‹ La Mère-institutriceChapitre 118 sur 224 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Un scorpion , redoutable par son venin autan': que par son mauvais naturel, entreprit un voyage. Arrivé sur le bord d'un large fleuve, il s'arrêtii incertain, ne pouvant pas le traverser, et, d'un autre côté, n'ayant aucune envie de retourner sur ses pas. Une tortue, compatissant à l'embarras du scorpion, le prit sur son dos,, entra dans le fleuve et nagea vers l'autre bord. Dans le trajet, la tortue entendit du bruit; il lui sembla que le scorpion frappait sur son écaille. «D'où vient ce bruit? » dit-elle à son compagnon. « Ce que tu entends, répon-

dit celui-ci , est le son de mon dard, que je m'efforce d'introduire dans ton écaille. Je sais fort bien que je ne réussirai pas , mais je ne puis désobéir à mon instinct, i^ La tortue , voyant la perversité du scorpion, dit : « Je n'ai rien de mieux à faire que de délivrer ce méchant de sa propre malice, et de mettre les bons à l'abri de ses atteintes. « En disant ces mots elle plonge, et un flot entraîne le scorpion dans l'abîme.

Page 1