LE SERPENT
OUEG RÉGENT.
Econtez maintenant une histoire sur Oleg. Tandis que le fils de Rurick grandissait , ce prince , tout en s'occupant de ce jeune homme , remporta nombre de batailles et se rendit célèbre par son courage ; mais après avoir échappé à tous les dangers de la gueire , il mourut d'une manière bien extraordinaire.
Les Russes , dans ce temps-là , étaien t idolâtres , c'est-à-dire qu'ils adoraient des dieux qu'ils s'étaient faits eux-mêmes : Us avaient aussi des prêircsqui prétendaient connaître l'avenir, et le peuple , dans son ignorance , était assez simple pour croire ce qu'ils disaient. Un jour donc ces prêtres , qu'on nommait devins, prédirent à
Oleg que ce dciaii sou cheval favori qui ] le ferait mourir ; il avait en effet uu b<-au cheval, qu'il aimait singulièrement ; mais comme ce prince avait trop de bon sens pour croire que ces devins pussent dire vrai, il voulut leur prouver quiis se trompaient ; il fit enfermer ce beau cheval dans une e'curie magnifique , commanda qu'on en eût le plus grand soin , et se condamna à ne plus le voir.
Au bout de quelques années , on vint lui annoncer que le pauvre cheval était mort. Oleg eu fut d'abord bien fâché ; mais ensuite se rappelant ce que les devins avaient prédit , il se rendit à l'écuiie , et s'écria , en posant le pied sur la tête de la pauvre bête : Voilà donc cet animal redoutable qui devait me faire périr !
■Si
Aussitôt il sortit de celte léte un serpent qui y était caché , et qui fit au prince une morsure dont il mourut.
Je n'ai pas besoin de vous dire , mes enfans , qu'il n'esl pas vrai que les devins aient fait celle prédiction. Ce fut après la morld'Oleg qu'ils imaginèrent de profiter de ce iriste événement pour faire croire au peuple qu'ils lavaient prédit , et qu'Oleg était mort en punilion de ce qu'il ne croj'ait pas à leur science de l'avenir.
Au reste , quand les Russes apprirent qu'ils avaient perdu leur bon prince , ils le pleurèrent comme un père , tant ils avaient été heureux sous*son règne , et les soldais le pleurèrent aussi , car ils regrettaient en lui un chef habile et plein de valeur.
LE BAPTEME.