VI INTRODUCTION
l'esprit, et trouve en elle sa raison d'être, comme nous le montrerons plus amplement en son lieu, la maternité spirituelle de Marie repose sur sa maternité physique. Nous le prouverons aussi plus tard, Marie est notre mère, parce qu'elle nous a préparé en Jésus- Christ et par Jésus-Christ la grâce d'adoption, qui nous fait vivre de la vie des enfants de Dieu; parce qu'elle concourt perpétuellement à la distribution de cette même grâce, dans l'ordre de la sanctification.
Or, l'un et l'autre de ces rôles a pour fondement sa maternité divine. Enlevez cette maternité, Marie ne donne plus au monde le Rédempteur du monde; elle n'a plus le droit d'offrir à Dieu la victime dont le sang nous vivifie; ni l'hostie ni le prêtre ne viennent plus d'elle. Otez-lui cette maternité, vous lui ravissez du même coup la puissance d'intercession qui fait couler à flots sur nous la rosée céleste. Ainsi, dans Jésus- Christ, Notre Seigneur, le mystère du Dieu fait homme se rapporte au mystère du Rédempteur, et réciproquement la fonction du Rédempteur parfait réclame comme support un Dieu incarné. Il est donc bien vrai que les deux maternités de Marie se tiennent et s'enchaînent clans l'unité d'un même plan divin.
Je dis plus : elles ne sont au fond qu'une seule maternité, la maternité divine considérée dans sa plénitude. La personne du Sauveur dans son intégrité, le Christ total, pour parler le langage de saint Augustin, c'est Jésus-Christ et son corps mystique. Voilà pourquoi Notre Seigneur s'applique à lui-même, dans les Livres Saints r ce qu'on fait pour ou contre les