Harris, /. c
recevoir les soins d'un homme, la Chinoise réclame ou supporte la présence d'un mëdecin. Celui-ci n'est guère plus à même de surmonter une difficulté ou de combattre une complication que la sage-femme... Mais il a plus de prestige, et son assurance réconforte 1 II sait d'ailleurs faire étalage de sa science... et quelle science! A l'inspection du visage et de la langue de la mère, il peut dire si l'enfant est mort ou vivant, s'il doit vivre ou mourir, ainsi que la patiente : Quand la face de la mère est rouge et la langue verte, V enfant est mort; si la face est verte et la langue rouge, V enfant est vivant, mais la mère mourra; quand la face et la languie sont toutes deux vertes, F enfant et la mère mourront en même temps. A l'inspection du pouls, il reconnaît la nature de la présentation et le degré d'avancement du travail. Toutefois, il avoue être mis parfois en défaut par le mauvais vouloir de l'enfant, qui, tout à coup, se met en l'esprit de suspendre son voyage au travers des voies maternelles : car c'est bien par sa volonté propre que l'enfant sort de la matrice ; les anciens rapportent descas oûla naissance fut retardée de trois ou quatre ans, parce que V enfant ne voulait pas sortir; s'il ne veut pas sortir, qui peut Vy forcer? et, sHl le veut, qui peut Ven empêchera Malgré cette conviction, le médecin essaye bien quelques remèdes pour faciliter l'accouchement, tantôt des émoUîents, tels
que les graines de l'arrow-root, le sorgho saccharin, les graines de l'hibiscus abelmoschus^ celles d'une espèce de dolichos, etc., tantôt des substances auxquelles il attribue des propriétés stimulantes, telles que les graines de balsamine, ou diverses plantes, d'action difficile à préciser, le dianthus fischeri, l'akebia quinata (clematis sinensis de Loureiro), l'aralia papyrifera, l'alisma plantage, le portulacca oleracea, etc.; il y a aussi une pierre appelée fu-sheng, qui est efficace, pour rendre plus hâtif le travail de la parturition*. Mais, quand ces moyens échouent, le praticien reste absolument désarmé.
C'est bien autre chose s'il y a présentation anormale ou rétention du placenta!
Si l'enfant vient par les bi'as, c'est qu'on a empêché son mouvement de culbute. Il faut faire coucher la femme dans son lit et l'y laisser reposer afin qu'elle reprenne des forces, et pour que l'enfant ait tout le temps de revenir sur ses pas et de modifier sa position; on doit administrer une décoction de Kamihung Kwai^ puis repousser doucement le bras vers la matrice. Après une nuit de tranquillité, donnée à la mère, Vexpulsion se fait sponlancment.
Si le placenta est retenu dans la matrice, c'est qu'on a forcé le travail avant que les articulations