INTRODUCTION VII
fidèles qui sont ses membres. Saul poursuit l'Église naissante et Jésus-Christ lui crie du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?
Donc Marie, pour être pleinement la Mère du Verbe incarné, pour avoir une maternité qui réponde à la personne de son Fils, doit concourir à la naissance des membres, aussi bien qu'à la naissance de la tête (du chef). La personne mystique de Jésus-Christ est dans le plan divin l'épanouissement et le complément de sa personne physique. Donc aussi, dans une mesure semblable, la maternité spirituelle de Marie couronne et complète sa maternité de nature. Par conséquent, de même que la pleine compréhension du Fils réclame la connaissance des rapports qui le relient à l'Église, aux fidèles, aux rachetés dont est formé son corps mystique, ainsi la connaissance de la maternité divine de Marie serait absolument incomplète, si la maternité spirituelle était laissée dans l'ombre. Et voilà de nouveau comment les deux parties de cet ouvrage, celle qui traite de la maternité de nature et celle qui étudie la maternité de grâce, se rencontrent dans l'unité d'une même doctrine, comme elles sont reliées dans l'unité du même dessein de rédemption.
II. — Ces considérations montrent aussi d'après quel ordre il faut exposer un si vaste sujet. Les théo- 1c giens, dans leurs traités sur l'Incarnation, considèrent d'abord la personne physique du Verbe fait homme. Puis, cette personne une fois connue dans sa constitution, dans ses propriétés, dans ses perfections,