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rage les unions très précoces, il n'est pas rare d'observer des accidents qui ont leur source dans l'insuffisance du développement de l'appareil utérin, du canal vulvo-périnéal et de la ceinture pelvienne.
Gomme la durée et l'heureuse issue du travail dépendent, en grande partie, de la vigueur de la constitution chez la mère, de son assuétude aux causes occasionnelles qui peuvent déterminer des complications autour d'un traumatisme, de l'assoupissement du système nerveux sous la prédominance du système nutritif, nous voyons les accouchements généralement plus faciles et leurs suites plus exemptes d'accidents, dans les races soumises aux plus dures conditions de l'existence, ou, chez les races dites civiUsées, dans les classes habituées aux durs labeurs : en Europe, les femmes de la campagne conservent souvent, avec une certaine rudesse d'allures et de formes , une grande partie de la résistance des peuples sauvages; entre les couches d'une petite maîtresse parisienne et celles d'une paysanne bretonne ou provençale, nulle comparaison à établir ; la première sera encore au lit, tout accablée de l'efibrt parturitif, que les secondes seront déjà debout, vaquant à leur ouvrage. Toutefois, les différences qu'on observe à la suite de la parturition, chez les femmes de basse et de haute culture , ne sont pas aussi considéra-
bles qu'on se Timagine généralement. Sans doute, ^ elles existeraient plus profondes, puisqu'elles doivent traduire des modalités physiques en rapport avec des états particuliers du nervosisme, si elles n'étaient compensées par les différences inverses des soins que la mère reçoit sous l'influence d'une hygiène ou rudimentaire ou déjà très avancée. Nous avons décrit les manœuvres obstétricales et les pratiques consécutives à l'accouchement en vigueur chez divers peuples, et nous n'avons pas besoin de faire ressortir quels dangers plusieurs d'entre elles peuvent entraîner pour les patientes, condamnées à les supporter. D'autre part, il n'est pas démontré que la rapidité avec laquelle les Indiennes et les négresses reprennent leurs occupations après avoir été délivrées soit sans inconvénients ultérieurs. Le prolapsus utérin est très commun dans un grand nombre dé populations où les femmes se remettent sur pied le jour même ou le lendemain de leurs couches. Aux Antilles, les médecins qui observaient au temps de l'esclavage, mentionnent cette maladie comme très fréquente parmi les négresses, en raison des travaux de force auxquels elles étaient assujetties, même après leurs couches, comme de la maladresse des femmes chargées d'aider à la parturition.
Un fait .semble établi sur une importante série d'observations : c'est la rareté relative ou même
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l'absence des accidents puerpéraux, vulgairement désignés sous le noms de fièvre ou de septicémie puerpérale, en dehors de nos sociétés européennes. C'est que l'ensemble des manifestations ainsi désigné, résulte d'influences multiples qu'on ne trouve guère réunies que dans les foyers les plus intenses des milieux civilisés. Un pareil état morbide suppose des conditions de détresse physique que le climat rend plus âpres, des conditions de détresse morale, qui ont leurs sources dans des délicatesses de sentiment, dans des besoins d'ordre supérieur, comme on n'en trouve que dans la population des grandes viUes, et, enfin, comme influence dominante, des conditions d'infection, comme il n'en peut exister que dans les agglomérations hospitalières, à peu près inconnues en dehors des pays chrétiens. Toutefois, les épidémies de fièvre puerpérale ne sont pas exclusives à l'Europe. « On a signalé la maladie en Syrie, en Palestine, en Asie Mineure. En Perse, elle est, dit-on, rarement mortelle, ce qui veut dire sans doute qu'elle est vraiment rare. Webb et Twining affirment que, dans l'Inde, les femmes des natifs en sont souvent atteintes. On manque de renseignements sur Tlndo-Ghine, cependant la fièvre puerpérale existe sporadiquement en Cochinchine, où les matrones la combattent, comme d'ailleurs tous les accidents de la
puerpéralité, par les sudations prolongées, provoquées à l'aide de brasiers ardents (J. Mahé). En Chine, la fièvre puerpérale n'est point rare; à Shangaï, elle a fourni les 15/1000 de la mortalité du dispensaire chinois. On assure qu'au Japon elle est excessivement rare, sinon tout à fait inconnue (Wernich) . On n'a pas de renseignements pour la Malaisie ; la fièvre puerpérale paraît rare en Polynésie ; elle a été récemment observée en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Tasmanie. — On trouve des épidémies de fièvre puerpérale en Egypte, mais assez rarement; elles existent,, mais rares aussi, en Algérie; on ne sait rien de ce qui les concerne pour Tunis, le Maroc et généralement toute la côte septentrionale de l'Afrique. Même manque de documents pour l'Afrique occidentale et méridionale, tandis que, dans la petite île de Sainte-Hélène, la fièvre puerpérale, réunie avec les suites de couches, a donné les 11/1000 de la mortalité. On n'a guère signalé de vraies épidémies de puerpéralité sur la côte orientale d'Afrique pas plus qu'à Madagascar, Maurice et la Réunion. Au Canada, la mortalité par suite de la fièvre puerpérale n'a pas atteint H/000, tandis que, aux Etats- Unis, elle a donné les 4/1000. Suivant Hirsch, il n'y aurait eu que 5 épidémies de cette nature à Philadelphie et 2 àNevvr-York. Plus récemment, en quatorze ans, dans la ville de New-York, elle a donné
les 5/6 de la mortalité totale (Lombard *). On ne sait rien de précis sur ce sujet ni au Mexique ni au centre -Amérique, ni aux Antilles, ni aux Guyanes. Nous savons seulement que la fièvre puerpérale n'est pa& rare au Brésil et qu'elle est signalée comme fréquente à Rio-de-Janeiro (Bourel- Roncière, 1874). Il en est de même à Montevideo où elle se rencontre principalement chez les femmes indigentes. A Lima, les suites de couches donnent les 6/1000 de la mortalité générale ; on observe aussi les conséquences graves de la puerpéralité dans les régions montueuses du Pérou et du Chili. » (Mahé^)
Les premiers soins au nouveau-né :
rallaitement et le sevrage.
A. — La section du cordon et Us premiers soins.
Chez les Néo-Galédoniens, dès que l'enfant est venu au monde, le cordon est coupé avec une coquille d'huître perlière (pintadine) ou avec une éclisse de bambou, puis noué sur lui-même et
1. Les accidents puerpéraux seraient beaucoup plus communs parmi les négreâses, aux États-Unis, que dans la même race à la côte d'Afrique.