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LANGUES, de Ungua, langue, principal organe d( î la parole. Termes et façons de parler de chaque peuple; science des langues, ou phylologie et linguistique. A cette science a j)partient aussi l'idiomographie, de ioiojaa ( idiôma), propriété d'une langue, et de 7p« ia>w (graphô), décrire. [Foy. Grammaire. )
Une langue est la forme apparente et visible, de l'esprit d'un peuple, le véritable trait ca ractéristique qui distingue une nation d' une autre, caractère qui ne disparaît pr esque jamais en entier.
M. . Adrien Balbi, dans son Jtlas ethnographi que du globe, ou classification des peupl' >s anciens et modernes, d'après leurs langu es (i vol. in-fol.), désigne sous le nom de souche ou famille ethnographique un { groupe de langues qui offrent entre elles une grande analogie , et sons celui de
dialectes, des manières différentes de prononcer une langue.
D'après ce savant géographe, toutes les langues connues peuvent se diviser en cinq classes, savoir :
Langues asiatiques , subdivisées en familles des langues sémitiques, l'arabe, l'hébreu, etc.; langues de la religion caucasienne , le géorgien , l'arménien , etc. ; PERSANES, le zeud, le parsi, le persan, etc.; indiennes, le sanskrit, l'hindoustani, etc^ ; langues de la région transgangétique y le thibétain, etc.; langue chinoise, langue japonaise , langue tartare , le turc, le tartare, etc. ; langues de la région sibérienne y etc.
Langues européennes, subdiviâécs en six familles, la Lasque ou ibérienne, la celtique, la thraço-pélasgique ou greco-latine, l'albanais, l'étrusque, le grec, le latin, le roman, l'italien, le français, l'espîignol, le portugais, etc.; la germanique^ le haut allemand ancien, l'allemand, le néerlandais, le suédois, le danois, l'anglais, etc. ; la slave, l'illyrien, le russe, le polonais, e te. ; \'ouralienne, le linois, le lapon, le ^hongrois, etc.
Langues africaines, subdivisées . en cinq groupes : langues de la région du Nil, l'égyptien, le cophte, etc.; langues cle la famille atlantique ; langues de la Nigritie maritime^ langues de V Afrique ai islrale ; langues de la ISigritie intérieure.
Langues océaniennes, subdivisées en famille des laugues malaises , le java, le taïtien, le sandwich, le madécasse, etc. ; langues des peuples océaniens et d' autres peuples.
Langues américaines, subdiviséesen onze groupes : langues de la région aiatn de de V Amérique méridionale ; langues de l.a région péruvienne ; langues de la !•■ égion guarani-brésilienne; langues de la ré gion orénoco-amazone ; langues de la. régio, n de Guatemala ou Guatiinala; lan'giies du ^ ■?/«tc<iu du Mexique; langues du platcaji Ct vi-
région missoari-colomhienne ; langues de la région alléghanique et des lacs; langues de la côte occidentale de V Amérique du Nord; langues de la région boréale de l'Amérique du Nord.
On compte aujourd'hui sur le globe plus de trois mille langues, rentrant pour la plupart dans l'une des grandes divisions que nous venons d'indiquer.
Parmi ce nombre prodigieux d'idiomes, quinze sont parlés ou compris par un plus grand nombre d'individus, ou bien étendent leur empire sur un plus grand nombre de pays. Parmi ces idiomes, six appartiennent à l'Asie, savoir : le chinois, l'arabe, le turc, le persan, l'hébreu et le sanskrit; huit à l'Europe, savoir: l'allemand, l'anglais, le français, l'espagnol, le portugais, le russe, le grec et le latin. L'Océanie n'offre que le malais.
L'enseignement aujourd'hui divise les langues en anciennes ou mortes, modernes ou vivantes. On nomme langues mortes celles qui ont été parlées par des peuples qui n'ont plus d'existence politique. Les langues vivantes sont celles qui sont parlées par des nations encore existantes.
Aux langues mortes appartiennent l'hébreu, le grec, le latin et le celtique;
Aux LANGt'ES EUROPÉENNES modcmes , grecque moderne, française, allemande, anglaise, italienne, espagnole, russe, polonaise, suédoise, danoise, hollandaise, finoise;
Aux LANGUES ORIENTALES, hébraïque, chaldéenne, syriaque, cophle, arabe, persane, turque, tartare, arménienne, sanskrite, chinoise.
On api)ellc langue mère celle qui a donné naissance à plusieurs autres langues, soit mortes, soit vivantes. On reconnaît aujourd'hui cinq langues mères : l'hébraïque ou chaldéenne, qui a donné naissance à la plupart des langues orientales; la grecque, d'où est sorli le latin qui lui-même a servi à former le français, l'espagnol et
tral de l'Amérique du ISnrd; langues de la | l'italien ; la é'^wi«/«e ou allemande , mère
de toutes les langues du Nord, comme l'anglais, le hollandais, le flamand, le danois, le suédois; la slave, la même vraisemhlablemenlque celle des anciens Scythes, et reproduite aujourd'hui sous la forme du russe, du polonais, de l'esclavon, du bohémien et de la plu})art des dialectes parlés sur les bords orientaux de l'Adriatique; la finoise, dont les dialectes sont répandus depuis les bords de l'Ingrie, de la Livonie et de la Carélie, jusqu'aux extrémités les plus reculées de la Sibérie septentrionale.
La langue que l'on croit la plus ancienne est l'hébreu; la plus belle est la langue grecque. La première est expressive, forte d'images, sublime de figures; la deuxième est complète, sonore, variée dans ses tours, régulière en sa marche, abondante en mots composés qui lui donnent une énergie harmonieuse et précise. Sa prosodie exprime très bien les mouvements lents et impétueux de l'âme tranquille ou agitée. Cette langue est d'ailleurs la source et la clef des sciences et des arts.
La langue latine a aussi de la richesse et de la douceur. Jusque vers le milieu du cinquième siècle on n'en parla pas d'autre dans la plus grande partie de l'Europe.
La langue française, malgré ses imperfections, entre autres son défaut de hardiesse, d'images, de cadences heureuses, de mouvement, a de grandes beautés, de la clarté, de l'exactitude, de l't'légance; elle a produit des chefs-d'œuvre en tous genres. Un homme d'esprit a répondu convenablement au reproche de pauvreté qu'on lui a quelquefois adressé. «C'est, a-t-il dit, une mendiante qui fait l'aumône à tout le monde. »
La force, l'énergie, la hardiesse sont particulières à la langue anglaise, qui, d'un autre côté, manque de charme et il'harmonie.
L'italien se dislingue par la douceur et la mollesse de ses sons.
La langue russe est sonore, flexible, harmonieuse, propre à la littérature et surtout
à la poésie lyrique. Elle a fait, depuis quelques années, de grands progrès, et mérite de ])reudre place parmi les plus belles langues de l'Eui'ope.
L'espagnole n'est pas aussi riche en beautés que l'italien ; mais elle a de la pompe et de la majesté, ce qui faisait dire à Charles-Quint qu'elle ne devait être consacrée qu'à la Divinité.
Utilité de l'étude des langues. De tous les peuples civilisés, le français est celui qui se livre le moins à l'étude des langues étrangères, dont la connaissance est cependant on ne peut plus utile dans une infinité de positions, de circonstances; par exemple, en voyage, dans une correspondance avec l'étranger, pour la connaissance approfondie des littératures , des cultes, des législations, des mœurs, de l'histoire, des découvertes industrielles et scientifiques de l'étranger. La nation anglaise et presque toutes les nations du Nord sont loin d'imiter notre insouciance pour l'étude des langues. La plupart des jeunes Russes en appiennent cinq à six. Dès leur enfance ils sont entourés de bonnes anglaises, allemandes, françaises et italiennes; cet apprentissage commence avec les premiers pas de l'enfant; on ne perd pas une minute. Rien de plus simple que ce cours; il ne coûte d'efforts ni aux élèves ni aux professeurs; ceux-ci parlent, les autres écoutent. Il n'est pas rare de voir un enfant de trois à quatre ans plus instruit en philologie que la plupart des membres de nos compagnies savantes.
Les langues principales de l'Europe sont: la française, l'anglaise, l'allemande, l'italienne, l'espagnole et la russe; les quatre premières méritent surtout d'être étudiées.
L'universalité de la langue française l'emploi qu'on en fait chez toutes les nations, prouvent assez l'utdité de son étude. Nos mœurs, notre politique, l'état de nos sciences et de nos arts, en feront toujours une nécessité pour les étrangers; elle ne peut être ignorée d'aucun homme civilisé.
La langue anglaise a produit d'immenses richesses llltcralres en pliilosopliie, physique, mn thématiques, littérature, poésie, géof^raphie, agriculture, industrie, commerce, voyages, etc., dont on ne peut jouir sans avoir étudié couvenablement cette
langue.
La connaissance de l'allemand est utile pour pouvoir lire avec facilité et avec fruit une foule d'ouvrages profonds sur le droit public, la médecine, l'histoire, la métallurgie , la métaphysique , et en général sur toutes les sciences exactes. On sait d'ailleurs plus aujourd'hui que jamais combien la littérature allemande renferme de beautés, qui, sans l'étude de cette langue, sont pour nous comme si elles n'étaient pas, ou perdent presque tous leurs charmes en passant par les mains de traducteurs inhabiles.
La connaissance de l'italien ouvre un champ sans limites à la littérature et aux arts. Quelle moisson de plaisirs elle nous offre, sous le rapport de l'histoire, de la j:irispriidence, des mathématiques, de la physique, de l'histoire naturelle, de la morale et surtout de l'archéologie, de la numismatique, de l'architecture, de la sculpture, de la peinture et de la musique! Comment, sans cette étude, pouvoir inter-
roger les traditions sur les débris des monuments antiques dont l'Italie est couverte; sur les grands événements dont elle a été le théâtre depuis un demi-siècle ?
Les principales langues orientales sont : le chaldéen, l'hébreu, le syriaque, l'arabe, le turc, le persan et l'arménien. Leur étude a ordinairement un but spécial, soit religieux, soit civil.
NODIER fCHARLEs), polygraphe fécond, l'un des littérateurs les plus distingués de noire époque, bibliothécaire de l'Arsenal, membre de l'Académie, né à Besançon le 29 avril 1783. Notions élémentaires de linguistique, ou histoire abrégée de la parole et de l'écriture pour servir d'introduction à l'alphabet, à lu grammaire et au dictionnaire. Paris, Renduel, i834, in-S^, 8 fr. — 11^ volume de ses OEuvres complètes.
JARRY DE ai ANC Y, Mappemonde des langues, ou tableau général des langues ancieuîies et modernes, formant le n° !"■ des aS tableaux de l'allas historique et chronologique des littératures anciennes et modernes, des sciences et des beaux -arts.
1 vol., 5 fr.