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notre Mleii <■ ■^.t',\ Lunvicut de l'cxailcr.
<») 1" partie. („ ii, ch, », n. i.
cil. 11. — MULTIPLE VARIÉTÉ DES LOUANGES ^01
nos membres se changeraient en autant de lang-ues, personne ne suffirait à l'œuvre. Elle est plus grande que la nier, celle dont nous nous elForrons de dire les louanges : car elle a porté dans ses enlrailles immaculées le Dieu que la création tout entière ne peut enserrer dans ses limites » (i).
Faut-il s'étonner que les plus illustres parmi les
enfants de l'K^Iise confessent ainsi leur impuissance
à parler des perfections de Marie, quand l'Ëglise elle-
'•ur a donné l'exemple d'un semblable aveu ?
, ivoir prodigué sans mesure et sans trêve les plus magnifiques éloges à la divine Vierge, loin de fienscr avoir assez fait : Quibus le lotuUbus efferam, nrscio; je ne sais par quelles louanges vouse.xaltcr », s'écrie-t-elle enfin (2). Et l'Église grcctjue, malgré l'enthousiasme poétique de ses pontifes et les innom- ' ' ' par elle à la gloire
■lit dans le silt'iici» :
ni>n lU), II. .1, .1 lu
•r «li tuiil tiiiiiti» ili-
/|0.- lE CULTB DES CXFAim POUR LEUR MftRB
« Lorsque nous voulons vous célébrer dignemcnl, ô la plus innocente des créatures, tout genre d'éloges nous fait défaut » (i).
Les Pères et le Saints vont-ils s'arrêter à celle voie de négation et de silence ? Non : car il en est des perfections attribuées à Marie comme des perfections divines. Si nos id(^es, puisées dans la « ' ' * n des perfections de la créature, sont inc;i^ s
représenter comme il convient, ces perfections pourtant sont en Marie, mais dune manière excellemment supérieure, ineffable. Voici donc qu'intervient le troisième degré de connaissance et de lonan^je : ce que saint Thomas a nommé la voie par excés^ la voie de sur ' 7'. Nous savons ce que ci ' ^le, quand
il .s \primerles perfections di\ m, on trou-
verait des milliers de textes où le môme langage est employé pour rendre les perfections de la bienlunircuse Vierge. Je rappellerai «juelques-uns de ceux qui nous sont déjà connus. C'est ainsi que les Pères l'ont nommée la sur-sainte, la sur-mère, la sur-bénie, la sur-très-immaculée, la sur-pleine de grAces : témoins, par exemple, cette apostrophe de l'iiyninographe saint Joseph, dans les Menées des Grecs : o 0 sur-sainte^ vous avez engendré le Verbe sur-saint » (2); et celte prière tirée d'un commentaire sur le Cantique des Cantiques : « Que le sur-trés-doux Crucifié nous accorde ces biens par les mérites cl les intercessions de sa sur-très-suave mère, la Vierge Marie » (3).
O Marie, lui disent-ils encore, ô Vierge, ô Mère de Dieu, vous seule êtes sainte ; vous seule, innocente;
(1) Ex \trn . die i-, april... nieUu Mar.Graecor., p. ii4.
(t) Ex Mm.. i3 j»n.. P.G. cv, 10^8.
<3; Ptt, The$aur. novi$$im. Aneedol,, t. II. i p.. p. 680.
( il. 11. — MULTIPLE VABIÉTÉ DES LOUANGES 4o3
\wù^ >. .ile, pure; vous seule, belle; vous seule, élue ;
vous seule, aimée parmi toutes les créatures ». El
ailleurs: « Salut, 6 seule Mère de Dieu, plus pure que
: ' > pure que toute pureté... Votre sua-
ir toute suavité ; votre noblesse sur
toute noblesse ; votre trésor spirituel sur tous les tré-
». « Personne n'est immaculé comme vous,
,, wtrc-Dame... Il n'y a que vous d'immaculée ». Et
encore : « Pas d'autre lis que vous parmi les épines ;
pas d'autre colombe entre les mortels ». C'est, ô
\'; ■-.--■. <( que vous êtes {)lus sainte incomparablement
, 1 -s les vertus; c'est que seule vous avez toute
pureté, toute humilité, toute beauté w (i).
De m-' que, tout à l'heure, on niait de Ma-
rie les pc:.. — js des créatures, parce que ces perfections, comme elles sont en elles, sont trop éloignées • le la sublimité des siennes, voici qu'on lui attribue I -Ile seule CCS mêmes perfections, parce que le degré >s lequel les autres chef-d'œuvre de la grâce, c'est-à-dire les Saints, en sont enrichis, esl comme n'in» .î-.itit sa plénitude. De là, pour finir, celte a< ' ld!jial;uii de Jean le Géomètre : « Jr vous saine, la première; je vous salue, la seule » (:>
III. — Il esl temps de passer au procédé symbolique. Ce serait un travail sans fin de vouloir suivre les liturgies des différentes églises, les Pères et les écrivains ('( < lésiastiqucs dans l'usage qu'ils en ont fait pour glorifier la Mère de Dieu. Tout ce que le ciel cl la terre ont de beau, de grand, de pur et de riche, ils l'ont proposé comme lype, symbole et figure de Ma-
■ •Mflia, </' ,1.1. p.
/ii't L. \i. - I.B CULTB DES BJCFATITS POUR LBVR MÈRC
,., . .. la lune, la lumière, les fleurs, les fruits,
les animaux eux-mêmes, ceux-là du moins chez qui respirent la grâce, la noblesse et la heaulé. Après la nature, ce sont les objets sacrés du culte hébraïque qui leur ont ouvert une mine inépuisable (riroages; coinnic le tabernacle de l'alliance, l'urne d'or où Moïse avait renfermé la manne, le temple et l'autel, l'encensoir d'o" ni"ni«> hik- fnuM'e d'encen- v'< le IrAne de Dieu.
Ce n'est pas tout. Les livres de l'ancien Testament viennent les uns après les autres leur offrir à rinfîni les types de Marie : types expressément voulus de Dieu, types imaginés pur la piété des hommes; types fournis par les choses ou par les personnes. Voulezvous quelques exemples? Voici d'abord un passage de saint Jean Damascène, où celte manière de louer Marie se présente dans toute sa richesse :
« Elles vous ont vue les filles de Jérusalem, c r>i- ;\-dire,de l'Eglise, et vous ont proclamée bienheureuse; et les reines, c'est-à-dire, les âmes des justes, vous loueront éternellement (i). Car vous êtes ce trône royal sur lequel les Anges contemplent assis leur Maître et leur Créateur. Vous êtes un Éden spirituel incomparablement plus saint et plus divin que le paradis antique: l'hôte du premier était l'Adam terrestre; en vous habite le Seigneur descendu des cieux. L'arche fut autrefois votre figure, à vous en qui nous aéléconservéc lasemence duim ' iivcau; car vous avez engendre le Christ, salul > le... Le buisson
ardent, les tables gravées du doigt de Dieu, Turne d'or, le candélabre, la table des pains de proposition,
(I) Cul n. S.
CH. II. — MI-LTirLE VARIÉTÉ DES LOUATIGES l\Ob
la vprçe d'Aaron avec sa floraison miraculeuse, vous rcpréscnlaienl et vous annotiraicnt. De vous, en effet, a paru dans sa chair la flamme de la divinité, le Verbe du Père, la trè!< suave et céleste manne, le nom qui ••si au-<lessus de tout nom, la lumière élenuMIe et inaccessible, le pain de la vie divine, le fruit né de vous sans humaine culture.
<t Quoi plus? Cette fournaise de Babylonc.tout à la fois flamme dévorante et rosée, ne vous préfig-uraitelle pas, vous et le feu divin caché dans vos entrailles? Manifestement vous fûtes signifiée par la tente d'Abraham; car, au Verbe de Dieu, habitant dans votre sein comme en son tabernacle, la nature humairjo a offert, de votre sanij très pur, un pain cuit siMjs la cendre au feu de la divinité, je veux dire, ses prémices les plus précieuses, le corps et l'âme qu'il s'est unis pour notre salut. Encore un peu, et j'oubliais l'échelle lie Jacob. - s'il n'était pas manifeste que %ous filles svi par elle. I.e patriarche la vil joignant par ses deux extrémités le ciel avec '•« f ' ' ' -s montaient et descen<li«ifnl... El <■•"•* ' vous, 6 Vieriçe; vous, notre médiatrice ; vous, par qui Dieu lui-même est descendu ni'! I nous, afin de s'unir & notre nature et de faire dr i liuinme un voyuni de Dieu; vous qui avez réparé la rupture entre la terre et les cieux ». I.e saint ne s'arrête pas là. 11 voit Marie dans la toison mystéri'Misf i\r (!.',!/.in. tiins l.i • no. proph''' î<" ! ' iiiifl, «l.ius l.i jn .1 II- In ni' • iHse pais< 1- .iM'ur et pourtant ne s'ouvre pas (i).
( I ' J <!in. Damate., bom. i io lk>rmil. B, M, Yirgim,, n. 8 et 9. P.
/JuO I.. AI. LE Cl LTE UtS E>rA>iTS l'iMIl l.CLR MIIIK
Lisez, en p.irtitulier, les nomhrcii^' «les
Pères orientaux sur le mystère de la 1 a de
la Vierçe au temple, et %'ous serez émerveillés de l'abondance avec laquelle ils développent ce thème, surtout par rapplication symboli(|uc qu'ils font à Marie du temple, des parties du temple et des instruments sacrés renfermés dans son enceinte.
Comme spécimen plus complet de ce mode symholi«jiu;dc louaiii^es, je traduis une page de saint André de Crète. Elle n'est peut-être pas très remarquable au point de vue oratoire, mais elle est instructive. « Voyez, dit-il à ses auditeurs, de combien de noms la Mère de Dieu fut honorée, danscombicn d'endroits les saintes hcritures ont manifesté sa gloire. Nos Livres s ' '■ " I tour à tour. ' ' ' 'le, pro-
I '• nuptiale, .i .. temple
saint, autel propitiatoire et table sacrée. Elle est encore pour eux l'encensoir et l'urne d'or, le Saint des suints, la gloire des Chérubins, les tables du Testament, la vierge sacerdotale, le diadème de la beauté, la corne de l'huile de l'onction, le sceptre royal, l'albâtre et le candélabre. C'est le paradis, le buisson ardent, la Viertre d'Isaîe, la terre sainte où germe la Vérité, l'arche, le tnJne, le livre et le tome. Cest la reine, le jour, le ciel, l'Orient, la cité de Dieu... » ; énumération que le saint poursuit longtemps encore, sans la couper, comme je l'ai fait, pour la rendre moins monotone (i).
Du resîe, les autres Pères domn ni i i .ijnun .linju de ces types une tournure plus littéraire et, surtout,
(i) s. Aadr. Gret.. Serm. </« Naltpit. B. V. Malri$ Dei, P. O. zcrit.
cil. Il LTIPLB VARIÉTÉ DBS LOUANGES l^O'J
ils mettent plus en évidence leurs allusions perpétuelles à ta Sainte Écriture. Tels sont, par exemple, Jacques le Moint", George de Nicomédie, Jean arche- Téque d'Euchaïlcs; tel encore Ilésychius, patriarche de Jérusalem, qui s'écriait dans un sermon sur Sainte Marie, Mère de Dieu : « I! est juste que toute langue Ix' ' ^' *' ' Dieu, et s'efforce, autant
qii ibriel, le prince des Anges.
C'est pourquoi celui-ci lui dit humblement Ave, je vous salue; celui-là l'acclame comme celle de qui le Soigneur a re^^u la chair qui le rend visible au monde. Un autre la nomme mère de la lumière; un autre, Tétoile de la vie; un autre, le trône de Dieu; un autre, ni * ' ' ; le ciel; un autre, un jardin
<ji: i porté sa fleur et son fruit,
une tourterelle sans tache, une colomt)c immaculée (i). Ks!-re tout? Non. C'est encore [)0ur d'autres une nuée pleine d'une pluie vivifiante, un écrin riche d'une perle plus éclatante que le soleil, un navire chargé de n).u> handisesd'un prix inestimable, un trésor capable <ienfi(.hir le ttî — ' ■•■■ ■ ' ••■ — -ivant en r" - - 'me la source pei^ re, une .« ilic
fois plus vaste et plus illustre que celle de Noé, puis que 11 Trinité tout cnli«'i m\ en elle, le Père
pour la couvrir de son u; : , ■ Saint E'ipril pour la tanctitier et le Fils pour y établir sa demeura. N'o}'ez donc, A mes Frères, combien grande, combien
î Jaoob. Mmi* ' , " ! , p.
> xrn, b44. »•! ' tn
' ' xt%tniai. 1' - \i,
/Wrfl,-, j.8»»!IU.i'. U Cil. Il :,l., LU ,i.b". Ùtifiar.
Prmtitmlat. a. la. P. G xt>
4o^ i.TE DES Kxrkyrs rmm lbur MènB
admiraMe est la dignité de la Mère de Dieul... C'est pourquoi tous les prophètes, 6 Vierge, chantent vos louantes. Ils vous appellent la Vierge de Jésus, pour si^^iiifier par là cette virginité que rien n'a pu blesser ni ternir. Ils vous comparent au buisson ardent, qui brillait et ne se consumait pas, parce qu'il vous représentait vous et le Fils unique de Dieu (i) ». Ce sont toutes les figures prophétiques que dans son enthousiasme l'orateur fait défiler successivement devant son auditoire; mais, il faut le dire, avec une prolixité que nos Latins n'ont jamais connue.
Les chants liturgitjues des Grecs ne nous ofTriraient pas une moins riche moisson de types et de symboles (juc les homélies de leurs auteurs sacrés. J'en appelle à l'ouvrage que j'ai tant de fois cité sous le titre de Pietas Mariana Graecorum. Presque à chaque page et ponrcliaqiic jourde l'année, la bienheiireusc Vierge est invoquée sous un nom symbolique, emprunté le [ilus souvent aux Écritures. Et pourquoi s'en étonner, puisque ces mêmes chants des Menées nous assurent qu'elle est « digne de recevoir à l'infini des appellations d'honneur », et qu'elle « doit être louée de toutes manières et par toutes les bouches » (a).
Il ne faut pas cr îins cette Fn.itière, les
Latins se soient la:^ , par leurs frères d'O-
rient. Si l'on ne trouve pas dans leurs discours de ces tirades interminables dont j'ai donné quelques iils ne se montrent ni moin < r.'.-..i 1.1 < x>\ u\(ùt\^ \
(i M' <vrlii(i<!. pair. Ilicroc.. Srrmode S. Maria Drip., P. G. xriii, if'o. '^ f ','.irm . Or df Lau'iif/at Dngerut. .V. Opp t. IIl.
(I«t \.\ S. Prod.. Laadalio S. M.. Gênit. Dei,
(a) i'tetat Manan'i Graec., P. I, n. i6i : n. i83; coll. nn. l86. 188, i»o.
Ca. II. — MULTIPLE VARIÉTÉ DBS LOUAXaES ^OQ
quand il s'aîj^il de rappeler el d'expliquer les figures de la Mère de Dieu. Ils sont rares, au moyen âge, les orateurs qui parlent de Marie, sans la célébrer dans ses innombrables types, comme la Mère Vierge, comme la médiatrice, comme la sainteté, la pureté, l'innocence et la beauté même. Saint Bernard est trop connu pour qu'il soii besoin de le signaler. Qu'on parcoure les œuvres du bienbeureux Ogier (i), de Geoffroy de Vend^^me (2),d*Absalon de Springiersbach (3) et des scrmonnaires de la même époque, et l'on verra s'ils
ont voulu Céd'T niiy C,rt*r< l*Ii. >ii iioii r <1*!i\i.ii- n'nxî
glorifié Marie.
A cAté des monuments oratoires, une foule d'au-
tr»*' tjjes vont au même but, comme le Miroir ei
la / de la ôienheiirritse Marie, attribués l'un
et l'autre à saint Bonaventure (4) ; comme les Contenipi ' ' vmond Jordan, les AoMa/j/7M de la bien-
bcu ..epar Bicbardde Saint-Laurent, le livre
de la Couronne de ta bienheureuse Vierge, parmi les a; ^ de saint Ildefonse (5).
...o . ,.,g liàter el laisser en chemin bien d< ^•is dans les hyinrnes et les canti-
ques où nos pères aimaient à offrir, avec une simpli*
Cl ^
in ÀêMumpt. tî term. pantg. B. M., \\ L.
- . term. tn Purifleat., P. L. cxnt. »6J, M|q.
.\b««luo. abt>af Sprinck., MTOi. 43. (f« A$$ump., P. L. ocii.
■ te a«tii ta aumma oariM, (. > . (>.
.ULTB DES ENFANTS POUK LSUH MLllB
cité délicieuse, ce genre de louanges à la Reine du ciel. On les trouverait en abondance dans les Recueils de ces produclions de la verve clirélicnne cl populaire (i), ér' "' > !a chaleur d'un tendre et filial amour pour
A cette occasion, je dirais volontiers avec l'auteur de la Vierfje Marie vivant dans f Eglise (a) : « G)mment sacrifier la séquence Salve, Mater Salvatoris^ ce charmant collier de perles d'Adam de Saint-Victor, un des joyaux les plus gracieux de i'écrin liturgique de Marie, qui valut, dit-on, à son auteur un miraculeux remerciement de la Reine du ciel »; si cette ravissante composition n'était pas trop longue pour trouver ici sa place? Au moins f.iul-il n'»uarqu«T, au sujet d'une ccuvre à la fois si po«"li(pie et si dogmatique, combien les choses religieuses étaient alors familières, même aux simples fidèles, puisque des compositions de ce genre étaient généralement comprises, au moins quand elles étaient présentées en langue vulgaire (3).
'ifvi, t, II ~iir«
p'i. ■ la hirnhf .c.
Vo;r, ji.ir i-x ,Jc
Marif. I. I. . in-
ctfi'ii- 1 . 1. t • :w.
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(î. ^ .la Viergt Mari* vivant dont FÊglite. Noei.,\. n, ch. 4. I. i. ii>. î;.i. «oir.
(3) Ce o'cftt pu Mns raison que le P. Cahier difplore aϏremeut la
tH II. Mri.TIPI.E VAniÊTÉ DES LOUANGES 4'^
IV. — Il est une dernière forme de louange qu'on ne saurait passert otalement sous silence, parce qu'elle se rattaofie par I.'n liens les plus t^roilsaux deux procé- «lés qui font la nuitirre du préseul ciiapilre. Je veux parler de ces lons^ues séries A* Ave,, dont les sermons des Pères et les cantiques sarrés du moyen JÎçe nous fournissent tant et de si riches monuments. Cl'cst la continuation et le développement de la louange que l'Archani^e tJabriel adressa le premier, de la part du ciel, A la Vieri,'e bénie : Je vous salue, pleine de gnîce; .Ifr, gratin pfena. L'Envoyé céleste a, pour ainsi dire, entonné l'hymne, et d'âge en Age, sous tous les • Is, la terre le poursuit avec un ensemble et des
• fil !• ;i'i : ;■ »<>
v ail !>] xtu* ti^ ■" l'Eafant Jé«u« rartiMal
niii)« 1111 iiirnous un iautc«n «ir l'inii.rrx'ciiio un
blMc paiiMBaMot bteqwicr h d«40 par U eoliM»l>
ne lMi%%fr maeua dimle «ur ta ttrtxwt tiii nrintrr. i
• iM*. etc. par Acitm {Ut.
4ia L. XI. LS CCLTK DES ENFANTS POUn LEUR Mf4IK
variations admirables. Dans ces Ave, r(*pélés sans fin, les Pères et ceux qui les ont suivis disent à Marie tout ce qu'elle est en elle-même et tout ce qu'elle est pour nous; mais avec quelle abondance d'allusions bibliques et de symboles, avec quel charme, avec quelle onction, ceux-là seuls peuvent en avoir l'idée qui ont mt'dité ces productions des hymnoî»ra plies cl des oraltnirs chrétiens. Telle est d'ailleurs la mullilude de ces pieuses salutations que des volumes entiers ne suffiraient pas à les contenir. Pour ne parler d'abord que des Orientaux, je ne sais si, à partir au moins du cinquième siècle, où nous les trouvons sur les lèvres de saint Cyrille (i), je ne sais, dis-je, s'il en est un seul parmi leurs Pères à prêcher les mystères de la Mère de Dieu, sans donner libre cours à ce genre d'hommas^es, dans l'une ou l'autre de ses homélies. I*arfois même on rencontre des sermons qui, presque du commencement à la fin, ne sont autre chose qu'un hymne de triomphe et qu'un chant de prière, dont chaque phrase et chaque membre de phrase débute par VAof. Je citerai comme modèle du ^cnre le «liiixième sermon de saint Jean Damascène sur l'Anrioririation de la bienheureuse Vierge (a). Retranchez une demi-page d'exorde, et vous ne trouverez pas autre chose dans ce discours que des salutations, partagées en dix lons^ues séries, qui prouvent bien avec quelle vérité le même Père disait, en jouant sur le nom de la Vierge, dans un autre de ses discours : Je vous salue, Marie; vous qui êtes comme in/inie
[i\ s. C/rill. Alexaod.. hom. ii e dirercis. P. O. vxxxn, io3i. taa. Cf. I" P.. t. I. p. 85.
(i) S. Joaa. Uamaic., ierin. m Annanc. M. Dtiparae. P. G. xcn, 65o, iqq.
eu. II. — MULTIPLE VAniÉTÊ DES LOUANGES /i 1 3
(Muptx), si Ton considère l'infinité des louaiit^cs dues à vos mérites (i) » : ce qu'il démontre pratiquement par une nouvelle et splcndide série d'Aue. Je citerai comme exemple encore les salutations que TEglisc fait réciter à ses prêtres dans les derniers nocturnes pour la fête et pour l'Octave de la Conception Immaculée de Marie ; salutations tirées des sermons de saint Germain de Constantinople, de saint Sophroue, de saint Taraise et de saint Epipliane (2).
On comprend assez que ces Pères, dont la plupart ont composé des cantiques et des hymnes, ne pouvaient saluer Marie dans leurs discours, sans traduire les mêmes salutations en chants poétiques. Aussi bien, l'ont-ils fait avec plus d'abondance encore dans leurs vers que dans leur prose, comme on peut s'en convaincre en parcourant la Patroloijie grecque, éditée par Mi^i^ne. Je signalerai parmi les autres saint Joséphe, moine basilien du ix* siècle, saint Jean Damascène et Jean le Géomètre (3).
(1) M.. Mra. s io Natio. Dti Oemilr. M., n. 7. oim sqi. Ibid.,
»qr
■'• o#. 1». Ct. zcnu.
î" 18. 1'. n ixxxvii.
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(3) Patrol. U., i.CV«iGVI.
/illi L. Xt. — L2 CULTB DES XZfFA.XTS POUR LEUR MClUt
Entre tous les cliants de ce genre, composés par les hymno^raphcs de rOrient, aucun n*esl comparnblc à Vliymne acathiste. C'était un hymne de reroiinaissaiice, où réalise de Constantinople rendait tjrjices à Marie d'une triple délivrance dont elle se croyait rede-
' '• à la miraculeuse prolertion de sa piiiss;mle et ic patrnniu*. Cet hymne renferme vin;jl-(jualre strophes, suivant le nombre des lettres de l'alphabet, les plus courtes alternant avec les plus longues. Chacune de ces dernières se divise en deux parties, l'une contenant l'historique ou la doctrine, et l'autre, une salutation à Marie douze fois répétée, mais de telle sorte (ju'à ch ' "réponde un titre diiïérent, sauf
la douzième - <n qui revient identupietnent la
même: Saint ^ épouse immaculée. Quant aux strophes j)lus courtes, elh?s so terminent par 1* Alléluia (i). Le nom d'hymne acathiste lui vient de cette circonstance spéciale qu'on le chantait debout, comme notre Te Dcum.
Je n'ai parlé que des longues séries *\ .wt, p.mc que, si l'on voulait indiquer les invocations plus courtes qui revotent cette forme, il faudrait nommer la plupart
Lit xo\