Obs. tur le tétanot
beaucoup à craindre du paludisme, dès qu'elles deviennent enceintes. La grossesse, en modifiant les conditions habituelles de l'appareil utérin, crée dans Torgane gestateur comme un centre d'appel à l'infectieux malarien : la matrice devient le point faible j le point de moindre résistance^ sur lequel l'agent contaminateur portera ses principaux coups et il dominera d'autant plus aisément l'organisme féminin que le fliix cataménial n'est plus là pour remplir un rôle d'élimination préservatrice ou atténuatrice. Aussi les avortements ne sont-ils pas rares en localités paludéennes, et, après l'accouchement, la matrice est-elle souvent le siège de manifestations d'autant plus graves que leur nature est mainte fois méconnue ^ Ce sont là encore des faits que Bajon a très nettement observés, et nous prenons plaisir à le citer, pour montrer combien nos devanciers sont loin de mériter les dédains de notre génération. « Les femmes européennes qui arrivent grosses dans ces climats (la Guyane) ou qui le deviennent avant d'avoir essuyé la maladie du pays, doivent se ménager beaucoup plus que les autres, afin d'éviter les accidents de cette maladie, en cas qu'elle les attaque pendant la
1. A Nossi-Bé, sur une mulâtresse de Bourbon, j'ai observé des douleurs, accompagnées de fièvre et simulant un début de métrite puerpérale , trois jours après Tàccoucbement : la périodicité de ces douleurs me fit bien vile songer à l'administration du sulfate de quinine, qui mit fin à ces manifestations comme par enchantement.
grossesse. Ordinairement, les femmes qui sont dans cet état se portent bien pendant les premiers mois, et souvent la maladie se déclare vers le septième, le huitième ou le neuvième mois; alors l'accouchement a toujours lieu pendant ces iBèvres, et pourvu qull n'arrive pas avant le septième, l'enfant vit presque toujours. . . Il arrive souvent que les femmes accouchent pendant qu'elles sont malades de quelque fièvre aiguë, ou bien que ces fièvres se déclarent peu de temps après l'accouchement ; ce cas est souvent suivi d'accidents très graves, et il exige la plus grande attention de la part du médecin. C'est ordinairement le cinquième ou le septième jour de ces fièvres que l'accouchement arrive , et, sitôt qu'il est terminé, la fièvre et ses symptômes se calment entièrement, un ou deux jours après. Les personnes qui ne sont pas bien au fait croient que, dans cecas^ la fièvre et ses symptômes ne sont que suspendus, de sorte que, le troisième jour au plus tard. Tune et les autres reparaissaient avec beaucoup plus de violence qu'auparavant. La peau de la malade est ordinairement sèche et brûlante, le délire est presque continuel, le ventre est dur et tendu, les évacuations de la matrice se suppriment totalement, etc. » La médication doit consister dans l'emploi de l'émétique en lavage, de laxatifs légers, de diurétiques, de fébrifuges, et surtout du quinquina. —
Au moment de leurs couches, et en raison des conditions de réceptivité que détermine chez elles le traumatisme utérin, les femmes n'ont pas seulement à craindre l'imprégnation malarienne ; elles acquièrent une susceptibilité plus grande vis-à-vis de tous les infectieux ; aussi sont-elles particulièrement atteintes au cours des épidémies amariles et cholériques, ou par l'endémie dysentérique ; à Pondichéry, « une affection redoutable, qui fait l'effroi des natives, est une sorte de diarrhée chronique appelée crânien qui suit l'accouchement et se termine le plus souvent par la mort. » (Huillet *.)
Le mal-cœur ou mal d'estomac, que l'on tend aujourd'hui àrattacher au parasitisme de l'ankylostome duodénal, serait commun chez les femmes de race noire, à la suite de leurs couches, lorsque les lochies viennent à se supprimer (Dazille ».)
Les femmes supportent d'autant mieux l'acte parluritif, qu'elles l'accomplissent à une période de leur existence où l'appareil générateur est en meilleur état de fonctionnalité. Chez nous un grand nombre de couches ont des conséquences fâcheuses parce que la grossesse est survenue trop tardivement, et met en jeu des organes déjà en imminence de rétrogradation. Chez les Hindous, chez les peuples musulmans, où la loi tolère ou encou-