‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 4)Chapitre 75 sur 119 · Mais il est une autre classe de monuments · texte numérisé non relu

Mais il est une autre classe de monuments

' ' ' ' nis de passer entièrement sous

• r de» verres dorés^ dont il faut

reporter la date aux ni* et iv* siècles. On a recueilli

ils, soit de petites coupes

..- ,.. . soit de cratères à anses

l'une dimension plus considérable ; ils étaient encast!- -< dans le ciriicui dos loruli (a). Ces fras^ments sont

' '• ' ' ■ -nt on les t>! ♦ -■■ ' •

.•Iduvoseuii • I or sur laquelle il gravait au burin, inscriptioot, scè-

rsail par-dessus une II. selon d'autri's, il

^^ p. 8a:0ru. Maru île d'arehéot. eMr4i.,

.t^u«tl fmr ce dernier nom '■mtécs ima» In pt-

Mn r( âe» cryptas pour y oiorU.

LA MMMM on mommt^ «S

ti^

LE <;i i.iK n»;s i.-\fA>TH roiii lei ii Mt.uf;

a(l;i|>t.tlt sur la feuille d'or une rnin' "• de verre»

qui, sous l'action du feu. dcvfnnil ii' an fntid

de la coupe.

Le double fond, envel«>(ij»é dans le inorlicr,a résisté ik l'action du temps, tandis que les frêles parois du verre, que rien ne protégeait, ont presque toujours péri.Ceslà peine si l'on a pu découvrir jusqu'ici deux ou tP"' (S intactes. Peut-être aussi ne fixait-on

d'ordii ins le ciment que des débris de vase.

Quoi qu'il en soit, les chrétiens se servaient des verre» ainsi décorés dans les aij^apes qui suivaient les solennités du baptême, du mariag^e et des funérailles, ou bien encore aux fêtes publiques des martyrs et des Saints. De là résulte leur haute importance pour le sujet <jue nous traitons.

Ur, un très grand nombre de ces verres représenlenl une femme dans la posture ordinaire de la prière» c'est-à-dire, une Orante. Bien qu'on puisse en plusieurs cas douter si l'artiste a prétendu g^ravcr l'imaiçe de la Mère de Dieu, assez souvent aussi l'incertitude n'est pas possible : car au-dessus de la figure on lil en toutes lettres le nom de Maria. Le P. Raphaël fîarrucci a publié plusieurs de ces images qu'on peul trouver expliquées et reproduites dansson ouvrage sur les Verres /lisforiés des m' " - /"i). Dans les unes,

la Lieidieurcuse Vierge se i. ... l>out, les bras étendus, entre saint Pierre et saint Paul ; dans les autres, elle apparaît dans la même posture, mais entre deux arbres. De plus, il y a ce détail singulier que les deux

(ii I 'r; dri criât iami

pr< •>■!'. ■ ■ ■■ i,S. i.

>i. '■ i.\, >'ii., ;. s fiiifncros 6, 7. lo, n. « Cl 0 avec la S. Vierge e»l doo-

CM III. ni.Vt LA7IO?tS DES CATACOJinES 4^^

a[ 'il chacun un rouleau ou dans la main, ou

tou- , . ^ d'eux, à la hauteur du visa^'C. Ces volumes seraicnl ceux des saintes Écritures, suivant l'interprétation la plus probable. Du reste, l'âge des monuments se détermine, non seulement par celui des dL4)ris au milieu desquels on les a découverts, mais encore par la forme même et la dis{K>silion des vêtements.

Pon ' .[>te des attributions de ces dif-

fércnii. iit«'s. (iiifl-iiics r.TrKinjues sont

indispensables .

La première se rapporte aux deux apôtres, Pierre

et Paul. D'autres monuments les montrent encore

avant entre eux, l'un à sa droite, l'autre à sa j[^au-

che,une Orantc; et celte Orantc ne peut être Marie:

car c'est un autre n "est gravé, celui d*/ly/ie, par

exemple, ou de /'< ', ou encore, comme sur le

lèbrc sarcophage de Saras^osse, celui de F/oria. Or,

les deux apAlres, dans ces imaifcs, signifient l'Église,

'n moins suivant une opinion très vraisemblable (i).

'OÙ il suit (|ue VOranif, désignée par le nom de

l.irie, De peut être la personniHcation de l'Église,

l-« s<- , -le des

' bres, substitués aux deux apôtres, dans plusieurs

iii ces arbres (et j'en

•' ■.-..► pis qui parfois iet

lent ou les remplacent) figurent aussi

e, mais surtout l'Église triomphante; car Iet

'.. Cest l'explication donnée par le P. Garrucci (a). Suivant

i'Hri, p. t.

fi?iCt !.. XI. — LE CULTE DES ENFANTS POUR LEUR M^RE

d'autres, et celle nouvelle explication ne diffère pas, quant au fond, de la pr^ci^dentc, ces emblèmes seraient le type du paradis. En effet, pour les anciens Pères, le paradis est le verger éternel^ séjour des saintes jf)uissances où fleurs et fruits ne cessent <!■ «uir

ou de milrir. Cesl sous des couleurs ana. ^ pie, dans les Actes de sainte Perpétue et de ses compagnons de martyre, Saturus dépeint le ciel des élus : « Quasi viridarium^ arbores habens rosae et omne gcnus flores »» (i). Au chapitre troisième des mêmes Actes,. on yoU les martyrs réunis dansée verçer céleste. « sous de grands rosiers (pi'une don eiffuillail sans cesse, et se repaissant à s:i' parfums inénarrables,//! viridario, subarbore rosae»», odore inenarrahili alcbamur^ qui nos satiabat » . Ainsi les textes répondent aux monuments, et ce que ceux-ci pourraient avoir d'obscur s'éclaire à la lumière de ceux-là (a). Donc, celte fi^re d'Orante qui représente la Vierge, soit entre I» - *" ' '•lemenl entre deux arbres, iiM, ^ , est Marie dans la gloire. Quelle conclusion tirer de ces figures, si ce n'est qu'elle est là, dans son office de médiatrice, révélé par son attitude su[>plianlc?

Faisons une troisième remarque. La coutume de prier debout n'était pas exclusive chez les premiers cliréiiens. Il- ' ni encore à genoux et prosternés. Les Actes ci- es nous en fournissent un illustre

exemple : « El nous étant mis à genoux sur le rivage, nous priâmes, » dit le <. M>ri de saint Paul (3).

.l'iMi ir.iiiv.' une autre prt . s la Vie de saint Jac-

{X) Aci., c. II.

(*i L'abW Martifny, Dictionnaire,.., ao mot : Parodié,

tS) Act . »i. f.

eu. III. — RÉVÉLATIONS DES CATACOMBES ^3?

ques le Majeur, de qui les genoux s'étaient durcis comme ceux d'un chameau par suite de ses longes et f , V ^ avons un troisième exemple

\ re de saint Ignace (i). Il est

■superflu de chercher d'autres preuves (a).

Ipsistons [tliitôt sur un détail fort important. C'est que les chréliens avaient adopté celte dernière manière de prier comme une marque de deuil, une démonstration de douleur et de tristesse. Ainsi Notre " r avait j " '' ' ' riliée dans sa

1 jardin -1 , ' ' - ^e primitive,

m <lelant sa manière de prier sur celle du Seigneur, it prescrit, dès le principe, qu'on priât debout, les li;iuinchcs et durant le temps pascal, en signe dejoie; ;^ genoux d'ordinaire, le reste de l'année, en signe de pénitence. Celte règle est mentionnée par Tcrlullien (4), ' " ' ■ * — If^s Questions et liêponses aux Orthodoxes^ ir erreur à saint Justin (5;, et par un cu- Ti '' de saint Jért^me, où nous lisons: • Saint

l'.iul rcilu .1 î ■ ■"' la Ppnlec«*»le, temps de

joie cl de \ Li:> ne fléchissons pas les

genoux, ni ne nous courbons vers la terre, mais où, resjtugcitéi avec le Seigneur^ nous nous dressons vers le ciel • (6).

vu. p. io(AIU. VArm) 1 «• tur cr luirt l'abbê Martik'or. Dietionttairt.^.juk BOlt

/'r. rr.

' ir-'n'X ml 'i

. P I. SZTt, 44*.

V que Mws

.limaacbMt M,t (itLkoul CMomc In t«t«i«at U viM((v un

I ' . ■ . ..... ..... uadb q«M 1m prvmMra

i< ' ^ : la t^K, (varrt qa'Us o'araicQl pM toeoft obicau

< ULTC OBS ZxrAXn POtR LBUR MERB

Or, les images de chréliens priant à genoux font comitlètemcnl défaut dans les monuments des catacombes; ce qui semblerait dm, qui voient généraleinenl dans les -es sur les tombeaux, autant de figures des âmes glori' /îèes,à moins toutefois que certains signes caract^risliques excluent ce symbolisme (i). Une médaille, const'rvëeau musée chrétien de la Bibliothèque Vaticane^ montre saint Laurent, étendu sur son gril, et son âme prenant l'essor sous forme d'une Oranle. Les Actes des saints Pierre et Marcellin rapportent aussi qu'on vil les âmes des deux martyrs monter vers le ciel sous les traits de deux jeunes fdies richement vêtues. Ce qui tendrait à confirmer cette manière de voir, ce sont les inscriptions dont ces images sont fréquemment accompagnées : Cum Deoinpace; inpace anima ipsius ; et plus expressément encore : Viois in gloria Dei. Quoi qu'il en soit de celte induction générale, il n'y a pas d'incertitude, quand l'Orantc porte a\ " ' ' tis de la ^'K»ire; ^' "mple, fl ^ , 1 des arbres cl dt s, entre Pierre cl Paul, symboles de rÉ;:li8e triorophaate, comme c'est le cas pour la Mère de Dieu. Donc, encore une fois, c'est Marie bienheureuse et glorieuse que symbolisent nos Orantes, et Marie dans l'acte de perpétuelle supplication, propre à la Mère des hommes : telle, enfin, que les Pères nous l'ont dé(»cinte après son admirable Ass«>mplion. Je n'irai pas plus I<»in dans ces descriptions cl ces recherches. Que ceux qui souhaiteraient de plus amples renseignements se

par le baptême le titre (fenfanlt du Père qui est au eitt: et qui noi ■ ramène aux idées prccirdcaiineiii expriin*^.

(1) Voir sur ces diffcrents poinu Marli^y, /. c.

en. m. — nÉv£i.ATio?ts dbs catacombes 43()

reportent aux ouvrages signal«3s,cl tout spécialement \ la ci>llection des /mages de Marie dans les Cala'

cornf»^^. I ' ' ■ - ' -'iovalierde Ilossi (i), ou bien eju ..rc .11 1 doré du Père Garrucci.

IV. — Le temps est venu délirer nos conclusions ♦*n faveur de l'anliquité du culte de Marie. Or, rien n'est plus facile, même à Taide des seuls monuments <|uenou8 venons de passer en revue. Et les protestants ' ' ' ' \ï senti; car ils n'ont rien t'p.irtrfi»^ pour jeter !»;s sur l'Atçe de ces images ou sur leur identiticalion avec la Mère de Dieu; tant ils étaient périt^ que, ces deux points acquis, il leur faudrait . wuer que le culte des chrétiens pour Marie n'est pas une invention postérieure au concile d'Éplièse, mais qu'il a ses racines dans l'antiquité la plus reculée, celle ! ;• :' • lanl de fois Ci'léhré, pour nous l'opposer, 1 ^ I me et la parfaite «>rlliodi>xie. Ce qur nous

avons dit, après les plus {grands maîtres, nous dispense

oiière • 4cé d«n>r> lo UMDbaaa de <

1 i>i> aj- r, ' i ri.; ptOlK et iv

< l*LTB OBS K:trAJrrS pour LKVR MèRE

et disparattrc pour un grand nombre d'entre eux (levant les preuves écrasantes et sans réplique que nous avons sii^nalées (i).

Rejelés de celte première position, les a<iw i:*.iÉie8 «In culte de la bienheureuse Vierge se sont retranchés dans une autre. A les en croire, ces figures de Marie, fi' l)as-rcliefs, ou repr«^srntahons gravées

d' > : V, n'ont aucun rapport avec le culte d'honneur que nous avons la prétention d'y rattacher. Ce sont purement des scènes historiques ou des décors accessoires, uniquement destinés à l'ornementation des tombeaux. Deux affirmations également contredites par les faits. I^rs même que la simple représentation de la Vierge dans une scène de rLpiphanic pourrait

tir;,

RoMi,

d»n« lin d<» «^ Biil|«>iin* ^mrthMtmf rhré'

nu

<ies

r.in-

>. le

ime

lue

tj

iit,

in-'

COi.'l,

iite

fr

ir«

Irc rs.

lis.

.]iji

ou .

< rchcr U date caU« ilto cl iju, «u Uuiph des

CB. m. — nCVCLATIOHS DBS CATACOMBES 44'

n'être qu'un tableau coinmémoralif du récit évans^élique, aurait-on le droit de porter !e même jugement sur la même peinture tant de fois re*pt'tée; disons plus, partout mise à la place d'honneur c<jmme le motif dominant du tableau? De plus, comment faire passer pour une repr''<:enlation purement liislorique Timaii^e de ^* ■ '«parée des ma2;cs, et posant devant nous avt ( it-Dieu, comme est celle du cimetière de

Priscille?

Il faudra donc »lirt' .ri--! i|ue le Sauveur, sous quelque forme qu'il apjiaiai^M', soit entre les bras de Marie, soit comme Pasteur, ne prouve rien en faveur du culte que lui rendaient nos Pères. Ces chrétiens des prrn ■ "* "-'es auraient-ils ainsi multiplié les tiir<«res et l< les de la Mère de Dieu, s'ils n'avalriit

pas eu pour elle dans leur cœur l'estime, la vénération et r ' "au fond des nôtres?

J , j erge, dans les différentes

scènes, est, avec son Fils, à la place d'honneur. Ce qui prouve encore qu'elle n'est pas là comme le serait un personnage secon<laire dans une scène hi.stori(|ue, c'est qu'elle }' parait assise, et sur une chaire voilée, analogue à celle des évéques, syml)ole, par conséquent, de la puissance et de la grandeur ;p.<r' " 'ncde vêtements plus riches qu'elle n'en i ^ :u)x

jours de sa vie mortelle. C'est donc un pn e

honoré, vénéré.

En voulc/.-%ous d'autres preuves, rap|>eIez-vous cette vérité certaine que Marie, dans les catacombes, est plus d'une fois la personnification de l'Lglise, et surluul de rr ' ' ' • - - r ' n

llllf <jU<*ll« Il

exemplaire sur lequel celte Kglise a été moulée. Peut-

li'lJ — ut CULTE DBS SNTANTS POUR LKUR UinZ

il ôlrc pour ia Vierge une louante plus haute?

En outre, et c'est par là que nous porterons jusqu'à l'évidence la vérité de notre conclusion, Marie, ses liciiires durante, s'oiTre à nous comme la nu,.,,itrice d'intercession ; médiatrice glorifiée, puisque les symboles accessoires qui raccompagnent la montrent au sein des vergers éternels; médialricr- "

puisqu'elle a toujours les bras tendus et !• vées pour la prière. Ne me dites pas que cela ne prouve aucunement qu'on lui rendît un culte d'honneur. Celle réponse ne vous serai! pas apparue comme plausible, alors que ces monuments étaient encore ensevelis dans leur poussière. A coup sûr, si quelque savant catholique eût pressenti dès lors les découvertes faites depuis, voire persuasion que l'anliquilé chrétienne ne rendait aucun culte à la Vierge vous eût fait rejeter sa prédiction comme une chimère.

Mais les catacombes nous suggèrent encore un argument tout à fait décisif. Les chrétiens d'alors, comme ceux d'aujourd'hui, invoquaient en .Marie leur médiatrice auprès de Dieu. Vous en doutez ; lisez les inscriptions des plus antiques cimetières. En voici quelques-unes : Sulius, prie pour nous, afin que nous soyons sauvés; — Augenda, vis dans le SeiuMieur et intercède pour nous ; — Matrona, prie pour tes parents; elle vécut un an, 5a jours; — Atticus,dor8 en paix, assuré de ton salut, et prie soucicusement pour nos péchés (trouvée à Home, près deSainle-Sabine, en igy3j ; — Atlicus, ton esprit vit dans Iç Bien; implorele pour tes parents (cimetière de Calliste) ; — Sabbatius, li ir tes frères et tes compa-

);;non!> I - (iordien et EjHmaquc); —

I*uisse8-tu vivre en Dieu et prie pour nous ; — Ibas,

en.

VTIUNS DBS CATACOMBES

sois dans la paix, et prie pour nous (deux inscriptions grecques du cimelicre de Domilillc) (i). Ainsi, de toutes les catacoinlws s'clèvent par centaines les voix qui altesleiil \c ilo^ine catholique de l'invocation des Saints, tant calomnié par nos adversaires (2); j'ai dit. ' ' -ut des martyrs :

car , ^ montrent jusqu'à

l'évidence.

Or, je le demande, si les cliréliens invoquaient leurs martyrs, et non seulement leurs martyrs, mais leurs frAr*»s «orlÏH de ce monde pour entrer dans la pai.\

Mar

<ir» ■ en '-

pour tnir

Page 1