Empoisonnements par les nùgres^ I8i4, 9S
jouteille de sirop, et faites cuire jusqu'à consistance sirupeuse.
Le taenia inerme^ en Algérie, en Sénégambie, en [ndo-Chine, en Nouvelle-Calédonie, etc., s'observe Aez les enfants de toutes races, dès qu'ils font iisage de la nourriture et des boissons communes. Ghaque pays a ses remèdes particuliers pour L'expulsion du parasite; mais aucun ne vaut le kousso; toutefois, chez les enfants, l'on est souvent forcé de renoncer à celui-ci; on emploiera alors avec avantage l'émulsion de graines de (îourge, d'administration facile et d'efiBcacité généralement suffisante.
Vinfection bilharzique (filaire du sang), principalement sous sa forme vésicale (hémato-chylurie), s'observe avec une fréquence variable dans les zones intertropicale et subtropicale, sur les Européens, sur les créoles et sur les nègres; elle se manifeste à tout âge; mais, d'après plusieurs médecins, elle serait surtout commune chez les enfants 1.
4*» Maladies des organes digestifs. — Parlons tout l'abord des hernies de Tombilic, qu'on rencontre îhez l'enfant. La hernie ombilicale est d'une extravrdinaire fréquence chez les nouveau-nés de race %ègre; elle n'existe pas toujours au moment de la missance; mais elle apparaît à une époque ordinai-
1 . J. Crevaux, De Vhémahirie chyleuse des pays chauds, Paris, 1872.
rement très rapprochée de la naissance; on ne la rencontre jamais au même degré de fréquence dans les autres races, même dans celles où le cordon subit les mêmes tiraillements, les mêm^s pratiques de torsion que chez lenègre. Dans ces conditions, comment convient-il d'interpréter la hernie ombilicale observée chez le négrillon ? Est-ce l'omphalocèle congénitale ou l'exomphale accidentelle des auteurs? La première existe nécessairement au moment même de la naissance : c'est la persistance d'un état embryonnaire ; la tumeur offre un sac formé par le péritoine et les enveloppes du cordon, sac largement ouvert au niveau de l'ombilic et renfermant une portion d'intestin entre les artères et la veine. L'exomphale accidentelle se produit après la naissance; la tumeur a pour sac le péritoine aminci, adhérent au pourtour de l'anneau ; la séreuse n'a pu accompagner les viscères qu'en subissant une distension; elle est doublée par le tissu cellulaire sous-cutané et par la peau, souvent déplissée au niveau de la cicatrice ; au pourtour, elle présente un épaississement (collet); l'anse intestinale déplacée refoule en bas les artères et la veine. La hernie congénitale est la conséquence d'une disposition vicieuse de l'anneau, qui demeure trop béant; la hernie accidentelle, celle d'une simple insuffisance dans la constriction sphinctérienne qui doit s'opposer aux déplacements de l'intestin, sous les efforts divers,
et notamment pendant le cri, jusqu'à ce que la cicatrice ait acquis toute sa solidité. La tumeur, n'existant pas habituellement chez l'enfant au moment même de la naissance, n'est pas une omphalocèle congénitale; c'est une exomphale, une hernie accidentelle, qui s'est produite sous l'influence des cris ou de certains mouvements, parce que la résistance aux pressions de la masse intestinale n'était pas ce qu'elle aurait dû être à l'anneau. Mais pourquoi cet accident est-il aussi fréquent dans la race nègre? S'il ne reconnaissait pour cause que le défaut de soin apporté dans la ligature et la division du cordon, l'excessive longueur laissée à celui-ci, comme le prétend de Rochebrune, on l'observerait avec la même fréquence en bien d'autres races, qui n'apportent pas plus de précautions dans leurs manœuvres ; on cesserait aussi de l'observer dans les pays où l'influence européenne modifie les pratiques en usage parmi les Africains; cependant, aux Antilles, au Darien, la hernie ombilicale est très commune chez les petits noirs *. Si donc la tumeur est partout aussi fréquente chez le nègre, c'est que, sans doute, il existe, en cette race, une certaine particularité dans la structure de l'anneau, qu'il importerait
1. La pratique des Gabonais, que nous avons rapportée d'après le 13' Huard, suppose une section du cordon à une courte distance de l'anneau, et cependant, parmi ces peuples nègres, la hernie ombilicale des petits enfants est remarquablement commune.
de rechercher. Nous pensons qu'une dissection attentive de l'anneau conduira peut-être à reconnaître, dans la race noire, un moindre développement des fibres musculaires lisses signalées par Richet*, et qui limitent intérieurement Touverture ombilicale. Ainsi l'on s'expliquerait la lenteur de l'inclusion de cette ouverture, l'in suffisance du resserrement sphinctérien dans les premiers jours qui suivent la naissance, alors que la cicatrice est encore trop faible pour résister par elle-même à tout effort un peu violent, et aussi la guérison des hernies rapidement réduites et convenablement contenues pendant le temps nécessaire à l'organisation de cette cicatrice. Mais, ordinairement, les nègres ne prennent aucun souci de semblables tumeurs, et elles persistent avec tous les caractères qu'a retracés de Rochebrune. « La hernie finit par acquérir une forme et un volume comparables à une forte poire non pédiculée. La tumeur est dure, résistante, à parois fibreuses épaisses... Une fois constituée, elle ne disparaît jamais ; l'enfant qui en est porteur la gardera toute sa vie, quel qu'en soit le terme. Chez l'homme, elle est souvent volumineuse {moyenne : hauteur totale, m. 051; diamètre à la base, 0,042; diamètre au sommet, 0,018); chez la femme, elle l'est toujours sans exception (moyenne : hauteur totale, 0,064;