La Mère de Dieu et la mère des hommes
Lrçlue et Marie. — Kappurt de re-Hseiublaace entre l'une et l'autre quant au duuble caractère de uière et de vierge. —
' l'rat daoa ce paralicle .Marie l'emporte excellemment sur
*. — et cotiunent entia, grâce â ta qualité d'exetu- . elle est à T^gliite ce qu'est uue mère 4 sa fitle.
Noua avons exposé jusqu'ici la réaliti^, les fondements et les fonction!* générales de la maternité spiri(ii'*!If '!-• ^I iîi«?; ce «jue celle bienheureuse Vierge a fait |j<^ar mciiler le nom de Mérc des hommes, ce qu'elle continue de faire pour en remplir les devoirs, et les aptitudes surnaturelles dont elle a été mervcilleui^ement douée pour répondre à une si haute mission. Il nous rcsle à parler de ses entanls suivant la grâce; c'est-à-dire, à considérer les difTérenls degrés <le leur filialion, les devoirs que cotle n " ' :»
leur impuse envers une telle mère, la u >t
ils les ont remplis à travers les siècles, et Uualemeut A
4 L. VUI. I>^ r-irANTS DB MAMK
•ii^talcr, en les rejctanl, les industries imacnnées par TcKpril du mal pour séparer les enfants de leur mère. Telle sera la matière de ce livre et des suivants.
r>)mmençons |»ar détermi.-.er à qui convient, à des degrés divers, le titre d'enfant de .Marie. Or, parmi ces enfants de la Vierge Mère, le premier rang sans contredit appartient à notre mère, la sainte Kçlise. La Mère de Dieu est, avant tout, la Mère de l'Eglise. C'est là son privilège et sa gloire. Voilà pourquoi rien n'est plus ordinaire que de voir affirmer cette maternité de la bienheureuse Vierge. Donc, rien aussi de plus naturel que de commencer par l'K^lise ce que nous avons à dire de la postérité de grâce, donnée par le "-■ M à sa divine mère. Mais, pour ne pas traiter
int -, Ltjmenl un sujet d'une si grande importance, il nous faut tout d'abord examiner à loisir les rapports établis par Dieu lui-même entre l'Eglise et .Marie. Cette étude achevée, nous saisirons mieux en quel sens, dans quelle mesure et pour quelle raison l'Église est la fille, et la première fille de la .Mère de Dieu.
Entrons, à la suite des P - i>puvés sur les monuments de la tradition c < i**, dans ces belles considérations par un parallèle entre l'une et l'autre.
Marie est mère : Mère de Dieu, Mère d«-^ ics
rachetés par le Verbe incarné; une mère vi : ms sa double maternité. H est une autre mère, vierge comme Marie, et mère comme elle de l'humanité régénérée. C'est 1 Église de Dieu, la sainie Mère C Eglise^ dont nous sommes devenus les fils en devenant les enfants de Dieu : car c'est par son ministère que Dieu nttus a régénérés, par son n ' nie
la vie surnaturelle se conserve et se , : ms
l'Ame du chrétien : deux choses qui suffisent plei-
C«. I. — PARALLiLB B?(TRC MARIB BT L'ÉGLtSB 5
nement à faire d'elle une mère suivant la grAce. Impossible de méconnaître les rapports étroits par où se tiennent Marie, la Vierge Mère, et l'Église, cette seconde mère des fidèles.
I. — Lf ptniitr i.ipjH.ii oi un rapport de similitude. Dès l'origine du Christianisme, cette relation parut si manifeste aux Pères que maintes fois ils re- ■ rent lEglise sous les trails et sous les noms
., r Fil \<.ule/-vous (juelqucs exemples d'une
vérité ^ '•? Je prendrai les premiers dans les
plus anciens monuments ecclésiastiques. Voici d'abord ce que je lis chez Clément d'Alexandrie, celte gloire d'une École dont Origène, son disciple, sera le plus illustre représentant : « O miracle mystique! II n'y a qu'un Pèn», un Verbe, un Saint Espril. Unique est aussi la .)/'>« Vierge; et j'aime à l'appeler du nom d'Eglise. Elle seule entre les mères n'a point eu de lait, parce que seule elle n'a pas été femme. Elle fsl tout ensemble vierge et mère; pure comme une vierge, aimante comme une mère » (i). C'est de l'Lglise que parle l'illustre catéchiste, et tout le contexte ; l'à l'évidence. Mais est-il possible de
ur ce portrait, sans y voir rayonner l'image de Marie : tellement claire et tellement vraie qu'on a besoin d'être averti pour savoir que l'auteur a voulu peindre une autre mère.
L'antique et si éloquente lettre où sont racontés les luttes et les triomphes des martyrs de Vienne et de Lyon ^177). parlant des chrétiens qui, cédant d'abord à la rraijilc des tdrhires, avaienl élé ramenés au
\< armrot Mcx.. l'aniaj. I I' «j, Mit. îoo.
5 !.. viit. — i.r« cxPAifTii DB mahif.
Christ par l'exemple de leurs frères : « Uien, dil-elle, ne saurait «égaler la joie de la Vierge Mère, lorsqu'il lui fut permis d'cmhrasser vivants ceux qu'elle :• ' reiet»*s de ses entrailles comme autant de fruil> ir Grâce, en cfTel, an dévouement des martvrs. la plus cmtKio partie de ceux qu; avaient jo\ -f
furent de nouveau reçus dans son^sein, i-. , n
une nouvelle vie » (i). Encore ici de qui s'açil-il? De l'Eglise assurément, mais de ri^g:lise présentée sous les traits caractéristiques de Mûrie : la virginité dans la maternité.
Les Catacombes offrent plus d'une peinture où la res^ ' ' , ' " ' ri se de-
mnr que l'ar-
tiste a voulu reproduire dans ses fresques. Quand je vois une femme tenant sur ses genoux l'Enfanl-Dieu et recevant les présents des Ma^es, je n'ai pas de peine à reconnaître en elle Marie, la Vierge Mère (a). Mais, devant ces Orantes, debout, les bras étendus en croix, et les j'eux tournés vers le ciel, j'hésite ii tain: car ce type est parfois rr-;îlise et parfois la \ Marie.
r 1er, j'iii hesoin d'une insi-ription, (l'un
indiL ,.. . .. ,uc; et là où ces moyens lui manquent, la science elle-même n'ose pas dire son dernier mot. Ajouterai-je encore que l'auteur des Actes des saints Nerée et AchUiécy jaloux de les faire passer pour une
(l'i ' riVnn. «I LajdttH. epitlola de martyrio S . Pothini,
cil. 1. — PARALLCLE EXTRE MAHIE ET L EOLISE 7
auvTt du premier siècle, y fait entrer celle idée de mère (i) : ce qu'il u'eûl pas (énl^ si, .l' ^ 1,.^ J..C.... i> tfinps du chrislianisine, le rnpporl inliine enlre l'Éulise et Marie n'avait été cnmmiinémenl admis eC reconnu.
J ■ " c'est ri'.^lisc qui preTiail ics (jii;iiiiir;iliis rt
|/s > de Marie. Voici maintenant le nom de
I Église allribué à la Mère de Dieu. « Cette Vierge si chaste, celte Ftjlisc immaculée », dit Manès, dans les Actes de la controverse enlre l'cvèi^ue Archèlaûscl cet h r»>i;»rque. Or, il parle uniquement de Marie. C'est donc elle qu'il désigne par ce titre, et rien, dans le W\\r ni dans le contexte, n'indique qu'il n'ait pas été compris (a): si ftéquent alors devait être l'usage de sijrnifier par les mêmes titres les deux vierges mères, rivjliscet Marie.
!..•> siAcles qui suivirent le triomphe de l'Eglise sur \r j. 1. iiuMue, loin de faire oublier ces rapports, les mirent dans une lumière encore pluséclalante. Innom-
■ \ Voici le p*»««(rr àt% Afin. Il «ppartient au p«n>^tryriqiK entJiou-
r% par
<iu«lt*MMê,^. »-ji.
8 L. vtii. — iJU zftrATtn oi makib
brables sonl les textes où nos saints docteurs parlent de l'Éjiouse «lu Iloi des rois, du Temple do l'K- * Saint, du Trône dePbpoux céleste, de TArchc vi\^... de l'alliance, etc. Qui dira, tant ces qualifications sont communes, s'ils prétendent désigner Marie ou l'Église, aus-- ' -■-•r'mps, du moins, que leur intention ne s'est pa«» ■< i'.ir le contexte ou par une cxjucs-
sion bien déterminée (i
Dans les vitraux de nos \iciiics calliédrales on >oii deux femmes, debout au pied de la croix, l'une à gauche et les yeux bandés, l'autre à droite dans l'attitude de la douleur et de la contemplation. La première est manirc.stemenl la synagogue; l'autre est l'Église, mais l'Kglise sous l'extérieur et dans la posture de Marie. D'autres fois, c'est, à la place de la Synagogue, Jean rKvangélistc; enTâce, de l'autre côté, c'est Marie. Oui, mais consultez les maîtres de l'arche» 'l-»gie religieuse, ils vous prouveront par les faits et par les textes que, si la représentation des personnages a varié, la signification symbolique reste la même. Jean figure la Synagogue, et l'Eglise est personnifiée dans Marie (3).
Les premiers poètes chrétiens eux-nn-iiir» imh vent témoigné de cette mutuelle relation entre IT. et Marie. On la voit manifestement dans les vers de Sedulius (3) ; et cette tradition se conserva dans la
(1) I*. Cahier, Monographie dt la colh-dralt de Bourt/ti. Tej:tt, p iiS
(5 ' , pp. llC, r
It »■< . Jcao ae - <•-
•nCTT'juic n u I HIC. Il pourrait ji^immic \<\ cuoiuic rrna.1111 )m>.i la •Toagofac an Icmoixoaite (rui^r (larun les kieiu, oa eonoM le >ymU>l« oc boooTenioQ faUtredra Juifs.
(3) L« poète da v« aitde ctianle aioat l'appanlioa du Sauveur reaaoaolc
Diaecdat cjsafOfA mm fiiaeaU colore.
cil. I. PARALtàLE ENTRE MARIE ET l'ÉGLUE 9
poésie sacrée, comme l'altcsle l'inscription que le pape Sixtf m fil graver sur le buftlistère de Saint-Jean de Katran, où on peut encore la lire aujourd'hui (i).
De tous les Pères, aucun n'a décrit cette ressemblance entre les deux vieri^es et les deux mères avec autant d'insistance que saint Augustin. Il y revient, pour ainsi dire, à tout propos, dans ses commentaires sur les psaumes, dans les sermons à son peuple, dans ses écrits <" ' ' jnes et doijmatiques.
Il ne SI- • pas de reconrjailre dans l'Eglise
la plus haute personnification de Marie, considérée comme mère ; son regard et son enseignement vont plus loin. Avec la ressemblance dans la maternité, il met en lumière une autre similitude : c'est que ces deux mères sont vierges, a A rimitation de la Mère du Christ, l'É^'' ondre journellement les mem-
bres du Clirist, ■ - 1 vierge ; imituns ejus [Chrisli)
Frctetiam C.\%
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OAlira de ccUc cau. *
I Vlll. — LES EXTAXT* DE MAHIE
mntremquotidte parit membraejua^et virgo ett » (i).
Et dans un antre endroil : « Commrnl n'êlps-vous
pasnt^sdcla virijinilé', puisque vous êtes les mrmhres
<ln rhrisi ? Vntre Chef, Marie l'a engendré ; cl vous,
II .lise. Car elle aussi est mère et vierge : mère par 1rs rntrailles de la chariu^ vierge par rinlégrilé de la foi et de la pii'l»*. Elle enfante 1rs peuples; et ces peuples sont les membres de TUnique dont elle est à la fois le rf»r[)S et l'épouse ; el en ceci enrore elle porte la resscmijlanre de la Vierge par excellence, parce que, dans la multiplicité même de ses enfants, elle est ni^re de runilé. Etiam in hoc simiiitmlin^m gfren» illins Virginity quia et in muttis mater est uni' tntis » (2). Ouelques pages plus haut, il ava't dit dans un autre sermon pour la Nativité du Seigneur : « \A (c'est à-«lire dan ' il «le Marie), le l'ils unique de Uicu a -; ^ nature humaine
e se faire à hii, Chef immaculé, une compagne «le l Ivj^lisc immnculée. C'est elle que Paid appelle vi.Tce, non pas seulement parce qu'il voit en elle des \,i-: j^es de corps, mais parce qu'il souhaite que tous V soient viergCN d'esprit. Je vous ai fiancés, dit-il, à '■ nie époux, le Christ, pour v. x^nler à lui
ne une vierge pure i^3). Donc, 1 , imitant ta
Mère de son Seigneur, est mère et vierge d'esprit.
(r s Ai; ... c. 34. P. L. «., »'.■
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