‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 79 sur 107 · J. Pope Hennessey, Gaz. hebd., 2 décembre · texte numérisé non relu

J. Pope Hennessey, Gaz. hebd., 2 décembre

2. L'introduction de la vaccination en Ânnam est due à l'initiative de M. l'amiral Lafont, gouverneur de notre colonie, et de M. Lacroix, médecin en chef. Le service d'inoculation a été organisé en 1878 ; il est confié, dans les villes et dans les principaux postes, à un médecin sédentaire ; en outre, un médecin de première classe est toujours en tournée dans les provinces, où il vaccine, deux ou trois fois, chaque année, en des centres déterminés à l'avance, et qu'il peut d'ailleurs modifier selon les exigences de la population. M. le D' Ghédan, le premier vaccinateur ambulant, a eu le grand mérite d'imprimer du premier coup, à un service des plus difficiles, le fonctionnement qu'il a conservé depuis: en neuf mois, il réussit à vacciner près de 10 000 sujets; M. L'He]gouach,dans les six mois qui suivirent, en vaccina 14000, et noos-même, en moins de deux mois, pratiquâmes 7000 inoculations ; en deux ans, M. Vantalon a atteint le chiffre de 50 000 {Rapport, Saïgon, 1881). M. le gouverneur Le Myre de Villers a donné la plus large impulsion à la vaccination des indigènes.

très limités ; cependiaiit on est parvenu à vacciner avec quelque régularité la populaûon noire , à Saint-Louis, Dakar et Gorée. A Boké, dans le courant d'une année, nous n'avons pu réussir à inoculer qu'une dizaine de sujets, et avec une incroyable peine; nous devons avouer que le peu de succès de nos inoculations, pratiquées avec du vaccin en tube expédié de France, ne fut pas encourageant pour les indigènes, qui comparaient entre eux leurs résultats négatifs avec les belles poussées de boutons que leur donnait l'inoculation variolique... l'idée ne leur venait pas d'incriminer celle-ci quand la variole emportait les patients! En Algérie, l'établissement d'un service de vaccination a été l'une des premières préoccupations de l'autorité militaire. L'inoculation se heurta tout d'abord à des difficultés inouïes, c Les Arabes s'écriaient ici que la vaccine ne servait qu'à marquer leurs enfants, là refusaient ouvertement de répondre aux propositions réitérées d'inoculations préservatrices; d'un autre côté, ils redoutaient une opération qui leur paraissait destinée à imprimer le chiffre des conquérants, en traits indélébiles, sur leurs jeunes enfants ; les uns envoyaient leurs kaïds protester et déclarer qu'ils jetteraient plutôt leurs enfants à la mer que de leur laisser imposer un signe dont le but était de les reconnaître un jour, de les enlever aux familles et les

forcer au baptême chrétien; d'autres faisaient courir le bruit qu'on voulait marquer les enfants pour la conscription; ceux-ci repoussaient avec horreur le mélange du sang arabe et du sang chrétien; ceux-là disaient qu'un remède puisé chez l'homme, chez un musulman surtout, devait être plus salutaire que celui que fournit un pauvre animal, tel que la vache, etc. Bref, la population arabe se montrait partout énergiquement réfractaire à la vaccination *... » Aujourd'hui, les choses ont bien changé, et la vaccination est devenue une pratique courante dans le monde indigène. — Il est intéressant d'étudier comment le boutou vaccinal évolue, chez l'enfant, dans les diverses races et dans les différents climats. L'influence ethnique nous a paru peu appréciable : malgré les variations de densité que présente la peau dans les races, la pustule se développe chez toutes de la même manière, quand elles sont soumises à des influences climatériques identiques. Cependant quelques médecins ont cru remarquer que [es boutons acquéraient moins de volume chez le aègre que chez le blanc, et Ghédan a fait une observation semblable chez l'Annamite^. Les conditions climatiques entraînent des modalités plus appréciables dans le développement des pustules. Les

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