Hist, gens des voy., XVIII
3. Une année médicale à Dagana {Sénégal). Th. Paris, p. 40, 1880.
pennettent de s'asseoir que sur un siège très bas ou une bille de bois (Arch. Hervan).
Il n'est point vrai que la négresse accouche sans douleur; mais elle doit dissimuler ses souffrances sous des sourires, ou tout au moins par un silence profoi^, car un cri suffirait à la déshonorer, « la famille la répudierait, et elle n'aurait plus de comnaerce avec son mari. » Par contre, le mari est parfois soumis à une singulière obligation : « il s'habille en femme, se couche et pousse des gémissements, comme en témoignage de vives souflrances qu'il doit endurer » (Hébert). Pendant ce temps les parentes et les voisines, accroupies au seuil de la porte ou dans un des compartiments de la case, « font entendre un chant monotone, accompagné de claquements de mains régulièrement cadencés... » (De Roch.)La sage-femme, accroupie devant la patiente, les mains graissées d'huile, exerce des pressions d'arrière en avant et d'avant en arrière , sur les parois du ventre , dans le but d'aider Venfanl à trouver sa voie. — Quand l'enfant est né, il reste gisant entre les cuisses de la mère jusqu'après l'expulsion du placenta. La délivrance est ordinairement abandonnée à la nature; mais, d'autres fois, elle est aidée par des tractions sur le cordon et des manœuvres sur le ventre de la mère, qui peuvent avoir les plus funestes conséquences ; aux Antilles et à la Guyane,
les hémorrhagies graves, le prolapsus utérin étaient souvent déterminés par l'intervention' brutale et intempestive des négresses, au cours de la délivrance (Bajon).
La mère une fois délivrée, on lui offre des aliments, soit de la viande, soit du sanglé (mélange de lait caillé, d'huile de palme, de sucre et de pulpe de tamarin : de Roch.) ; au bout de quelques heures, elle reprend ses occupations quotidiennes dans l'intérieur de la case, sans sortir au dehors pendant les sept premiers jours (Sénégal : de Roch). Au Vieux-Galabar, on lui garnit le ventre d'un bandage : c'est tout simplement un mouchoir que l'on place immédiatement au-dessus du globe utérin et qui comprime l'abdomen circulairement (Arch. Hervan).
Chez les Indiens d'Amérique, la patiente est agenouillée, accroupie, ou quelquefois à demi couchée. Elle doit faire preuve d'un grand courage pendant toute la durée du travail, au milieu des personnes qui l'entourent. L'expulsion de l'enfant est ordinairement facile, et celle du placenta la suit presque aussitôt. Dans certains cas cependant, la délivrance est tardive et nécessite des manœuvres dont nous devons la description à Engelmann *. — Chez les Commanches, les Crow,
1. ËDgelmann (de Saiat-Loais), Et. ethnogr. sur la troisième période
— soles Nez-Percés, etc., la femme étant à genoux, l'assistant s'agenouille derrière elle^ Tenlace de ses bras, et, avec la paume des mains, comprime vigoureusement le fond de la matrice ; si les contractions de Torgane demeurent insuffisantes, il s'eflForce de provoquer Vexpression de l'arrière-faix par un véritable pétrissage. A ces moyens, les Clatrops ajoutent la constriction du ventre de Taccouchée avec un bandage, qui doit empêcher le placenta de rentrer plus avant dans le corps. — Les Dakotas permettent à la femme, si elle est trop fatiguée par le travail, d'abandonner la position à genoux et de rester couchée sur le dos pendant la délivrance ; celle-ci est provoquée par une forte pression de haut en bas, sur le fond de l'utérus, le pétrissage de l'organe au travers des parois abdominales, et enfin par la malaxation vigoureuse du ventre tout entier. Si ces manœuvres sont inefficaces, les Kootewais introduisent la main dans le vagin pour extraire le placenta, puis ils administrent la décoction d'une racine pour -arrêter l'hémorrhagie. — En d'autres tribus, la patiente est accroupie, et l'on cherche à déterminer l'expul sion du délivre en serrant graduellement une cein ture au-dessus de la mati'ice. — Chez les Wacos les Hoopas, etc., la femme est à demi couchée
du travail (la délivrance) {Amer. Joum. of obst.j avril 1881, trad de Lefour, in Joum, de méd, de Bordeaux).
attitude, qui facilite les manœuvres de pétrissage. Les Indiens du Pacifique ont un procédé de délivrance plus rapproché des nôtres : d'une main ils frictionnent la région du ventre qui répond à l'utérus, et de l'autre ils exercent des tractions légères, mais soutenues, sur le cordon ; en même temps, si la chose est nécessaire, un aide coiffe de ses deux mains le fond de la matrice, qu'il comprime doucement. Si, malgré tout, la délivrance ne se fait pas, la femme est mise debout, et, dans cette position, l'on continue les mêmes manipulations sur le globe utérin, et on exerce sur le cordon des tractions plus fortes. — Les Mexicaines des classes inférieures accoucheraient, en général, accroupies, quelquefois agenouillées; les pratiques obstétricales seraient chez elles les mêmes que parmi les tribus indiennes de l'Amérique du Nord; mais la délivrance serait plus tardive (l'expulsion de l'arrière-faix n'aurait ordinairement lieu qu'au bout d'une heure).
Souvent on expose l'accouchée à une température très élevée. Chez les Roucouyennes, la femme prend un bain de vapeur, en s'étendant dans un hamac, au-dessous duquel on a placé un gros caillou rougi au feu et arrosé avec de l'eau (Grévaux) *. Au bout de quelques heures, la mère