INTRODUCTION XI
blables reproches. Mais dans la littérature courante elles sont le petit nombre, et généralement ce n'est pas chez elles que l'on va chercher ce qu'est la bienheureuse Vierge dans le domaine de la vie surnaturelle et divine.
En voulez-vous une preuve entre bien d'autres? Demandez à beaucoup de chrétieus, je parle de ceux-là mêmes qui font profession d'être dévots à la Mère de Dieu, dans quel sens et pour quels motifs ils la saluent comme leur mère; on vous parlera de son amour, de sa tendresse, de ses bienfaits, de sa puissance d'intercession; mais où sont-ils ceux qui comprennent les causes intrinsèques et vraiment substantielles d'un titre si glorieux pour Marie, si doux et si consolant pour nous? De cette ignorance trop commune peut surgir un inconvénient très notable : c'est que plusieurs seraient tentés de voir uniquement dans ce titre de Mère des hommes une pieuse hyperbole, plus apte à émouvoir la sensibilité qu'à satisfaire une intelligence raisonnable. Sans doute, il y a un instinct comme naturel au cœur du catholique qui prolesterait contre de telles idées. Mais encore est-il opportun que l'intelligence vienne au secours du cœur, et que la vérité mieux connue donne à notre culte filial plus de profondeur et de solidité.
En Dieu, l'Amour personnel, qui est le Saint-Esprit, procède du Verbe, c'est-à-dire du Concept infini par lequel Dieu se dit à lui-même la plénitude de toute vérité; et voilà pourquoi cet Amour est infini, comme le foyer lumineux qui l'émet. Ainsi le culte amoureux
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de notre très sainte mère sera d'autant plus vif, d'autant plus parfait, que nous aurons de ses privilèges une connaissance et plus juste et mieux approfondie : car la connaissance de Marie, comme celle de Dieu, mène à l'amour.
IV. — Mais où chercherons-nous celte doctrine sûre, claire et substantielle que réclame un traité sur la double maternité de Marie? Je l'ai dit au titre même de l'ouvrage : chez les Pères et chez les Maîtres les plus autorisés de la science sacrée. Avec les uns et les autres nous irons tout d'abord puiser aux sources de la Sainte Ecriture : car elle contient, sinon d'une manière toujours explicite, au moins en germe, tout. ce qu'on peut écrire de plus glorieux et de plus sublime à l'honneur de la Mère de Dieu. Avec les uns et les autres encore nous nous appuierons sur l'autorité du témoignage traditionnel. Non seulement les docteurs de l'Ecole, mais les Pères eux-mêmes, j'entends ceux d'une époque moins reculée, nous ont donné cet exemple d'interroger et de suivre les vénérables témoins de 1 antique croyance. Comme eux aussi, nous aurons recours à la sainte Liturgie, fidèle expression des sentiments et de la foi de cette autre mère des chrétiens qui est l'Église.
Nous irons encore puiser clans les ouvrages des Saints. A qui pourrions-nous mieux demander ce qu'il faut penser et croire des privilèges de la Mère de Dieu, qu'à ceux qui ont eu l'honneur et le bonheur de la contempler de plus près et de vivre plus familièrement avec elle?