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48 L. VIII. — LES BMf ANTS DB MARIB
Avouons-le, toutefois, il est un sens suivant lequel on peut dire en vérité que, dans la communion, nous recevons la chair de Marie. San ' ' ' '.•
corps de la Vierge, autre celui <i s
la mère n'appartient en propre au Fils; rien dans le Fils n'op{)arlient en propre à la mère; | > ont
deux natures et sont deux personnes abN «!!>>
tinctes en tout ce qui les constitue. Mais cela mèiiic n'empêche pas que la chair de Jésus ne soit d'une certaine manière la chair de Marie. Si Judn î dire à ses frères, en parlant de Joseph: Ne ^ s pas nos mains de son sang: il est notre frère et noire chair • une mère peut à meilleur titre nommer le fruit de ses entrailles, non sculemeut son fils, mais sa chair; parre que cette chair du fils vient originairement de la rhair maternelle comme de son principe.
Or, ce qui est vrai de toute mère ^l•^l cm on- ;i m illeur litre ile .Marie. Une première raison, c'est qu'i-iMni mère vierge elle ne partage avec personne le privilège d'avoir formé de sa substance le corps de son Fils. C'est ensuite que son influence maternelle l'emporte en intensité, si je peux ainsi dire, sur relie de toute autre mère; car Jésus n'est pas seulement le fruit de son corps, mais aussi, mais principalement, de son cœur, de son humilité, de sa foi, de son amour, de sa virginité, de toutes les vertus, en un mot, qui du sein du Père ont atliré le V«Mbe dans ses entrailles. C'<sl enfin parce que le double amour qui, dans les gén/nitions communes, unit si étroitement le fils à la mère atteint en Marie le plus incomparable degré de perfection : d'un coté, en effet, ce n'est pas eu vertu d'un amour humain, si pur qu'il puisse être, qu'elle a conçu ce Fils bien-aimé du Père, mais par J'Amour incréc
en. ti. — t'értUSE, ritLB de marie ^9
qui est le Saint Esprit ; et, de l'autre, l'amour qui lui fnit aimer cette chair du Christ comme sa chair et pln<^ que sa chair, ne peut avoir d'égal, puisqu'elle l'uime comme la chair de son Dieu (i).
Faut-il s'étonner, après ces considérations, d'entendre saint Pierre Damien conclure une méditation scmhlahle par ces brilcs paroles : « Ici, m«»s hien>airnés frères, pesez, je vous en conjure, combien nous sommes obligés à la bienheureuse Mère de Dieu, et quelles actions de grâces nous lui devons rendre après Dieu l»uur un si grand bienfait. Car ce corps du Christ
(i| L« r. ' •*• aae belle et touchante conié-
pour U o>< ea approc'
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llâNa MS MHIUS. — II. — 4
-»0 L. VIII. — LE» BXPANTS DB MAlilB
(|u'elle a engendré et porté daosson sein, qu'elle a en« veloppé de langes, qu'elle a nourri de son lait avec une si malernelle sollicitude, c'est ce nii^ine corps que nous recevons de l'autel ; c'est son sang que nous buvons au sacrement de noire rédemption. Voilà ce que lient la foi catholique, et ce que la sainte Église enseigne. Non, il n'est pas de parole humaine qui soit < ' ' de louer dignement celle de qui le Médialcui i el
des hommes a pris sa chair. Quelque honneur que nous lui puissions donner, il est ail- né-
riles, [)uisque c'est elle qui nous a pi ij .^ . -tes
entrailles la chair immaculée qui nourrit les âmes... Eve a mangé un fruit qui nous a privés de l'éternel festin; Marie nous en : ■ - •• un autre qui nous ouvre l'entrée du banqu< » (i).
Le dévot panégyriste de Marie, qu'on a longtemps confondu avec saint Épiphane, n'a pas craint tle nommer ia Mère îles vivants un champ non cultivé de main d'homme qui, recevant la semence du Verbe, s'est couronné d'une gerbe admirable; un four intelligible, clibanus intellectualis, qui a livré comme nourriture au monde ce pain de vie, tout brûlant du feu de la divinité, dont le Christ Sauveur du monde a dit : Prenez et mandez : Ceci est mon corps qui est broyé pour vous. O mes bien-aimés, qu'elle est donc riche la table où nous convie la Vierge, el de quels mets ineiïables elle est fournie «(a)! Pour la même cause et dans le même sens, Hirliard de Saint-Laurent appelle Marie la nourrice de rivalise, une Bethléem spirituelle.
(0 s. Petr. Damian.. urm. 45, in A'o/iv. n. M. V s, P. L. czliv,
(>) fTom. 5, de Laudibiu SS. Deiparae, lOtcr 0pp. S. Epipi< ' suii, 49*1 ^çÔ-
cil. 11. — L BGLtftB, riLLC DE MARIB 01
c*est-à-dirc une maison de pain, le grenier d'où est tiré le froment des tMus : car elle a produit le pain viv.itit, ce pain «lesrendu des cieux qui nous réconforte à l'iiiit.'! » (i). Elle est, pour (jrorircs de Nicomédie, « la table qui porte la vie, une table où le pain prépan' <!•• ni<ii II II rrit d'une ambroisie céleste quicon- <jii'' V jiurlicuMj " ^L' I.
A ces textes, que d'autres on pourrait ajouter! « O \'i«'r::n. chantent les Grecs en leurs Menées^ nous v.iiis . .■•Icbrons dans nos louanj^es comme la table s[i:i iiii lie, où nous est servi le pain vivant et vivifiant des âmes qui est le Christ » (3). Et encore : « Mère <I«' Dieu, rlinni}» fertile où s'est formé l'épi de vie. cet • j.i iiiii.pj.', I aliment des chrétiens » (/|). « Vous ôles le nouveau tabernacle de la sainteté... la table divine s,,' 1 >.]i!.T- vi le pain <lonl sont nourris ceux
(jiji V -u^ j>i : la pure Mère de Dieu y» (5). .\iusi
peut-on %Taiment «lire, après Aui^uste Nicolas, que