‹ La Mère-institutriceChapitre 108 sur 224 · DE M. A. BONVALOT · texte numérisé non relu

DE M. A. BONVALOT

TW^ 'iVëù^lesViiciHfeb, de Vos Bourgs ," de vos villes',' Ah ! quittez un moment les ténébreux asiles ; A la nature enfin donnez quelques regards. Quoi ! quitter 'es palais, ces chefs-d'œuvre, ces arts, Pour quoi ! pour admirer des vers , de vils insectes! PiTisscul il jauiais ces peuplades abjecte*!

—Des sciences , des arts ; nobles présents des cieux,

Qui vous a révélé les germes précieux.'

Les fleurs, les animaux, les insectes eux-mêmes;

Sans eux,pournous encor,ils seraient des problème».

Vous vantez vos cités , vos superbes remparts,

Et daus les bois eucor, que de peuples épars ! j

Nus, pauvres , languissants, ainsi que vos ancêtres, Ils n'ont pour tout abri que des rochers, des hêtres ; De reptiles hideux font leurs seuls aliments; Sujets à mille maux , souffrant mille tourments , L'un contre l'autre armé, se déclarent la guerre, Errent dans les forêts et dépeuplent la terre. Tandis que, dès longtemps par amour et par choix Voyez que d'animaux se sont donné des lois! La fourmi, le castor, la diligente abeille. D'empires bien réglés vous offrent des merveilles , Que de fois avez- vous chassé vos potentats, Bouleversé les mœurs, colonnes des états! Et ces doux animaux, à leur instinct fidèles, Au sentier du devoir vous servent de modèles. Le nautique avant vous savait l'art des nochers. Le lepas fait le vide, et s'attache aux rochers. Armé du soc tranchant dont sa tête est pourvue, L'heurewx rhinocéros connaissait la charrue; Il labourait la terre avant que vos guérets^ Se couvrissent de l'or que moissonne Cérès. Le cygne harmonieux et le canard sauvage Volent au fond du nord , au plus lointain rivage , Sans carte , sans boussole , y trouvent les roseaux Qui naguère ombrageaient leurs fragiles berceaux. Vous n'aviez pas tenté de sillonner les ondes; Et déjà mille oiseaux, sur leurs plaines profondes, A vos yeux confondus , dirigeaient sans dangers , Rois des airs et des eaux , leurs navires légers, Dirai-je le lent-zé qui pèche pour son maître.' Le chien ou le faucon , plus étonnant peut-être ! Chaque climat nourrit des oiseaux bienfaiteurs.

L'agami vigilant, modèle des pasteurs,

Au malin dans les champs conduit les bergeries.

Et le soir les ramène aux éiables chéries.

Avant TOUS, les fourmisontnourri des troupeaux;

Sous des toits prolecteurs assuré leur repos; Construit , édifié des villes souterraines ; Et jamais de l'état n'ensanglantent les rênes. Tout vous sert de leçons. Que d'arbres, que de fleurs Ont instruit dans leur art vos aveugles chasseurs !

Le palmier, dont la tête au sein des airs rayonne , Aux temples de vos dieux a fourni leur colonne. Et leur colonne encor, du roi des végétaux Emprunte aux bords du Nil ses nobles chapiteaux ; Les antres, les forêts , filles de la nature. M'offrent partout les plans de votre architecture. L'araigné lance un fil, et sur ce pont léger Porte ailleurs ses foyers , fuit au loin le danger ; Et sur ce pont encor, la frêle cochenille Pour le napal voisin embarque sa famille.

Humains, convenez-en, voilà vos précepteurs;

Et la gloire toujours est due aux inventeurs.

Les arts dont votre esprit réclame l'apanage

Sont de ces animaux l'industrieux ouvrage.

Ils vous ont tous instruits, et la plupart d"entre eux

Vous ont , n'en doutez pas, laissés loin derrière eux .

Dites à cet orgueil oii vous êtes en proie.

De produire la perle , ou de filer la soie ,

De bâtir des palais et des cellules d'or ,

Et d'y couler à flot un liquide trésor. . .

Quel ordre merveilleux dans chaque république!

Oh! comme à ses devoirs tout citoyen s'applique!

Mais seuls, ou rassemblés, leurs ruses et leurs mœurs.

Leurs amours, leurstravaux,leurspiquanleshumeurs

Chez eux , comme chez nous, révèlent la présence

D'un rayon émané de la divine essence. , f

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