I. Il, PI». i07-ii
cil. U. — MULTIPLE VAfUéTÉ DES LOUAÎICES ^\>
des auteurs ecclésiasliques de rOrienl qui ont fait le pant^ffvrique de ia sainte Vierge.
En Occident, les salutalions nesont pas moins nombreuses, avec celle dilTcreuce pourlanl que ni les oratcuni ni les sennonnaires ne les ont prolongées à l'in- '■ ■ ' " ' ( plus sobres.
^cnl i)ar nous
fatiguer, malgré les beautés qu'elles renferment. En
retour, les hvm: s du moven Age ne le cèdent
en rien à ceux civ . ^ ..iiit; ils les surpassent même.
On en sera persuadé pour peu qu'on parcoure les
Uecueils plus ou moins littéraires, mais toujours si
' '■ r{ de pi '■ .nus sous les
triam, 1. rittm, Siilw
torium^ Pgaiterîum, Prosarium^ etc. A signaler en
parliculier le Psautier de Xolre-Dame, dans les
œuvres de saint Anselme de Canlorbéry(0; à signaler
aussi un petit Psautier de saint Bonaventure, comme
se rappn^hant de plus prèi» des salutations grecques,
'' il plus II •' '■ ■ • ■ 'iis Umg : car i' ^
trois Un- vive, dcveK>i ,
chacun en quatre l>outs-rimés (2).
\ . — Il est facilCi Oprès ce* d-vrloînicinrufs sur 1*1111
(I) s. ABWlot.. p. ' >i&.
f») I-* !<^t«ir d*»i- '•'« c»Bf»t »♦<• »v»wfw»«Hio« pourra
rond nu'iil fitvi de Fr.
»ooa lr« Il >. RoMaB
.l^ril. • :
itfiaiM, t XlA. taac. t et M|q . «lu bi^'OM* moU.
4 I '' I s CDLTB OU BNFAKTS POUR LEUR ItàRB
el l'autre procédé, de se rendre compte de la multiplicité des noms donnés à Marie; d'autant plus qu'il en est d'elle comme de Notre Sr- -, je veux dire,
qu'elle reçoit nombre de titres .. i de sa coopc-
ration dans l'oeuvre du salut. C'est pourquoi, parmi les noms que lui donnent les Pères, on trouve celui de Vierge aux multiples noms (i). Plusieurs anciens auteurs se sont exercés à en dresser le catalogue. Le cardinal l^itra nous a conservé deux catalogues de ce ^cnre, danà le Spicilège de Solesmes (2). L'un d'eux date du douzième siècle. Il se compose de soixantequatre vers, distribués en seize strophes (3). Je passe sous silence un hymne très sint;uli(*r, insère parmi les œuvres de Jean le Géomètre, où les noms de Marie sont consig^nés en vers héroTqiies(4),égaux en nombre aux lettres de l'alphabet grec, pour traduire un fragment du sermon de saint Ephrem sur les Louanf/es de la Mère de Dieu. « Marie, dans ce jour de la naissance du Seigneur, est devenue pour nous un ciel où siège la di\; lisque le Christ, sans al» ■ ' r
la gloire pi -, s'est renfermé dans st^ ^ <s
entrailles, a6n d'élever les hommes à la dignité la plus sublime. Oui, cette Vierge, seule parmi toutes les
(1) BiwvwfMC. >Mt n«Xu«Mtt,ift«;, itxt Mt^s>.Mvu}««;. i^ Virr^e Mt nom
diri- - ~ — ■■'■-.le, au rnaà nom. S. Tbeodor. Studit.,or '
Djr . a. Z. P. G. xax, ^*^.
.^; VuiCi l» \
alur
' ■but,
Toi Patm tn M.nrta.
V ■ Er
(4) Joaa. Geometr.. P. G. cri, 866-868.
Cil. 11. — MOLTIPLB VARIÉTÉ DKS L0UA:«GES ^17
femmes, a éU choisie comme instrument de notre salut. En elle les o*^cles des justes et des prophètes ont eu leur cm i... A to»is ces titres, il
convient de lui c rs noms. Elle est le temple
du Fils de Dieu, un temple où il est entré sans corps pour en sortir revêtu de notre chair. Elle est un nouveau ciel mystique, dans lequel le l\ui des rois a fait sa demeure, et d'où il est en quelque sorte tombé sur notre terre, rev«}tu d'une apparence terrestre (i). Elle est une ' ' il le fruit a pris fi '" '
sa ress'- ^i une fontaine j
de la maison de Dieu, d'où coulent des eaux vives qu'il suffit de (goûter du bout des lèvres (3), pour ne
plus jamais avoir soif » (4).
Je ne poursuivrai pas cette nomenclature y so'xi parce qu'on en a déjà les éléments dans les pages qui précè- ' * qu'on peut la rencontrer longuement
- des ouvrages spéciaux (5).
in. Srrit. IIÎ ityriacO. t» '*>''. '»«>7.
ilr H \ .
■ÉM DM BOMan.— II. — 17
niAPiiiu. 111
Antif]»iîi^ du rull# li^n rhr^tifnn pour leur cf f«*^e m^r-
"■' ' ''M. et sut '■ ;'lu!»
. — Vai , (Jii
J'r rifc
•Vf. , la forme .1 <M.iii:f. ~ !>..>. r<ini-, itoijucs ri verre» ;• lutni d or. — Conciusioos en faveur du culte.
I. — Les adversaires du culte de la Mère de Dieu nous accordent volontiers que ce culte est, depuis des
' *>• «ît pn-f * tis rit-
^: ,- - j i . js pratiqu - atriques
qu'ils lui reprochent avec plus d'insistance. Mais ce qu'ils n'avouent pas, c'est la perpétuité du même cuite. Si vous le leur montrez en acte dans la double salutation de l'arcliange Gabriel et de sainte Elisabeth ; si vous ajoutez que Jésus-Christ lui-même l'a recora- II. ' '■"'•■ ' '■' , )iig
.1 ■!. le
• lisciple bien aimé,ils répondent d'une commune voix : Non, ce culte envers la .Mère de Jésus n'était pas dans i<-s intentions de Dieu ; non, ce que nous lisons dans 1 Lvaiuile n'en peut être ni l'inauguration ni l'approbation. Autrement l'Église ne fiU pas restée pendant plusi» les, aux i * * ' * tri^
le pr' ;iril du rf < rit
de son fondateur n'avait pas encore été corrompu par
cil. III- — l\t.VKl.AT10?CS Di;S CATACOMOES ^IQ
les traditions humaines, sans rendre à Marie les honneurs (jue vous réclamez pour elle. Or, il esl aisé, l'histoire en main, d'assic:ner les oritrines du culte de la ^' 'u Sauveur. Il date du concile d'Kphèse, c'eslle la première moitié du cinquième siècle. Alors seulement, à la suite de la condamnation de l'hérésie nestorienne, il prit l'essor et se répandit pr<' -
roenl par toute l'Eçlisc. Leur objoclcz-vous 1 , biiité de fixer à cette époque les premiers commencements d'un culte religieux qui se traduisait, même avant elle, par des monuments consacrés à la Mère de Dieu; tels, par exemple, que des ésjlises et probablement aussi des fêles spéciales; ils se résignent à * ^ ' ' .il esl vrai, < W;
prui , , jA jeté quel.;
nés dans la seconde moitié du quatrième siècle. Mais, depuis l»*s A p«^lre>i jusqu'à ce«i années où va s*.! tuer la décadence, c'esl-Â-dire, pendant les h;^. .... héroïques du christianisme , Marie ne reçut aucun culte. Les monuments, ou plutôt l'absence de monu- III.- ■ • ' . (ive.
op|>osez encore qu'on aurait pu honorer la bienheureuse Vierge, sans qu'il nous restât .111 <• auth' 'our attester le fait. Tant
de i ;.uls<!"' ut le révéler ont péri du-
rant l'ère des ; . De (dus, pouvons-nous
imaginer que les chrclirns, si empressés t\c trhiriner
les martvrs, rr • • tifmiié de lért- • -es en
font foi, aiftit i ^ leur culte, •- des
martyrs? Est-il probable aussi que ce culte de la Mère <1. î ' ■ lat et
d I , , , ^ . avail
été jusquc-U si inconnu dans l'Eglise? Si vous ren-
<^ ." II. 1.1 l.tfe. DES BMVA.'ii-'v r-wuH ue-i •% Mr.nii
coniii:/. un -liiiiil fleuve coulant à pleins bords, vous ne croiri'Z pas qu'il ail sa première st»urre là où il vous ap|»arall avec ce majestueux développement^ lors même (|ue vous ne pourriez remonter au delà pourea trouver l'oriçinc.
Ces raisons sont décisives contre nos adversaires, ou plutôt contre les adversaires de la Mère de Dieu, l^ourtant, ce serait une consolation sans pareille d'entendre directement la voix des premiers siècles de notre ère s'unir à la voix des â^es suivants pour célébrer les louanges de Marie. Cette consolation, il a plu à Dieu de nous la donner, et cette voix nous pouvons l'entendre. L'une et l'autre nous sont venues des Catacombes^ c'est-à-dire, «les souterrains creusés par les premiers fidèles pour y déposer leurs morts, pour y exercer leur culte et môme y chercher un asile dans les temps de persécution. Je parle surtout des catacombes romaines, les plus consi<lérables, les mieux conservées et les mieux connues. Là, en eflet, le protestantisme a reçu le plus solennel des démentis. C'est ce que je me propose de mettre en lumière, à l'aide de quelques consi«lérations empruntées aux autorités les plus graves, et tout particulièrement aux travaux du chevalier de Rossi, l'heureux et infalii^able explorateur de ces monuments sacrés (i).
IL — C'était comme un axiome parmi les proles-
0) A qui d<^l^r^ait avoir de* no'.
bcnkitil' ■» *iir !• <. '.'■iliir.nnbeM rotn.' '*
fid, ruine...
pa, i, Paris,
en. III. nÉVÉLATIONS DES CATACOMBES 4^1
Uintsfi)que les représentations de la Sainte Vierge, en gént^raî, et tout spt'rialcment celles où Marie se montre avec rattribiil de sa maternité, c'est-à-dire, portant Jésus entre ses bras, furent ignorées de Tanliquité chrétienne; leur apparition ne remonterait guère audelà de la fin dti rin-juiiV '<•. Or, cet axiome est en opposition corluiiH', t • et pal[)al)le avec les révélations des catacombes. En eiïet, bien qu'il y ait encore des cimetières très imparfaiteruent connus ou même totalement inexplorés; bien qu'une foule de monaments aient été détruits, et que beaucoup d'autres, épar:rnés par le temps et par les dévastateurs, Tes\- ' us les décombres, on a déjà mis au j considéral)lc de peintures où la bienheureuse Vierc^c est représentée, soit dans les chambn's ^^ '•*•<, soit encore sur les parois des
paieries sou ...s. Nous allons rappeler les princi-
palt-s. .Mais, avant d'en entreprendre la description, une remarque ne sera pas inutile. C'est qu'elles se r.Tp[»nrtenl à t\r - '■ .r% généraux. Dans les ' — ~ la VuMge nous ■ ; avec son fils entre les I
ou sur les genoux. Ce groupement la représente donc ron '" * 'II. Dans les autres, .1
ne I : , - ircment, la Vierge e-'
bout, les bras étendus, sous la forme d'une Orante. C'était, en effrt, l'une des postures, et des plus commune»;. Ar r tiloration et de la prière. Pourquoi ne vcrrioiis-ii.iis |,... dans cette représentation la médiatrice, et, par conséquent, A/ Mère des hommes?
y ■ >l>ossibl<' " ' . même som-
iii < l*'s imac* trouvées dans
(ij Voir «• p*rtir«lier lt«»na(« \UiMt, dt tÈfUê», XIX. i).
/^3a I < K CULTC OBS KtifAtiTS POCR VtVH MillK
les catacombes, quand même nous nous bornerions à celles des quatre premiers siècles de l'ère chréliennc. Dans la nécessité de faire un choix, nous parlerons des plus anciennes, sans toutefois néglitrer d'indiquer, du moins en passant, des peintures similaires d'une époque un peu moins éloignée. Outre l'avantaçe de la brièveté, ce choix en ofl're deux autres en ' t-
portants. D'une part, en effet, il n'y aurii , ri
d'objecter, comme on l'a fait parfois, que ces témoignages du culte de Marie sont de date relativement récente, et ne démontrent pas nettement ce qu'il faut prouver, je veux dire, Tanliquiic absolue des hommages rendus par les chrétiens à la Mère de Dieu. D'autre part, ce sera pour nous, enfants d " * . une joie sans pareille de la voir proposée, d< ne de
l'Église, aux reirards et à la dévotion des fidèles, tout comme elle le fut, de l'aveu même de ses ennemis, dans les Ai^es qui suivirent. Nous n'oublierons pas, non plus, les lii,'ures de la Viert^e trravées sur des verre* historiés dont on a recueilli les fragments dans les mêmes cini' " t plus qu'elles éclairent, en
certains ra-, n des momiments sur les-
quels portera notre élude.
Parmi les cimetières chrétiens, l'un des [»remiers sinon le premier en date, est celui de Sainle-Priscille, ainsi nommé parce que la construction de ses cryptes les plus anciennes, de celles qui devinrent comme le novau de toute la catacombe, «'sl due à sainte Priscille, la mère du sénateur Pudens, contemporain et disciple des Apôtres, et l'aïeule des vierges Praxède et Pudentiennc:d'où l'on ^ oit que le cimetière a[»particnl par son origine aux temps apostoliques. S'il est le plus ancien des cimetières, il l'emporte encore, au té-
en. III. — RivéLATIOMK DK.S CATACOMBES ftîS
moignai^e du célèbre de Uossi, d'accord avec Garrucci ri Bosio, sur tous les autres par le nombre et la variété
''"^ '?es de la Vier^'e, au point qu'on pourrait
i le cimetière on la catacombe de Marie (i). La plus remarquable de ces peintures se voit à la voûte d''; ' ' ' ' .i Jans la partie pri-
mitive «li; , nie la Vierîje assise,
et soutenant de ses bras TEnTant Jésus « qui se retourne sur les genoux de sa mère avec un mouvement tout à fait analogue à celui que Raphaël lui prête quelquefois dans ses Saintes Familles » (a). Marie porte une tunique formant des plis nombreux, et sur la tunique, un manteau. Sa tète est à demi couverte d'un voile court et transparent, suivant la coutume des fiancées et des nouvell«.*s épouses ou des vierçcs t Dieu . A cAté de Marie, un homme est !l.. .... .. .u d'un pallium i|ui laisse à nu son épaule
qaurhe. D'une main, il tient un volume roulé, et de
V u«l, JfHtemti tin êttf^mdê, l*»r. i*^ j». fft.
/ia4 L. Xt. — LE CLXTB DBS ENFANTS POUR LBOR MÊRB
l'autre il montre une étoile. Les archéologues ne sont pas tous d'accord sur le personnage désit^né par cette dernière fii,Mire. Plusieurs y voient saint Joseph ou peul-élre un des mages. D'après le chevalier de Rossi, dont le sentiment tend de plus en plus à prévaloir, ce serait l'un des deux prophètes qui ont plus clairement annoncé le mystère do Hflhlrcm, r'. ' n», ou Michée (i), ou plus prol»al)!emcril Isaïc, ; iit la {grande lumière qui s'est levée sur les hommes, assis à l'omlire de la mort, et l'enfantement vircrinal de la Mère de Dieu (2). Ce qui rend celte dernière interprétation plus plausible, c'est qu'on le rencontre dans la même attitude, debout devant Jésus-Christ Bçuré par le soleil, sur un compartiment d'un verre i\ fond d'or, trouvé dans les catarofnl)es;et là son ideniilé n'est pas douteuse, puisqu'un autre compartiment du même verre le r<i scié en deux par les Juifs, conformément à I Lion rapportée par saint Jérôme (3). liosio tRoma toUerranea^ p. aiJS) nous a conservé une fresipie du cimetière de Calliste fort semblable à celle que nous étudions, avec celte difTérence pourtant <ju*elle n'a pas d'étoile, et que, derrière la Vierge et l'Enfant, oo voit en perspective l'image d'une ville, Belhh'- ! si souvent reproduite dans les bas-rc.i ijucs d'époque plus récente.
Quant à l'origine de la Vierge du cimetière de Priscille, M. de Rossi n'hésite pas à la regarder comme ayant été peinte, sinon dès les temps apostoliques, et,
(i)Mich.. T. t, s.
(1) II. , IX, I, sq(^. ; TÎi. i4. sq.
(3) Voir Kur l'aaUquiU de U caUcombe et de U peinture M. de Rossi, Roma toUerraaea. i. I, pp. 188 et 193(1884); item. BuIleUioo (1870). p 50.
cil. III. — HKVCIUTtONS DES CAT.tCOMnE5 ^iîi
pour ainsi dire, sous les yeux mt^me des Ap<)(rcs, an moins dans les cent cinquante premières années de rèreclit ^ • • • fière, la forme
desinsc:., , •• même de la
Vierge et dans toute la région environnante, enfin la nature des briques employées dans la conslriirtion portent les marques de la plus haute antiquité. Mais c'est Timase elle-mênie qui téinoii,'ne nettemcnl en faveur de la date fixée par le célèbre archéologue. La pur- ' ' in, la liberté du pinceau, la iii ' ' - f la ^ , lies sur les figures sfuit d'un •«
gique. comparable d'une part aux peintures de Pompéi. cl, de l'autre, en même temps, très notablement supérieur aux fresques des chambres avoisinant la crypte papalc.au rimelière de Callistc, bien que ces dernières nt puissent être postérieures à la première moitié du trci ' . Tout cet ensemble ne i • «lonc
pa^ t; beau travail au delà «!> '-h as-
signées
J'ai dtjà dit <: • peinture a «!■ dans
les cimetières a;. . ,.. .^ de la Honu ...i.uf, et
j'en ai cité un exemple. Il y en a d'autres. Telle est une peinture de la catarombe de .Saintc-At^nès, à laquelle le P. .Mnrchi u donné uni* çrar- ' ' Itrilé. Elle
est du (|uatrième siècle, cnmine h- .<'nt et sa
forme et le monogramme du Christ qui se voit de cha-
qiii ■ ' * ■ " ." i\t
tié du «ièclcy plut(M que de la seconde, qu'il faut la dater. Au centre de la srèiw, apparaît la Sainte \ nver !r divin Enfant drl.i»ut devant sa ni«'r<" u- ,u,i'-s font face au groupe et le regardent. Martigny, dana son Dictionnaire de» antiquité»
43* > i K CULTE DBS X^FANTS POUR LEUR MiRB
chrétiennes, décrit encore une autre image de ia Vierge Mère, aj'ant, elle aussi, TEnfant-Dicu sur ses genoux. Pas plus, d'ailleurs, que les précrdiMites elle n'appartient au groupement historique de l'Adoration des mages. Or, celte figure doit cerluincment remonter à Tâge des persécutions; car la coupe, au fond de laquelle l'arliste chrétien l'avait tracer " c son origine par <ies taches de sang, ^ i la recueillit dans le cimetière de CaHiste(i).
Mais retournons à la catacomhe de Sainl<vl*ris< ille. La seconde peinture à fresque qu'elle offre à nos regards est celle de l'Adoration des mages (a). Ce sujet est très familier aux artistes des catacombes. Oo dirait que les premiers fidèles, sortis de la genlilité, ne se lassaient pas de contempler un mystère où leur vocation fut si clairement promulguée. En dehors du cimetière de Priscille, on trouve le même sujet dans le cimetière de Domilille, dans la catacomhe de S.iinle- Agnès et de Saint-Soler, dans le cimetière de Cyriaque, sur la voie Tihurtine, et dans celui deThrason.à Sainl- Saturnin. Il est répété deux fois dans le cimetière des saints Pierre et Marcelliii, et deux fois encore dans le cimetière de Calliste. Partout l'EnfantDieu reçoit les oiït • . ' ■ '. ■ ■ • v
ciée par l'artiste aux hommages dont son Fils est l'objet. Le plus souvent Marie est assise et les maçes se dirigent vers le groupe f ••■■•'• "nr la met" ••• rr..r.... .
(I . iJictionnairt..., p. 660.
fo»s
|»art
du I !.>. i'eulôlrc u"j' cal-U qu'au rafraicUisseuicxii d'une
pcin : . Vf .
CM. m. HBVBLATIONS DU CATACOMBES ^37
trois ou quatre fois elle occupe le centre de la fresque, et pour iialanccr ëi^^alement les deux c^ti^s de la composition, le nombre des maires est au:,^menté ou dimU nu^ (1^ : quatre <hiis le cimetière de Saiate-Domitille, deux seulement dans relui des Saints Pierre et Damien. Du reste, ces représentations appartiennent à diverses ^ ■ ' • viens de rappr-
:. . ..:: • la ftremièrc et la
seconde rouitié du troisième siècle.
La fresque de Sainte-Priscille semble avoir la primauté d'orit,'ine. KHe se rencontre dans ce qu'on est con%'enud'appeier la chapelle tjrecque.Ony voit le nombre traditionnel de trois ma^es. Une autre cbambre
• nouvell , iiverle. <
è la pointe sur une plaque de marbre fermant le tombeau d'une cbrtUienne, avec cette <*pilaphe: « Severa^ in Deo viiHiM. SéoerUy vive: en Dieu ». Acclamation, fait remanpier M. de Uossi, particulière au plus ancien stjrle de l'èpiuraphie chrétienne. Ce qui distint;ue r.-tte d.= . .• • . .^.^j
'pi il \ ■ . . iiii homme, jeune encore et deliout, qui étend les mains >ur la télé de Marie. Le Père Marrhi, ar«' trrs docte, mais un jicu trop ami des in»'-"
symboliipp's.a vu dans ce jeune homme I ,
la \ • Ttii du Tnul-Puissant, couvrant de stui ombre
U Mriti de Dieu. D'autres, plus nombreux. -p
v^rMi* lii«i<
^ul •l'.iAcUlc, i04:fu*U iUi.ft
4>8 L. XI. — LB CULTE DBS CNFANTS POUR LEUR UkliK
semble, plus près de la vérit*^, y reconnaissent l'époux de Marie, saint Joseph, à la protection duquel la Vierge sans tache cl l'Enfant Jésus furent [>rovidenliellement confiés; el ccHe dernière ideiililicalion paraît d'autant plus certaine que le pcrsonnat^e est vêtu de lu courte et simple tunique des artisans (i).
Non- " ■ iiirner à la chambre séptilfiale du
même > : nous conlcmpiions la Vierge avec
l'Knfant, le prophète et l'étoile; car elle offre encore trois autres peintures é{^alcment dij^nes d'attention.
La première est celle du bon Pasteur portant sur ses épaules la brebis égarée et retrouvée, de tous les sujets représentés dans les catacombes, le plus fré- (|uent et le plus amoureusement reproduit par la peinture,la sculpture el la gravure. Il ne reste guère qu'une moitié de ce bas-relief; l'autre est totalement dégradée. Mais les peintures analogues qui se rencontrent nombre de fois, en d'autres cryptes, nous permettent de supposer qu'il y avait là une image d'Orante en pendant avec celle du Pasteur. C'est, en effet, un groupement assez commun dans les antiques cimetières de Rome. Quelle est cette Orante, c'est-à-dire, celte femme debout, à côté du Pasteur, priant, les bras étendus el légèrement relevés? I^a Sainte Vierge, disent les uns; la Sainte Vierge à qui le Pasteur N i«»nt présenter la brebis égarée. Ainsi verrait-on attestée dès lors par un vivant symbole celte vérité ralholiquc que Marie, p'^mv-h,. P^n .^w» )» hanff» pro-
nV X,
primiiivr. il ' ce i« double luaclioD d cpwua de 1j
Vierpe et de i ...
eu. III. — H^VÉLATIONS DES CATACOMBES ^ng
tectrice des âmes, même les moins fidèles (i). Suivant d'aiilrcs» l'Oranle, dans ces sortes de groupes, est . D'autro**. «Mitiii, voient dans l'Oranle et la . . .«. -Mère et ILgIise : l'Eglise personnilice dans la Vierge et la Vierge exemplaire et type de l'Eglise par sa maternité virginale (a). Telle est, je crois, l'opinion du chovalicr de Rossi ; et ce qui la rend fort probable, c t->i l'habitude où l'on était, dès les temps les plus reculés, d'exprimer par une seule et môme fiiîure la Mère du Christ et son épouse. J'ai trop longuement développé ce type pour avoir besoin d'eu reprendre à nouveau la preuve et l'explication (3).
(i) l.et ' et la doctrine catholique, par dum
Matir. NN .1 Altiri. J VU, p. 3«. sutv.
»ralein«at qo« J'MtioM éridrat qa« Im ùramte» àa fcnr» d« ; i'!»nâ rtdain«nl um iiilrr{»reUlioa ptiM Mute rt > iiia^ du tH>o ('««tnir <|u« crlt« qot verrait kut<
, Aiuii lr«
•jiiMi t|ii II iii siiii, que rOranle d«"it'Mii jurs iju i'n<lecir n'présenle ou Marie seule «u lu \*irr;çp personiiilianl l'Église, c'est toujours la Mère du Sauveurquc nous avons sous les yeux. Aussi, M. de Kossi, si pondéré dans ses jugements, n'a-l-il pas liêsilé à ranger celte représentation parmi les /mages choisies de la Sainte Vierge dans les catacombes romaines (i).
•Antrol sou* la forme d'une U '^,
d'une fh-t-n''. AirjntîH fîtti. !r< ar . ir-
ni' '[ij"
jr .iV.
(Il lil.
q .'us
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ï ' ^i: (W^'/r rnr;fr, rjMMiM- i i ij i Illl^i i /l f^/d
■ rr i!r IT:."!!-''' ri-inninr, rrlii! lîi- T.«triin,
Si .J,.
l- ■ tri
/. le
I Irs
' • . B. de HoMi, La Homa noUerrtuua cria-
r i;ii pour leurt frères qui oonibaiteiit " IluMÏ. Imagini tcett* délia B. Vergine nellé eatacombt Outre I urante destinée en oendant arec le bon Paateor, la catseombe
en. III. — ltKVCLATIO?IS DES CATACOMBES 43 1
L'itnni^c de la Sainte Vicrçe,quc nous avons éludiée loot d abord, élatl à gauche du bon Pasteur. A droite, sur la même voùle, apparaît un troisième groupr», composé de Irois pcrsoiinae^es : un homme, une femme, un cnfarjl, .iiuis l'ullilude de la prière, en d'autres termes, debout et les bras étendus. C'est, disent les
Ult-^ ' ' ' "" : ' ' ' ■ ' . ne
scn - , ■ s • ;it
dans ces trois personnes la famille qui possédait le tombeau, sans (ju'il soil possilile de juger, en l'absenre ''-• ^ • "s caractéristiques, quelle est de ces deux (>. a plus conforme à la vérité.
La même incertitude ne plane pas sur une remar> qti ' ' ; * .' de Priscille, <jue
lc> , «ux n'hésitenl j»as
à regarder comme le premier et le plus ancien tableau du mystère de l'Annonciation. L'.Vnge y est rppr-'--"'-- sans ailes, sous la forme et les traits d'un jeu iie. Il se tient i/cr^ou/, pendant qu'il parle à
la Vierge, et la Vierge est assise sur un siège ; pro-
It&î ' ■ * ' r par la .î' - ' ' des pos-
lui ■ i de la tl >.
un* loi tar oae f*icrr« •/•
t)rrlii» à »r% rôt'». If'-i .1! <
(lièrt ém 88. Pi«rr« r|
Ii'Sa ;-. ».. .-. - -i- - JA.VT8 POCR LEtR JtEll*
Signalons une dernière peinture appartenant encore au cimcliére de Priscillc. Elle nous montre une Oranle entre deux scènes. L'Oranle est vraisembhihlement la personne c ' dans IV; 'un (i). Le
premier groupe, à ^ , se comi>' i virillard
assis dans une chaire, d'une jeune fille debout devant lui, et d'un jeune homme se tenant à la gauche de la jeune fille. Le jeune homme porte entre les mains un lon§ voile, d'autres disent une tunique : en tout cas, iU s'accordent à voir le vêtement dont on usait dans la cou ■ >i\ des vierçes, En face, et de l'autre côté
di- i-.est une femme assise, comme le vieillard,
avec un enfant entre les bras. Voici rinterprétaliori donnée par Tabbé Wilpert, et acceptée comme vraie par M. de Kossi. L'anosoliumy qui porte la fresque, serait le tombeau d'une vierge consacrée a Dieu, et
-.:.. 'le