Hist. gén. des voy, XVÎ
comme peu solide. Il n'est pas sans exemple de voir ces manœuvres entraîner de graves accidents et même déterminer la mort. » (Arch. Hervan.) — En d'autres localités , aussitôt qu'une femme s'aperçoit de sa grossesse, on la conduit sur le bord de la mer, suivie d'une foule d'enfants qui lui jettent des ordures; on la lave ensuite avec beaucoup de soin, et les nègres sont persuadés que, sans cette cérémonie, la mère, l'enfant qu quelque parent du mari ou de la femme mourraient avant le terme de l'accouchement (Côte d'Or : Bosinan *).
L'époux est d'ailleurs plein d'attentions pour la mère ; il s'abstient de tout rapprochement avec elle (mais non d'un commerce compensateur avec d'autres femmes!) et souvent l'envoie à la campagne « pour la mettre à l'abri de toute cause perturbatrice et la garantir des maléfices des sorciers » (Arch. Hervan).
Mais la femme modifie rarement ses habitudes. Elle continue, le jour, à piler le mil, travail fatigant et d'une durée de plusieurs heures; la nuit, h rechercher les réunions où l'on se livre aux danses les plus frénétiques ; de Rochebrune attribue à ces exercices un grand nombre d'avortements parmi les négresses.
En Chine, la grande préoccupation de la femme
1, Hist. gén. des voy., XIII, 3C6.
enceinte est de s'assurer la protection des ancêtres. Elle ne manque donc pas de leur adresser ses invocations : Une telle doit accouclier bientôt y elle vient vous en rendre compte^ ô nobles espritsi nous vous prions de V aider et de lui donner un heureux accouchement *. La femme, en cet état, ne doit pas manger de tourterelles ni de canards, de peur que son enfant ne soit sourd-muet ; elle doit proscrire le lapin de son alimentation, dans la crainte que l'enfant ne soit affecté de bec-de-lièvre ; elle ne doit assister à l'exécution d'aucun criminel ni d'aucun animal, pas plus qu'au premier défrichement d'une terre (cette dernière prescription a peut-êtfe pour objet de soustraire la femme à une imprégnation tellurique qui l'exposerait à un avortement).
Arrivons jusqu'aux Arabes! La femme redoutet-elle de mauvaises couches? « Elle doit, trois jours avant l'époque de la parturition, porter dans les plis de son haïk un vmélange d'huile et de cendres de glands, ou bien s'attacher sur Tune des cuisses une pierre à fusil enveloppée dans un chiffon, soit encore sur la cuisse droite son propre peigne, sur lequel on aura écrit ces mots : Celui dont le nom est véritable a parlé en faveujç de celui qui est dans ton ventre^ et tout serapromptement fini. Salut sur.,, (ici le nom de la mère). — Quand
i. Picarl, /. c.,VII, 70.
on suppose que Tenfant est mort, on fera boire à la mère un mélange de miel et de lait de vache, bien chaud, dans lequel on aura pulvérisé du vitriol; alors, si le fœtus est réellement mort, il ne tardera pas à sortir; s'il n'est pas complètement mort, il se tournera de côté et sera promptement expulsé; enfin, s'il né tombe pas après ce remède, c'est que la femme n'est pas enceinte... » Crainton que Tenfant ne se présente mal? « Le taleb écrira au fond d'une tasse en bois deux mots du Koran; on lavera l'écriture avec un mélange d'eau, d'huile, de cumin, de rue puante et de raifort. La mère boira de ce liquide pendant trois jours, et ce qu'elle porte dans son sein reprendra de suite une position normale qui en facilitera la sortie... **
Dans l'Inde, « lorsqu'une brahmady est enceinte, rapporte Dubois, les cérémonies sont à n'en plus finir : il y en a de particulières pour tous les mois de la grossesse...' La femme évitera la compagnie des personnes suspectes, de celles dont tous les enfants sont morts; elle écartera de son esprit toutes pensées tristes ; elle se gardera de fixer la vue sur des odjets effrayants, d'écouter des histoires lamentables , de manger des substances diflficiles à dégérer. En observant ces règles, elle aura de beaux enfants; une conduite contraire