C. - par considérer la sainic l.mli;ii
pui' , le tous les sacrements le plus au;.'
el le plus sacré. Jésus-r.hrist avait dit à ses disciples: « En vérité, en vérité, je suis le pain vivant, dcscen-
cit. LCLISB, FILLE Ot MARIE 4^
(lu du ciel. Le pain que je donnerai c'est ma chair. Qui mansre ma chair et qui boit mon sang demourera en moi el moi en lui» (i). Celle promesse, il la réalisa dans la dernière Cène, aimant les siens jusqu'à la fin. Prenez, mangez ; ceci est mon corps. Buvez ; car ceci est mon sari:^. Et parce que tous, dans la suite des ;lges, devaient participer à ce injslérieux banquet, il ajouta : Faites ceci en mémoire de moi (2). Voilà rEiicharistie. Je n'y vois pas seulement, comme dans les autres sacrements, la vertu divine qui sanclilie les âmes, mais le principe môme de la vie divine, le corps vivant et vivifiant de mon Maître, le Christ tout entier. Le Christ, dis-je, non pas seulement nourriture, mais encore victime, et nourriture, parce qu'il est victime. Car la messe est un sacrifice, el la consécration, qui renouvelle le sacrifice de la croix, met pour nous Jésus Christ sous la forme d'une victime immolée ; c'est ainsi qu'il nous applique les fruits de l'immolation sanirlantc du Calvaire et que nous le niniii,'eons. Sacrifice vraiment digne de la majt-sté souveraine; banquet le seul convenable pour les enfants de Dieu
Or, c'est ici qu";ipparaît le rôle incomparable de la bienheureu.se .Mère de Dieu. Je ne saurais mieux l'exposer qu'en citant un passage de saint Augustin, qui s'applique merveilleusemeni à notre sujet. » Jésus- Christ Notre Seignenr, écrit c^t illustre Père, a voulu que notre salut fûtdans son corps et dans son sang... Au commencement élait le Verbe, el le Verbe élait en Dieu et le Verbe élait Dieu (3). Voilà l'alimenl
(1) Jmii., ri. &i, tqq.
(s) Liuc., BXii, 19.
(3) J(MO , i. I .
(^^ L. VIII. — LES ENPAsrrs db marie
étemel ; celui qui nourrit et les Anges cl les Vertus et tous les esprits célestes. Ils le mangent, ils s'en engraissent ; et cette nourriture, qui fait leur joie et leur rassasiement, ne diminue ni ne se consume. Mais quel homme pourrait la manger comme eux? Où est le crrur capable de la prendre? Il fallait donc que rel aliment devînt un lait pour être propre à nourrir 1rs enfants que nous sommes. Mais à qui convient-il de convertir une nourriture solide en lait ? C'est la fonction propre de la mère. Ce que mange la mère est aussi mangé par Penfant. El comme l'enfant n'est pas capable de manger le pain dans sa propre substance, que fait la mère ? Elle s'incarne ce pain; par un n»}stérieu-\ travail elle en f:«il «lu l;iii. et de . e lait elle alimente son enfant n (i >.
Ne voyez-vous pas ici l'image li«lèle de ce qu'a fait Marie pour nous, ses petits enfants ? Qui de nous pouvait se rassasier du pain des Anges, ce pain dont ils se nourrissent parla contemplation et par l'amour de la divine essence ? Et p . (ils de Dieu comme
eux, dieux même par la u mnie ils le sont par
la gloire, il nous fallait un aliment qui répondu à notre dignité, à notre tempérament surnaturel. Le voilà ce pain des Anges, mis à notre portée par Marie (2). Pain spirituel, invisible, et par conséquent
fi) s. AufpjsUo.. Enarral inptalm. XXXlll, Serai., 1, n. 6. P. L.
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CH. t.GLISB, PILLC DB MARIE ^5
trop substantiel pour notre faiblesse, elle l'a fait chair et sang*, pour qu'il pût nous être servi dans le sacrement eucharistique. Par elle, nous avons donc vraiment reçu le pain célesto; et l'homme a mans^é le pain des Anges, devenu la nourriture des enfants, eibus infantium. Panent anqehrnm mandacauit fiomo (i). C'est donc à juste liln* que TF^iflise met ilans la bouche de Marie, comme une invitaiion pressante de nous asseoir à la table sainte, ces paroles de rEcch'sj.'istique : « Je suis la mère du bel amour el de la s:iinte espérance... Venez à moi vous tous qui me désirez cl remplissez-vous de mes générations » (a) ; el ces autres encore tirées des Proverbes : « Venez, m.intjoz mon pain, et buvez le vin que je vous ai mêlé « i 3j.
On objectera peut-être que Marie, lorsqu'elle prêta r Tijui-'s ■tMii.-nt ri>r»'ssaire à l'Incarnation du Fils de l)ieu, ne iuujd.DUiiail pas le mystère de la Cène ; et que, par conséquent, l'Eucharistie ne peut être en ellemême un don formel que nous devions à son amour
-î.^ - ' • répondrons, tout d'abord, que
Il «nt aux propositions divines, a
paneaeoeii; larU pretiuin munJi; praebe tâiib^nli mâmillam, ut pro te il1« praebMt prrcutieati masilUm ■ Ibid.. M7. Voir au»«i le wrmon ai de Miol .Grède. %ur la Sativilê </« la B. Y. Maria, P. L. «acv, i»3.
4G t - LES B^(rAxrs os MAniB
voulu par là mèm?, d'une manière au moins implicite, loutes les conséquences de l'Incarnation. Mais voici quelque chose de plus concluant encore. N'esl-il pas vrai que la Sainte Vierge savait, à l'heure du ^rand sacrifice, quelle en serait lu suite, et comment la victime, alors offerte d'une manière sanglante, serait jusqu'à la fin «'' 's immo!" autels pour < i«i l'état <\
ment des fidèles? Elle le savait, dis-je, n'eût elle pas eu plus de lumières qu«; le commun des Ap(Ures: car Jésus-Christ en avait fait la promesse publique (i), et cette promesse il venait d'en inauji^urer au Cénacle la mystérieuse réalisation. Donc, la bienheureuse Vierge, s'associant à l'oblation de Jésus-Christ sur la croix, en voulait expressémenl la conséquence naturelle, je veux dire, et le sacrifice eucharistique et la participation (le tous à riiosiie mysti(|uement immolée. N ce pas assez pour que nous lui devions, après Je. .. Clirist, le sacrement de la divine Eucharistie (a)?
Quelques auteurs sont allés plus loin dans ce rapprochemenl entre la Mère du Sauveur et le Sacrement (le l'autel '^3 1. Ils ont écrit que Jésus-C^hrist, « ayant pris sa chair de la chair de Marie, c'est identiquement la />rry>r<' c/ia/'r de Maricrju'il II :
notre salut i> (4). Cette idée, il- ,
de saint Augustin, comme ils lui prêtent encore cette autre sentence : « Caro Christi caro Mariaet\a chair
(t) Joan , VI 5), cqq. ; Luc., xxn. 19, 3<
(>/ L'Kii ' 'c«i le Mcri'" ' •■ '
li<'i(>atiiiii rçe à cel>
(3j Oui' I si^rrinlr
4) De > ae câraem oobit
nuodocaniUtn n>i «.-ii itrin Oolit, s, Au^u^dn >UTle i<»«lin. zcnii, auquel oa rrnvoie, oe dit rica de trinliUbSe.
cil. II. — l.'LOLi!if:, KII.LB UE MAI\IE ^7
de Jétius-Christ est la chair de Marie » (i). Donc nous donner Tune c'est nous donner l'autre, et manger cellen c'est manger celle-là.
Plusieurs même, appuyés sur des données physioios[i<]ues plus que singulières, ont cru pouvoir affirmer qu'une part de la substance de Marie, passée dans la - ' ' ' ' iir, s'y conservait dans .sa réa-
lil- 1 Le que l'œil de Dieu voit dans
le corps du Christ telles particules qui furent originairement dans relui de sa mère, h't voilà comment dans IDucharistie nous recevons la chair de la Vierge comme enchâssée dans le corps du Fils (2). Je n'ai pas besoin de dire combien pareille opinion répugne à la science, et f — - ■■!!, par ailleurs, elle n'a pour elle aucune autiii . iJse.Kéverie pieuse, peut-être, mais indigne
d'être pri.se en considération (3). C'est le cas de redire l'adau'e bien connu : Marie n'a besoin, pour être exaltée, ni de nos mensonges, ni de nos inventions humaines, tant elle est irrande par elle-même (/i .
I Ir Mrnion du uinl docteur sur l'A*-
' rr t/iii r.iiif*r ^ il iit'i-ii ..niiiifMit ttii-ii tiill»