la sainteté même pour concevoir le Verbe de Dieu. C'est pourquoi, nous disent-ils, elle l'a conçu par l'esprit avant de le concevoir dans son corps. Priiis concepit mente quam ventre. Dira-t-on
(1) Cf. Suarez, /. c, S. 2, g Rursus tamen ; S. Thom., in Sentent. III, D. 9, q. 2, a. 3, où il recherche si la dulie convient aux pécheurs?
lOO LIV. IX. LE CULTE DE LA SAINTE VIERGE
pour cela que ce qui l'a faite en réalité Mère de Dieu, soit non pas son concours physique à la formation de la chair du Christ, mais son ineffable sainteté? Mais c'est assez parler des motifs qui légitiment le culte que nous rendons à la Mère de Dieu; puisque, nous en sommes convaincus, la maternité divine avec tout ce qu'elle emporte après elle, est tellement au-dessus de tout autre dignité naturelle et surnaturelle, tellement à part, que jamais nous ne pourrons, je ne dis pas la dépasser, mais l'égaler par nos hommages.