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Comment se /ait la preuve de cette opération

GÉOGRAPHIE

Les possessions russes dans le Grand- Occau boréal ne sont guère connues en Europe que comme l'objet d'un décret fameux entre ses fastes. Mais depuis que les czars se sont attribué l'empire de la mer à cent lieues des côtes et des îles dépendant de ces possessions, leurs démêlés avec l'Angleierre, battue par ses propres armes, leurs intimités avec la fédération américaine, ont apj)elé l'attention publique sur deux colonies qui d'un côté touchent au Japon et de l'autre s'adossent aux Etats-Unis.

Ce ne fut que bien longtemps après la conquête du Karaschatka que les navigateurs russes découvrirent les îles Kouriles. C'est dans la seconde moitié du dix-huitième siècle seulement que les czars envoyèrent former des établissements dans les îles Oloutorski , OleoulsAi , et autres, vues auparavant par Bering ou Tchirikow, comme sur le continent nord-occideutal de

l'Amérique, dont les Russes se flattent d'avoir eu les premières connaissances. Une compagnie pour l'exploitation du commerce rie s'organisa qu'en 1764; et déjà ce commerce monte à des millions de roubles et emploie de nombreux bâtiments; déjà les négociants anglais qui en sont exclus en font la contrebande, et les Américains font de leur participation l'objet d'un traité particulier qu'ils travaillent à conclure avec l'empereur Nicolas.

Les îles Kouriles, qui touchent au Japon et dont quelques-unes même lui appartiennent encore, dépendent du gouvernement russe du Kamschatka; mais l'archipel des Aléutiennes, qui s'étend de l'est à l'ouest entre le Grand -Océan boréal et la mer de Bering, dépend delà Nouvelle- Archangel, chef-lieu de toutes les possessions insulaires ou de terre ferme, y compris l'établissement dans la Nouvelle-Californie, les petits

archipels de Georges et de Galles , les îles d'Yorck, de Kodiak, etc., qui bordent le continent; et celle de Nonniwock qui est précisément sous le 60" degré de latitude septentrionale.

Depuis l'expédition du Rurik commandé par le capitaine Kotzbue, qui a donné son nom à une vaste baie traversée par le cercle polaire, la marine impériale a souvent exploré ces parages par ordre du gouvernement. Presque chaque année, il part de la Baltique quelques navires de guerre montés comme il convienti pour prêter main forte aux gouverneurs et compagnies russes et pour faire les observations scientifiques les plus utiles. Mais le cabinet de Saint-Pétersbourg ne laisse pas pénétrer le résultat de ces travaux , et en général on ne sait que ce qu'il croit n'intéresser ni la navigation ni le commerce. Les relations officielles, quand il en publie, sont rédigées dans ce sens.

La Nouvelle- Archangel a été bâtie dans l'île de Sitka, séparée du continent par un petit canal. C'est peu de chose, quoiqu'il y ait un bon mouillage, parce que le principal établissement commercial est dans Tile de Rodiak, plus considérable par ellemême, plus rapprochée des Aléutiennes, du golfe Cook et de deux péninsules importantes.

On calcule que la population totale des habitants indigènes est actuellement d'une soixantaine de raille âmes, l^es Russes, Si-

bériens ou Kamschadales établis ne sont pas plus de deux mille cinq cents. Il y a quelques centaines de soldats et dix ou douze petits bâtiments armés. Ainsi c'est à peu de frais que la Russie exploite daiB&, tout ce pays un très riche trafic de pelleteries, et assure sa domination.

La plupart des insulaires parlent maintenant la langue russe; les Rodiakes moatrent plus d'aptitude à la civilisation que les Aléutiens dont les mœurs ont beaucoup de ressemblance avec celles des Esquimaux. Le froid les affecte peu et leurs bains ne cessent que lorsqu'il descend au-dessous de cinq degrés. Ils ont presque tous plusieurs femmes. Les côtes du continent paraissent être moins habitées et moins habitables que les îles, malgré les ouragans terribles qui les dévastent , ce qui provient sans doute des neiges accumulées dans les montagnes de ces côtes. Du reste , les pins abondent presque partout, ainsi que les racines; mais il y a peu de pâturages , ce qui ne permet pas d'élever de bétail. Les habitants trouvent une ressource dans l'immense quantité d'oiseaux de mer qui s'abat sur leurs bords. Les phoques, les loutres, les castors abondent; les renards sont devenus rares. Il y a des martres zibelines , quelques ours et quelques rennes. On assure que les baleines fréquentent beaucoup ces parages; mais en vertu de l'ukase dont nous avons parlé, il n'est pas permis aux baleiniers européens d'en approcher.

COUP D'OEIL

SUR L^HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE

COURS SUPÉRIEURS

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