‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 21 sur 107 · BeHll., i. c · texte numérisé non relu

BeHll., i. c

TEtre dispensateur de tout bien,... comme de tout mal ! Veut-on avoir une idée des remèdes que peut inventer Une imagination fertile et que peut ac^ cepter Une crédulité sans litoites ? Ecoutons ce que Bertherând nous raconte au sujet des Arabes de l'Algérie \

« Les ImHbes disent que la stérilité, chez une femme qui n'a pas seâ régies, tient à ce que la matrice est fermée, et qu'il n'existe point de remède â cet état. Dieu le sait, c'est leur unique réponse; en d'autres térmefi, il n'y a rien à faire.... quand, après avoir eu un premier enfant, la femme reste sans concevoir et comme frappée de stérilité, elle doit boire de l'urine de mouton et de Peau dans laquelle on a laissé macérer du cérumen du conduit auditif et de la crasse qui se trouvent entre les oreilles d'un bourricot. . . On emploiera aussi trois ou quatre tranches de racine dô hou-nefa, que l^on fera bouillir jusqu'à consistance convenable; ce remède, pris à l'intérieur, détermine une

purgation efiBcace. Voici d'autres remèdes.

f Sentir souvent les fleurs blanches du henna. — Paire cuire ses aliments dans une décoction de houruefa. *- Manger du gigot et de l'épaule de mouton jeune, recouverts de cresson bien pilé. — Boire du lait de jument, mais il faut que la femme ignore cette origine. — La femme mettra dans sa chambre, une nuit entière, une grenouille vivante; i. îb., :î39.

le lendemain matin, elle crachera sept fois dans la bouche de cet animal, avant de manger, et elle le replacera à l'endroit où elle l'avait pris. La grossesse commencera aussitôt. Toutefois, la femme ne doit user de ce moyen qu'après avoir été au bain et rempli toutes les pratiques légales relatives à la propreté. — Dès qu'elle a ses règles, elle se place aussi au-dessus de la vapeur produite par la combustion du chenedegoura : cette fumigation détruit la stérilité. — Prendre un peu de toutia (sulfate de cuivre), le piler, le faire bouillir dans une petite quantité, d'eau, puis s'en frotter pendant trois jours, depuis la ceinture jusqu'au bas du ventre. Pendant trpis jours encore, la femme prendra un peu de cette même décoction, la mêlera à de la farine et du poivre, et exposera le tout sur le feu, jusqu'à réduction pâteuse; alors elle ajoutera un peu de gingembre et de noix de galle : elle mangera de cette composition trois matins de suite, avant le repas. — Manger, trois jours, du miel auquel on a incorporé de la poudre de racines de tfarfarat (?), et porter à sa ceinture une amulette ainsi conçue : Tai à me plaindre de vous de ce que je suis chagrine de mon V(sntre;je rêve sans rien voir; celui qui veut une chose n^a qû*à dire qu'elle soit, et elle est; ne me refusez pas^ ô mon DieUj ne me causez pas de douleur; selon votre volonté, faites du bien à ceux qui recourent à vous. Celui qui

fait le jour y qui fait toutes les heures^ qui fait la graine de navets , sa parole est grande. — Ou bien, faire cuire un oiseau appelé heded (?) avec du beurre, du sésame; en boire le bouillon pendant plusieurs matins consécutifs. — Prendre une certaine quantité d'eau de pluie, bien fraîche; lire dessus ce liquide le fatha (premier verset du Koran) ; ajouter sept fois de suite : Celui qui est Dieu est le seul Dieu; sans iwf, il n'est ni force ni bien; son nom est noble. La femme boit ensuite cette eau de pluie et répète cette cérémonie sept nuits consécutives »

Nous n'avons pas à nous moquer trop haut des Arabes, car nous avons aussi nos remèdes bizarres contre la stérilité; nous la voyons combattre par les eaux miraculeuses, par des reliques non moins miraculeuses, par des prières à certains personnages paradisiaques, réputés bons curateurs d'un semblable cas... et de quelques autres! En Nouvelle-Calédonie, la femme stérile achète au sorcier une informe poupée, destinée à partager la couche conjugale et à appeler sur elle Tinfluence d'où résultera la grossesse (Patouillet) * . Nous avons, en Bretagne, les statues de saint Guignolé, contre lesquelles les femmes qui désirent des enfants vont se frotter pieusement le ventre; jadis, quand les statues du saint s'élevaient à l'ombre des monas-

tères... atix vertus prolifiques, comme dit un vieil et malin auteur, le moyen réussissait... parfois.

La Gestation.

A. — Généralilés. Epoque, durée, signes de la

grossesse.

Ce serait une curieuse histoire que celle des théories émises, dans les diverses nattons, sur le mode de développement du fœtus. Mais nous ne sommes pas en mesure de l'écrire actuellement, ni même de l'ébaucher. Disons, seulement que, chez la plupart des peuples, on accorde une certaine indépendance au fœtus vis-à-vis de la mère, et jusqu'à une volonté propre, en vertu de laquelle il sait prendre, à l'intérieur de l'utérus, là position la plus convenable, et sortir de lui-même, quand le terme de la grossesse est arrivé. Le temps n'est pas encore bien éloigné où l'on enseignait, chez nous, la culbute instinctive du fœtus, et où l'on regardait ses efforts pour modifier ses conditions ,d^ adaptation comme la cause efficiente de l'accouchement (Dubois).

Thévenot fait remarquer que, dans les divers pays, la grossesse semble évoluer parallèlement

à des conditions saisonnières, sinon génériquement les mêmes, du moins analogues et correspondantes, et qu'elle remonte presque toujours h un mois de température modérée : c'est que la conception se produit surtout au moment oii le renouveau printanier sollicite à l'union les deux sexes; dans l'espèce humaine comme dans les espèces animales , les gestations commencent au temps

Que tout aime et que toat pullule dans le monde.

Sur 261 naissances enregistrées au Sénégal, il y en a : 29 en décembre, 29 en septembre, 26 en octobre, 22 en août, 22 en mai, 21 en novembre, 17 en juillet, 15 en janvier, 15 en février, 15 en mars, 12 en avril, 6 en juin. « Il suit de là que les deux tiers de toutes les naissances ont lieu dans les derniers mois de Tannée (à Fépoque précise de la plus grande mortalité). C'est donc dans la saison sèche et froide (la vraie période vèrnale) que s*effectue surtout la fécondation. La plus petite proportion des conceptions répond au mois de septembre, vers le milieu de l'hivernage. Dans les pays tempérés, le plus grand uombre des naissances â'obsertë dans Thiver ; à Florence, dans l'Europe méridioMlé, les deux tiers des naissances ont lieu de novembre à mai ou, annuellement, dans l'ordre suivant, mars, janvier, février, novembre, octobre,

avril, décembre, août, septembre, mai, juillet et juin; le plus grand nombre des conceptions ont lieu au printemps. »

En Algérie, Martin, Foley et Bertherand ont aussi constaté que le maximum des naissances avait lieu Fbiver (janvier), ce qui reportait le maximum des conceptions au printemps (mai) ; c'est d'ailleurs au printemps que les mariages sont le plus fréquents. La période d'été, qui donne le moins de divorces, donne aussi le moins de mariages et de conceptions *.

. La grossesse a partout la même durée moyenne : deux cent soixante-quinze à deux cent quatre-vingtcinq jours*. Mais elle se termine quelquefois avant le deux cent cinquantième jour (accouchement précoce), notamment chez les femmes mariées trop jeunes (Hindoues, Mauresques, etc.), ou après le deux cent quatre-vingt-quinzième (accouchement tardif), sous des influences encore ignorées. Il existe dans la science un assez grand nombre de faits qui prouvent la possibilité d'un accouchement vers le trois centième jour. Mais les Orientaux reculent bien au delà les limites de la parturition. Les Chinois sont persuadés qu'une grossesse peut durer deux ou trois ans, parce que V enfant ne vetU pas sortir; Sidi KheUf ben Ishak, en son Traité de

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