Guide médical des Antilles
une habitation, située dans un lieu bas et protégé du côté de la mer par un bois de haute futaie, n'offrait aucun cas de tétanos parmi les douze ou quinze enfants qui y naissaient chaque année : le^ bois est abattu, et, à partir de ce moment, presque tous les nouveau-nés sont emportés par la maladie. Baj on ajoute que « les Indiens ne perdent jamais aucun enfant du mal de mâchoire ^ parce qulls leur oignent le corps, pendant les neuf premiers jours après leur naissance, avec une substance grasse et huileuse, qui les met à l'abri des impressions de l'air; dans les mêmes vues, dès qu'ils ont fait la section de rombilie,ils apphquent sur les vaisseaux coupés un emplâtre agglutinatif. »- Dazille reconnaît pour causes habituelles la suppression de la transpiration, le froid et l'humidité; il incrimine la mauvaise entente des habitations, ouvertes par mille fissures à la pluie et au vent, ledéfaut de vestiture, le coucher sur des jiattes minces et reposant directement sur le sol. Quanta l'influence de la section du cordon, il pense qu'on Tar exagérée; il raconte qu'on cherche à prévenir le tétanos en dégorgeant la portion restante du cordon, au moyen de mouchelures ou de scarificationsfaites avec une épingle, pour faciliter la dessiccation. Dazille semble ajouter foi à la production du tétanos par les manœuvres criminelles de « nègres nervers » , désireux de ruiner leurs maîtres en di-
lainuant le nombre de leurs esclaves. (Aux Antilles, on ne manquait jamais autrefois et beaucoup de créoles ne manquent jamais encore aujourd'hui, d'attribuer à quelques méfaits du nègre vindicatif les maladies le plus redoutées et d'étiologie le plus obscure!) Ailleurs, le même auteur fait observer que le tétanos est rare parmi les enfants Wancs,« parce qu'on en a inflaimeut plus de soin que des enfants nègres * ... » — « Le mal de mâchoire se déclare aux enfants nouveau-nés avant le cinquième jour , dit Bajon; après ce temps, ils n'y sont plus sujets ou du moins cette maladie devient très-rare. Les premiers signes qui l'annoncent sont des cris continuels ; l'enfant prend et quitte le téton de sa nou^ l'ice ; bientôt on s'aperçoit que la mâchoire inférieure commence à se raidir et à s'approcher de la supérieure ; les mouvements de la langue deviennent de plus en plus diflSciles \ les cris et les pleurs diminuent^ etl'enfant n'en fait plus entendre que par intervalles-, les muscles du cou et de toute l'épine se raidissent d'une force extrême... la succion et la déglutition deviennent impossibles, etc. » La mort arrive dès le premier jour, au cinquième, au huitième, au ilixième quelquefois. Plus la maladie se déclare à une époque rapprochée du neuvième jour, plus son évolution est lente et sa durée longue. Plus tardS