XX INTRODUCTION
vérifié la provenance, et que mon lecteur ne puisse contrôler après moi.
Peut-être aussi trouvcra-t-on que je fais de trop fréquents et de trop longs appels aux témoig,nag,es. Pourquoi ne pas en extraire la substance pour l'insérer dans la suite du texte; pourquoi, s'il est parfois utile de donner quelque extrait littéral, ne pas le faire brièvement; pourquoi surtout multiplier des citations encombrantes, quand il suffirait d'une ou deux phrases pour porter la conviction dans les âmes? Celte objection n'est pas nouvelle; on l'a faite à beaucoup d'autres. Et pourtant, de tous ceux qui ont écrit les meilleurs ouvrages sur la sainte Vierge Marie, il n'en est aucun qui n'ait cru devoir passer outre. Eclairer les esprits, échauffer les cœurs, tel est le double but qu'on doit se proposer quand on traite des grandeurs de la Mère de Dieu. Or, les paroles des Saints et des Pères ont une efficacité merveilleuse pour faire atteindre ces deux fins.
Qu'on me parle d'un privilège singulier de la Mère de Dieu, et que j'entende tant de grands et saints personnages l'affirmer dans toute la série des siècles et sur toutes les plages, pourrai-je ne pas unir ma croyance à leur croyance, sensiblement persuadé que l'Esprit de vérité seul peut former un tel accord ? Et ma conviction sera d'autant plus forte que j'entendrai les propres accents de ces grancs témoins : parce que cela même écartera je ne sais quelle défiance qui pourrait se faire jour, si l'on se contentait d'en appeler à leur témoignage, sans qu'ils parlent eux-mêmes.