INTRODUCTION XIX
gloire de la sainte Mère de Dieu n'a rien à gagner du fait de pareilles inexactitudes. Si prodigieux est le nombre des œuvres authentiques, composées à son honneur pendant tout le cours des siècles chrétiens, qu'il suffit pleinement à la faire connaître avec toutes ses grandeurs. Encore une fois, je ne prétends pas exclure de son éloge tout sermon, tout opuscule, tout traité dont on ne pourrait indiquer exactement l'auteur ; ce serait, en plus d'un cas, se priver d'une mine précieuse ; mais encore faut-il qu'on n'aille pas travailler les textes ou les attribuer de gaieté de cœur à qui n'en a jamais eu la paternité (i).
J'aurais dû peut-être abréger, ou même omettre, ces réflexions qui pourtant ne sont injurieuses pour personne, puisque je n'ai signalé particulièrement ni un titre d'ouvrage ni un nom d'auteur. Mais il m'a semblé qu'elles serviraient à me justifier moi-même d'avoir si minutieusement indiqué la source des textes, dont je me servirai dans la suite de mon travail. Il m'a paru que je [devais à l'honneur de la bienheureuse Vierge de n'apporter, pour la louer, aucun texte dont je n'aie
(i) Qu'on me permette de signaler un procédé, sans doute inconscient; dont j'ai trouvé plus d'un exemple. Voici un passage originairement tiré de Basile de Séleucie; que faut-il pour qu'il soit du grand docteur, S. Basile? Retrancher en le citant, de Sèleucie, et ajouter l'épithèle Saint avant le nom de l'auteur. Cet autre est de Bernardin de Busti, un sermonnaire du moyen-âge, ayant plus de zèle que de vrai savoir; on en fera par un procédé analogue une pensée de S. Bernardin de Sienne ou de S. Bernard de Glairvaux. A coup sûr, ce n'est pas un grand crime : mais pourtant ce sera pour plusieurs une raison suffisante pour fermer un livre où pareilles bévues se retrouvent assez souvent.