‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 64 sur 107 · Corn, orale · texte numérisé non relu

Corn, orale

domestiques les empêchent souvent de les alimenter d'une manière régulière, et elles chargent temporairement de ce soin une voisine ou une amie. De cette façon , le jeune indigène se trouve avoir sucé le lait de plusieurs femmes du douair, et il n'en appartient que plus complètement, il n'en reste que plus attaché à sa tribu natale. La durée de deux ans et deux ou trois mois est le temps pendant lequel Venfant se 7iourrit d'abord exclusivement de lait; à cette limite^ il ne peut pas encore s' en passer entièrement (Si Khelil). La misère, la privation des choses nécessaires à la vie, qui pèsent si lourdement sur la population arabe, expliquent sans doute la longue durée de l'allaitement. L'ignorance des remèdes propres à guérir les nombreuses indigestions qui attaquent les jeunes enfants, presque tous élevés dans les conditions d'insalubrité et de malpropreté les plus graves, peut également faire penser aux mères, comme aux législateurs, que le lait est, sinon l'unique, du moins le meilleur moyen de calmer les souffrances de ces petits êtres. Mais les femmes arabes ne réfléchissent guère qu'un peu de bouillie avec de la farine serait moins nuisible aux nourrissons qu'un lait si souvent altéré dans sa qualité et sa quantité par les pénibles corvées domestiques et la satisfaction des brutales passions d'un mari despote. L'insufiBsance nutritive de ce lait.

appauvri par tant de causes, a sa large part dans la pathologie et la mortalité de la première enfance, et doit singulièrement, parla faiblesse organique qu'il entraîne, aider au développement des maladies héréditaires. Et, d'autre part, cette lactation prolongée sans motifs, pratiquée sans principes de modération, selon les caprices de l'enfent et les exigences de la condition sociale de la femme, ne sera pas sans action pernicieuse sur la santé de celle-ci, qui ne prend du reste aucune précaution pour elle-même à Fépoque du sevrage. Il faut aussi tenir compte de l'influence d'un aussi mauvais allaitement sur les suites de Faccoudiement; beaucoup d'affections de matrice , d'hémorrhagies utérines n'ont point d'autre origine. — Si le nouveau-né est tourmenté de coliques trop fortes, on le gorge d'huile, ou bien on lui &it prendre le sein d'une voisine. On comprend qu'avec de semblables remèdes l'intestin se débarrasse difScilement du méconium. Si, dans les premiers mois de la vie, le nourrisson ne rechercht* pas volontiers le sein, on le purge, en lui administrant de la résine de hantit (ferula assa-foetida' gros comme un grain de blé. — Les femmes arabes ont une médiocre quantité de lait. Pour en ranimer ou stimuler la sécrétion , elles frictionneni les mamelles avec de l'huile bien fraîche ; elles boivent le matin du suc de laitue, dans lequel on

a pilé du bois de noisetier et desfeuilles de ronce... — Dans le Sahara, on sèvre beaucoup plus tôt que dans le Tell. En général, pour déshabituer l'enfant de la mamelle, on lui fait boire un mélange d'huile et de miel. Il en résulte une diarrhée, qui a rinconvénient de beaucoup Taffaiblir. » (Berth *.) — Moins sages que les nègres africains, les Arabes ne se privent pas de rapprochements sexuels avec leurs femmes en cours d'allaitement. Le* Prophète cependant,' sans défendre exgressément ces rapprochements, a laissé entrevoir qu'ils n'étaient pas sans inconvénients pour le nourrisson *. — La loi rend Tallaitement obligatoire pour la mère, même après répudiation du mari, excepté dans le cas de maladie ou d'insuffisance de lait ; mais elle est peu équitable, en obligeant la femme incapable d'allaiter de prendre une nourrice sans qu'elle ait rien à réclamer en retour du père de l'enfant '.

La durée et les modes de l'allaitement sont très variables dans les sociétés de civilisation européenne. Sans même sortir de France, on constaterait, à ce sujet, des différences considérables (de Quatrefages). Toutefois, là où s'impose l'autorité médicale, on préfère l'allaitement direct, par la

mère ou par une nourrice, et il est d'habitude de ne pas sevrer l'enfant avant la sortie des dents canines, afin de ne pas ajouter aux dangers d'une éruption souvent pénible ceux d'un changement dans l'alimentation *.

« Il est évident que, dans les modalités si diverses de l'allaitement, les mœurs, les habitudes, etc., jouent un rôle prépondérant, et que la question des races n'intervient que dans une mesure inappréciable. » (De Quatrefages) '.

LES CARACTERES PHYSIQUES DU NOUVEAU-NE; SES DÉVELOPPEMENTS PROGRESSIFS ; DÉFORMATIONS ET MUTILATIONS ETHNIQUES PRATIQUÉES SUR l'eN- FANT; MALADIES INFANTILES.

A. — Caractères physiques du nouveau-né^ développements progressifs^.

A la naissance, l'enfant pèse de 3 à 4 kilos, et a 50 centimètres de long. — La tête représente le quart de la totalité du corps. — Le crâne, aban-

1. En Basse-Bretagrne, on sèvre les en&nta au bout de la pre> mière année ; mais dès le troisième mois, on leur donne des bouillies ou d'autres aliments plus solides.

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