‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 77 sur 107 · Mal. %n · texte numérisé non relu

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démies. » (Griesinger *.) Dans les régions où le choléra existe à Tétat endémique, comme dans rinde et Tlndo-Chine, les enfants semblent posséder une susceptibilité toute particulière du ventre, qui n'aboutit pas ordinairement auxformes franches du choléra, mais s'accuse par la fréquence et les modalités de Taffection diarrhéique. Cette prédisposition n'est d'ailleurs observée que parmi les races indigènes; car à côté d'elles, et à tout âge, les Européens conservent une incontestable immunité, en dehors des périodes épidémiques.

V infection paludéenne ne respecte aucun âge; l'enfance et la jeunesse y sont essentiellement disposées. Dans les pays chauds, les races qui sont le plus réfractaires à la malaria, à partir de l'âge adulte, n'échappent pas à ses manifestations, pendant les premières périodes de l'existence; chez l'enfant nègre, l'impaludation est la cause, plus ou moins latente, de maintes affections graves; c'est elle qui détermine le plus souvent l'anémie précoce, avec amaigrissement du corps et développement considérable du ventre, et qui contribue souvent au développement de la scrofule.

La susceptibilité du jeune âge apparaît surtout manifeste dans les fièvres éruptives.

La variole est, dans toutes les races, une des maladies le plus redoutables pour l'enfant. En

Europe, et dans les pays de civilisation européenne, la vaccination s'oppose à son extension, écarte ses atteintes ou amortit leurs coups. Mais, chez les nations incivilisées ou dédaigneuses de Tinoculation vaccinale, la maladie décime les sujets adultes et enlève un nombre effrayant de jeunes sujets; elle a contribué, pour la plus large part, à la disparition de certaines tribus américaines; elle contribue à la diminution chaque jour plus grande des Indiens de TAmérique du Nord et des races océaniennes ; elle fait un nombre incalculable de victimes sur toute l'étendue du continent africain, dans l'Arabie, dans la Perse, jusque dans l'Inde, rindo-Chine, la Chine et le Japon. Plusieurs peuples la combattent par l'inoculation préventive du pus variolique. Nous avons eu l'occasion d'observer cette pratique à la côte occidentale d'Afrique, et de constater, non sans un étonnement profond, qu'à côte d'insuccès désastreux, faciles à prévoir, elle ne donnait parfois naissance qu'à un bouton isolé, au niveau de la piqûre, ou à une éruption discrète, et conférait ainsi l'immunité sans entraîner plus de dangers que l'inoculation vaccinale. Mais ce sont là des résultats trop exceptionnels pour qu'ils justifient l'emploi de l'inoculation variolique de préférence à celle-ci. « L'inoculation variolique, dit Bertherand, qui paraît être une pratique très ancienne chez les peuples orientaux, et que l'on

prétend avoir été introduite au xvi® siècle à Constantinople , par des voyageurs témoins de ses bienfaits, en Asie, consiste, lorsque des cas de variole se manifestent dans une localité, à profiter de l'état de maturité des boutons, à les crever ou à les inciser; on récolte le pus sur un chiffon, sur une touffe de laine, et on en frotte quelques-instants une incision préalablement pratiquée sur le jeune sujet que Ton veut préserver de la maladie. L'endroit où Ton fait cette petite plaie, qui recevra le virus, varie beaucoup : chez les uns, c'est la face dorsale de la main, à la base du pouce; chez les Maures, c'est la partie postérieure du lobule de l'oreille; chez d'autres, le pli du coude, ou bien la région supérieure du bras, sur le deltoïde, soit encore la région scapulaire, soit la face interne de la cuisse. Le plus généralement, dans l'Atlas, comme dans la plaine et le Sahara (d'Algérie), on incise entre le médius et l'index, presque entre les deux métacarpiens, à la face dorsale de la main gauche. Les frictions avec le chiffon imprégné de virus varioleux se répètent ordinairement le troisième jour.... Dans le Sahara, il existe, touchant le succès de l'opération, un pronostic superstitieux. On donne des pois à l'enfant malade, et on l'engage à en offrir à l'enfant inoculé. Celui-ci aura un nombre de boutons correspondant au nombre de pois que le malade lui aura donné (Prax). A Tripoli

de Barbarie, rincision est faite sur le dos du carpe^ entre l'indicateur et le pouce. Dans les Indes orientales, c'est sur le bras, préalablement Ijien frictionné, bien échauffé par des manipulations actives, que l'on applique le coton imbibé de liquide varioleux. En Arabie, le virus, dont on fait un débit ou commerce public, s'inocule au moyen d'une aiguille ordinaire. En Géorgie, le sang qui résulte des piqûres multiples du corps, par ce même moyen, est mélangé sur place avec le pus varioleux, et on se contente de recouvrir exactement les petites plaies. En Grèce, les piqûres se pratiquent en croix, sur la figure (front, joues, menton). En Ecosse, on écorche légèrement la peau du poignet par des frictions prolongées, et l'on entoure l'articulation radio-carpienne de fils trempés dans le virus varioleux. En Chine, le liquide infectieux est directement appliqué sur la muqueuse nasale i, à l'aide des croûtes mêmes des pustules, ou d'un petit tampon de linge baigné dans leur contenu , etc. La généralisation de cette pratique de l'inoculation résulte de l'observation faite chez un grand nombre de nations, à savoir que la variole inoculée a toujours moins de gravité que la variole spontanée; les Arabes y voient un avantage particulier : c'est qu'elle s'accompagne de pustules moins nombreuses, dans

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