‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 30 sur 107 · Godet, El. sur Vhyg. au Japon. Th. Paris, 1880, p · texte numérisé non relu

Godet, El. sur Vhyg. au Japon. Th. Paris, 1880, p

En Nouvelle-Calédonie, dès que le travail commence, la femme est emmenée dans la case de la matrone choisie pour l'assister. Dans cette case on allume un grand feu, et un grand nombre de femmes se réunissent ; les hommes sont sévèrement éloignés, à moins qu'il ne s'agisse de l'accouchement d'une femme de chef; dans ce cas, le plus proche parent reste dans l'intérieur de la case, où il s'applique à chanter assez haut pour couvrir les cris de la mère. La raison de cette exception a sans doute son origine dans la crainte d'une substitution d'enfant. « Pendant les manœuvres obstétricales, qui se réduisent à un massage prolongé, la femme se tient à quatre pattes. Si l'accouchement est pénible, les matrones vont acheter à grands frais des sortilèges aux sorciers voisins et en couvrent la patiente. Le fait est rare, et fort heureusement, car, chez ces peuplades d'une ignorance primitive , personne ne connaît les moyens de venir à bout des diflBcultés d'une parturition laborieuse. Une des plus grandes tribulations de la femme qui accouche péniblement, c'est d'être mise à la question par les commères qui l'entourent et qui , voulant expliquer par l'adultère les longueurs de l'opération, tourmentent la patiente, la torturent pour ainsi dire, afin de la forcer à leur déclarer le nom du vrai père de l'enfant. . . » — La mère, aussitôt délivrée, va se baigner dans la ri-

vière voisine, et, dès le lendemain, elle reprend ses travaux habituels... » (Patouillet *.)

Les Hottentotes accouchent à terre, sur une simple natte, ou sur une pièce d'étoffe, qui est enterrée aussitôt après que la femme a été délivrée. Si le travail est lent, on l'accélère en faisant avaler à la mère une décoction de tabac dans du lait. Le mari ne peut assister à la couche, sous peine de payer au kraal l'amende d'une brebis '.

A la Côte d'Or, la femme accouche devant une foule de personnes de l'un et de l'autre sexe ; en d'autres localités, on tolère auprès d'elle le mari seulement.

Au Sénégal, la négresse prend, pour le travail, « une position accroupie, le dos appuyé contre le mur de la case ou le lit, les bras renversés en arrière, et les mains sur le sol, les cuisses écartées, la pointe du pied déjetée en dehors (Hébert) '. Ou bien, elle demeure « agenouillée sur une natte, la tête reposant sur les bras, les reins courbés, la partie postérieure du corps relevée. » (De Rochebrune). — Au Vieux-Calabar, les matrones font marcher la femme le plus longtemps possible, après que le travail a commencé, et elles ne lui

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