V. Mariée mita, authore
, ,' -x-^^oM. Kmbricae, 1G7&.
^vinîe Virrce Mari*.
■ "•' ■r»ir \ , Htrnph'i. Par
«Ml.
-'ie pri , :i i^ctiTDVr ro h I anlrur
|tw ék 4*alani, d»l la DiMiamitaïf
— - .- a - - -na.
• ad Arciuap. SIechlioicoMn, ^imetèom m cslta <|aa l'en doit aai aaiaia, <U M. GaOkouMS.
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/j."» t I,. M. I.E «.ri. TE DJ.S K.NfA.MS l'M II I».t;n MIRR
cjiic je ne puisse aimer plus sensiblement cl plus tendrement la Mère de Dieu que Dieu lui-même. Four que le raisonoement fût juste, il faudrait que 1 amour spirituel et l'amour tendre et sensible fussent un seul vl même amour; en d'aulrcs termes, que ce fût tout un d'aimer Dieu d'un amour d'appréciation et de préférence et d'un amour de tendresse et de sensibilité; ou du moii ces deux amours allassent de pair
dansunnx 1 1. Si les deux amourssont distincts,
à plus forte raison, s'ils (leuvent élreinéçaux et même st'parablesl'unde l'autre, toute l'ar^nmenlalion croule par la base. Aimant Dieu par- dessus toutes choses et, par conséquent, plus que sa mère, c'esl-é-dire, d'un amour de préférence absolue, je pourrai cependant n'éprouver pour lui que peu ou point d'amour seiisible, tandis que je versemi des larmes de tendresse aux pieds de la Vierge.
Or, s'il est une chose absoluiiiciil iiidcmable, c'est la différence entre les deux amours et leur séparabilité soit totale soit partielle. Il n'est malaisé ni de le prouver par d'autres faits certains, ni d'apporter les raisons de cette doctrine. Demandez aux théolo;>;iens ce qu'ils pensent de la contrition parfaite ; ils vous répondront d'une commune voix qu elle est indépendante ' ,' ; • «pic c«i , . . '" la mesure de celle-là. a C'est pourquoi, dit saint Thomas, la contrition, si l'on regarde la douleur (]ui est dans la volonté, c'est-Â-dire, le déplaisir du péché eu tant qu'il est TofTense de Dieu, n'est jamais trop grande; de même que l'amour de Dieu sur lequel se mesure l'intensité du déplaisir n'est jamais exag^éré. Mais la même coolrilion, considérée du cùxé de
cil. V. — llKnMERS KNNEMIS. TRIOMPHE /}85
r.ip{H-ti( sensitif, p«ul tourner à l'excès, de même que <i peines extérieurement infligées au corps » (i). Voilà pourquoi, dit encore le inOme docteur, la douleur raisoniuihle qui est la dt'testation du péclté que l'on a commis ne peut jamais être de trop, ni sous le ipporl de l'intensité, ni quant à la durée, tant du 11, * acte de vertu n'en empêche pas un
;ii; lit alors plus nt'cessaire. Mais, pour la
• tuteur sensible, il faut qu'elle soit modérée sous l'un t l'autre p«»int de vue, si l'on ne veut pas qu'elle aille
^ des excès déploraliles (a). Personne ne dira jamais que la douleur tensiùie d'un vrai pénitent doive surisser toute autre douleur; celle, par exemple, que peuvent causer à un fils la mort de sa mère, à une mrre la [»erte de son fils.
Après les théolo^i^iens, interrompez les maîtres de la
-z chez eux une
-. j 1 - iion.La grande,
> solide, la vn«ie dévotion, celle qui se confond avec pur amuurdc Dieu, ce n'est pas la < !on qui
' soupirs, en larmes, en /rM..,..,.v, pour
i^c de saint Fran^'ois de Suies (3); mais
• volonté prompte, ferme, arrêtée, de ne reculer devant
' ' .-il du
I ^ n« peut,
I est Trai, découler de ce grand amour; toutefois, elle
-t si peu lui qu'un amour de Dieu, même héroT«pie,
ti rst souvent privé. L'amour humain nous oflfre
lelqnr rho«e de semblable. Soyez et père couvrant
> resses ce petit enfant encore au ber>
0* !^ TfMMMH, Sappttm,, q. S, a. >.
: a la Vit d4vott, 1*. iv. c iS.
^86 L. XI. LE CULTE I>ES E>KA.-<*ls rni i\ i,m n mi ni,
ccaii. Pensez-vous qu'il Vaime de préférence à son aîné, l'espérance et l'honneur de sa maison, encore qu'il n'ait pour celui-ci nulle dëmonsiralion de passionnée tendresse?
Donc aimer plus tendremejxi et plus sensiblement la Mère de Dieu n'est pas l'aimer plus que Dieu. S'étonner de cela, c'est bien peu connaflre la nature humaine. La bienheureuse Vierye est de i ire;
elle est femme; elle est uniquement misi-i use;
elle est mère: autant de titre propres à parler à l'imai;^ination, à remuer la partie sensible de nous-miMnes, et par conséquent à lui erat^nerunamour de tendresse. Quand nous aurons rinetfable bonheur de contempler Dieu face à face, alors notre cœur et notre chair iress ■" f dans le Dieu vivant. .Mais aujourd'hui, relé-
u. . Il de sa présence et ne le vovanl qu'au travors des ombres et des énigmes, ni sa beauté purement immatérielle ne nous frappe, ni sa bonté ne nous émeut, comme peuvent le faire les purs rayons de la même beauté, de la môme bonté que nous contemplons en Marie. N'est-ce pas là une des causes pour lesquelles il a voulu que son Fils parût dans notre chair, et que les hommes pussent contempler des yeux de leur corps ce spectacle ravissant, au delà de tout ce qui se peut imaginer, de Jésus entre les bras de Marie, sa mère. Voilà ce qui prend l'homme pour 1 élever des choses visibles, et comment Dieu nous attire à lui « avec des liens d'humanité, avec des chaînes d'amour » (i).
Au reste, si le Jansénisme pouvait avoir quelque respect pour les sentiments de l'Ktçlise, il n'aurait pas osé nous reprocher, à nous fidèles, ce dont elle nous
CM. V. — DEKXIEliS KXNEMIS. TRIOMPHE ^87
a, la première, donné l'exemple et par elle-même et et par le» premiers de ses fils qui sont les Saints. J'ai dit : par elle-m«Mnc. C'est ce qu'a très heureu-
•"»''nl exprimé Ncwman, dans un ouvrage dont la •osiiion décida son passage de i'éçlise anglicane catholique. « On doit remarquer, écrit-il, ijur I'- i'>n de la dévotion envers In Sainte Vierg^e sera tout à fait difTérent de celui du culte rendu à son Fils Ktemel et à lu Sainte Trinité, comme nous serons ( " " '^r en «-^ i les Offices du
. ■..:. , - !- loralion -i , ■ et véritable of-
t.Tte au Tout-Puissant est grave, profonde, solennelle. Jésus-Christ est adoré comme vrai Dieu, en même 'cnips qu'il est vrai homme; il est adoré comme Créaieur et comme juge, en même temps qu'il est très aimant,* très miséricordieux et très tendre. D'autre I ' ' " 'rosse à la Sainte Virri^e
V H«* envers une simple fille
l'Adam, bien qu'il soit humble, parce qu'il est sur les lèvres d'une • •. Combien, par exemple,
!r ton du Dic, .. ■. ... celui àyx Stabat Mater i ..
)u bien encore, quelle différence de langage dans l'Office du Bréviaire pour la fêle de la Pentecôte ou
IV/ii", Creator Spt'rUu»t\e Aitissimi donum ,')ti, /t»ns virus, ■ le Vera et una Tri'
'^'T, nna et xuin... . ta et una /Jeitat; le
ra nof^satvano i nos^ o beata Triniiast
Au contraire, dans l'Office de l'Assomption, quelle
, . ' ,-„ il fxprimr dr *' ' '' ""
'lion, quelle anin Siun^totafurmosa et tuavia et^putchra ut IttnUyelecta
4S8 L. XI. — Lt CILTE DBS znrXVn POUR LBU» MiR«
ut soit et le 5/c«/ dies verni circumdabant eam Jlore$ rosarum et lilia convallium. Quelle tendresse (1«^ sentiment dans ces paroles de PAnliennc : Ad te cla-
nuimiis ' V /îlii £L'oe, ad te snspirami: -ri-
trs etjl ■! hue lacri/marum oalle! ou 1* i"'-
dans CCS autres : Eia ergOf advocata nottra^ lihs tuos miséricordes oculosad nos converte... o cteinenSy o pidf o dulcis Viryo Maria {i) wl
J'ai dit encore : par les premiers de ses fils qui sont les Saints. Qu'il me suffise de rappeler nombre d'expr. nous avons plus d'une fois entendu sortir
df •« Uli! pieuse et tout aimable Marie, si
je prononce votre nom, il m'enflamme; si je pense à vous, mon cœur se ranime. Jamais vous ne franchissez la porte d'une pjcuse mémoire, sans |K>rter avec vous la douceur qui vous est divinement inn'ée » . Kt ailleurs: « Ilien d'austère en Marie; toute suavité, même dans son nom ; plus douce que le miel ». « Dieu m'est témoin que si parfois je peux donner une heure aux louanges de -Marie, je me sens inondé d'une telle joie, rempli d'une telle suavité que je ne désire plus rien » (2). C'est qu'elle est pour eux « une manne céleste; le trésor de toute allégresse, une source d'où coule le miel le plus délicieux «. Voilà ce que disent les Saints, et voilà ce que produisaient en eux le souvenir et le nom de .Marie.
On me répondra peut-être que les âaints, et tout particulièrement saint Bernard, ont trouvé dans le nom de Jésus la suavité qu'ils attribuaieitt à celui de Marie. Je ne le nie pas, encore que cette attribution
il. J -H \. uii.an Hittolre du d^rehpprment de la doctrine chrét„- in de J. Ci. «49. p. 4S5, iuiT
CB. V. — DERMCnS ONEMIS. TRIOMPHE f^8t)
soit moins fréquente pour le Fils que pour la mère. Mais cela même confirme la thèse : car ce qui excite ainsi les sentiments de tendresse envers Jésus, ce n'est pas sa divinité, mais l'humanité par laquelle il se rapproche de nous, mais son enfance, et les charmes divins qu'il nous révèle sr"' * •■, Donc, nous acceptons 11 - , is confesser la faute, ni reconnaître le bien fondé de l'avis. Si c'était un crime d'aimer plus sensiblement la Mère de Dieu que Dieu lui-même, j'ose le dire, ù mon Dieu, c'est vous qui seriez le criminel; vous qui l'avez faite si aimable et si sympathique à notre nature, fille des lis, de notre race, femme, \i< j - mère: tout ce qui nous charn nous parle sensiblement au cœur; vous qui, inspirant à votre Li^lise et conservant en elle la vraie manière de TOUS honorer, vous et votre divine mère, m'avez rassuré par son exemple et par celui de ses meilleurs enfants. Donc, A .Marie, ma mère, je n'écouterai pas ces calonmiateurs. Puissent mes yeux verser de douces larmes et mon cœur se fondre de tendresse à vos pieds , puisse la pensée de vos bontés, de vos misériroi ^ joies I(*s plus délicieuses, '? ..
lil. — « tN 'cm ployez pas plus de tempsAm'honorer, et ne me fii" - 's de prières qu'à Di
C4>re une c<>. me de venin, sous tu
rence innocente; conclusion qui, d'ailleurs, ne coule en aiM'urie r;i<;<<n ilu principe.
tllc est. dis-je, pleine du venin de la secte : car, dans la (lensée de l'auteur, elle n'allait à rien moinn qu'à supprimer toute prière un peu longue à la bienheu-
^QO I" XI. — LE CULTE UCS ETCFAXTS POUR LCUR MèllB
rcuse Vierge: les Litanies et le Rosaire, en particulier. En eiïetydansic Rusaire,il n'y a directement pour Dieu qu'un /'a/^r contre dix Ave pour la Vierge; et dans les Litanies, la disproporlion croît encore, puisque, sauf les quelques invocations du comnieiurnunt à la Trinité, et les supplications finales à TAgneau de Dieu, tout se rapporte explicitement à Marie. Du i
le Jansénisme était sur ce point, comme sur n
autre, disciple du Protestantisme. La seule diiïérencc c'est que les Calvinistes rejetaient toute prière faite à
Marie, tandis que les Jansénistes, jaloux de nr •
faire ouvertement cause commune avec ces h' ques, voulaient bien en garder quelques-unes, mais rares et courtes (i).
J'ai ajouté que la conclusion ne coule en aucune façon du principe. Que penseraient-ils eux-mêmes de cet argument? Il faut aimer Dieu par-dessus toutes choses ; donc prenez garde d'employer plus temps au travail, au repos, à l'étude, qu'A prier Dieu? Ils diraient, sans doute, que l'amour de Dieu n'exclut que les choses iti ' ' ' ^ avec lui. P(»urvu qu'on donne
à la prière \r , lu de Dieu, ce n'est pas aller
contre ses intentions de consacrer de plus longues heures à des occu[)ations qui peuvent se coordonner avec son amour. Et c'est bien là, sans doute, la n''/)f> qu'on prétendait suivre parmi les soliiaires de 1' - Royal.
Or, s'il m'est permis u «-nijnMcr |)iii> citravailler, adonner au corps le repos qu'il «i qu'à prier Dieu, comment serait-ce chose condamnable de prier moins longuement le Fils que sa mère?
(i) Cest dan» Ir r lr>. {fin de U
Sainte Virrge eu fci. Srij^ueur.
CH. V. — OER.MBRS BNNKMU. TRIOMPHE AQI
D'autant plus qu'honorer el prier celle-ci c'est par le fait môme honorer el prier celut-!;!^. En effet, Dieu ne peut être absent des hommages que j'offre à Marie, quand je révère en elle l'honneur qu'elle a d'être sa mère; quand le premier motif qui me jette à ses genoux est l'excellence même du Verbe incarné dans ses entrailles. Comm^'nt aussi ma prière n'irait-elle pas à Dieu, si mon but unique, en priant Marie, c'est d'obtenir qu'elle soit ma médiatrice et mon avocate auprès de lui ; si, dans ma prière, je lui parle surtout de mes désirs «le servir et d'aimer Dieu; si je lui confie mes prières pour qu'elle les porte elle-même à Dieu; si je reste è ses genoux comme les bergers et les magf ' " lontre et me donne Jésus(i) ?
I 'Tc à la plainte de ceux qui se
scandalisent, parce qu'ils voient des fidèles, entrant «i:i .courir avec em[»ressemenl s'agenouiller
de . de la Vierge, après avoir à jurinc consacré quelques minutes à Jésus-<^hrist présent dans son laliernacle.CIar s'approcher ainsi de la mère n'est pas oublier le Fils, mais cl; • ' — • •■itroductrice auprès • le lui. Du reste, ce n- ■ commune que des
personnes négligent à ce pomt le Fils pour ne penser .j.."- '• '■ ■ ' ■ ' de
' — - - - — , - , iw-
ment, peut-être trouverait-on qu'elles ont d'abord Msisté au sailli commn «>, avant d'aller
prier !""■ ut .,„>. pietls de .M....- . ,'■■•"■ ••"•■ ^ «non
Sauvi. . crois pas que vous pari. Ts
plus ou moins phansaîques. V^ous qui vouh y' tant A la compagnie de votre mère, dans rhuiiuM<-
• ir (S* U B. Vicrg* inèiir dr ^
402 L. XI. — LE CULTB DES KNFArtTS POUR LEUR MÊRB
demeure de Nazareth; tantôt suspendu à son cou, tantôt assis tout près d'elle, la contemplant, l'écoulaul, lui parlant de votre Père qui est au ciel ; vous qui l'avez appelle dans votre gloire, et voulez qu'elle y soit éternellement à vos côtés, dans le même ciel et dans la même joie; vous à qui, par les dispositions de voire providence, elle fut constamment unie dans les promesses et dans les figures antiques, et, plus tard, dans toute la suite de vos mystères, vous ne pouvez trouver mauvais que nous, ses enfants comme vous, nous nous tenions trop longtemps avec elle pour la louer, la prier et l'aimer. Non, vous ne condamnerez pas une familiarité, si douce pour des exilés, si consolante pour les malheureux que nous sommes; vous ne nous direz pas de la quitter pour venir à vous, comme si nous ne vous trouvions pas entre ses hraset sur son cœur ; comme si pour rencontrer le Fils, il fallait s'éloigner de la mère (i).
Nous savons ce qu'il faut penser des deux premières conséquences. Que dirons-nous de la troisième: a Prenez bien garde d'avoir plus de confiance en moi qu'en Dieu »? A première vue, rien de plus innocent et même de plus juste, quelque sens qu'on donne au mo' rniifi'iiir,^, L'cntendcz-vous de rcspérance chréiKiitic? Si Dieu est notre principe et notre fin, c'est > ers lui certainement que cette espérance doit se porter en premier lieu. Mais je me demande tout d'abord
V'-wniBO r«p|»or1** <?* wij^l on* «fw^viot* hi*» •nrr'^tîv*, « J*»î
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