‹ La Mère de Dieu et la mère des hommesChapitre 8 sur 78 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

Du reste, pas plus que les uns et que les autres, nous ne nous croirons obligés d'affirmer uniquement de Marie les privilèges explicitement contenus soit dans la Parole écrite, soit dans la tradition primitive. La doctrine évangélique, encore qu'elle soit immuable en elle-même, est soumise quant à son intelligence à la loi du progrès; non pas certes d'un progrès qui se résoudrait dans une diversité de croyances pour les différents âges, mais du progrès où la connaissance plus claire, plus large et plus compréhensive succède à des notions moins nettes et moins développées.

Ecoutons encore Suarez : « C'est, dit-il, par un conseil tout particulier de l'Esprit-Saint que plusieurs mystères et privilèges de la Vierge n'ont été ni expressément consignés dans les Livres canoniques, ni renfermés dès l'abord dans une tradition claire et définie d'une manière certaine. Il fallait donner aux chrétiens une occasion de méditer plus profondément ces choses et de les étudier à loisir; il fallait qu'ils pussent, en fouillant en quelque sorte par le raisonnement les principes généraux reçus dès l'origine, en tirer à la louange de Marie les multiples conséquences qu'ils renferment (i). Donc, en cette matière ainsi qu'en

(i) S. Ignace de Loyola, dans la seconde des Annotations ou Remarques par où commence le livre de ses Exercices spirituels, donne un précieux conseil à celui qui doit proposer à d'autres les sujets de méditation ou de contemplation. C'est qu'il se contente d'en parcourir les points avec une exposition sommaire.» En effet, dit-il, si la personne qui va contempler ou méditer, parvient, soit par son propre travail soit par la lumière divine qui l'éclairé dans son intelligence, à trouver quelque chose qui lui fasse mieux comprendre et goûter son sujet, elle en recueillera plus de consolation spirituelle et plus de fruits que si on lui eût développé fort longuement la matière à méditer ». Tel est. si je ne me trompe, le procédé providentiel mis en œuvre par Notre Seigneur, à

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