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DEVANT NABUCHODONOSOR

C'était en Assyrie, sous le règne du roi Nabuchodouosor : la ville de Babvlone était dans le silence d'une belle nuit, les portes étaient ferme'es, les gardes veillaient aux pieds des tours, les Babyloniens reposaient, et les Juifs captifs gémissaient de leur esclavage eu regrettant Jérusalem. On entendait le seul bruit des vagues du Tigre qui baignait les remparts de la ville, la lune se levait au loin sur l'horison, et répandait sin- toute la nature sa clarté pâle , mais douce et majestueuse. Babvlone était donc paisible j >iabuchodonosor, retiré aufondde son palais,cherchait en vain le repos; le sommeil lui refusait ses douceurs. Cependant, peu à peu ses paupières s'appcsantnent, se fermèrent, et bientôt après, le roi de Babvlone, était livré au sommeil. Il reposait, ce prince, dont l'orgueil et l'ambition ternissaient le règne; il était vainqueur, mais ses conquêtes avaient décelé sa barbarie et sa cruauté; les Babyloniens, autrefois admirateurs de ses exploits, avaient gémi de sa fierté, et les Juifs captifs avaient encore contribué à exciter les ennemis du roi; Babvlone était triste, dune grande tristesse, et xSabuchodonosor, plus orgueilleux que jamais, était sourd à ces avortissemens. Mais ce règne injuste devait cesser un joui", un jour aussi cet orgueil devait être abaissé, et ce moment était venu.

Le jour ne paraissait pas encore sur les remparts, le palais était silencieux, lorsqu'un songe effrayant vient troubler le repos du roi d'Assyrie. Il se trouve dans une immense forètj parmi les arbres dont elle est composée il en remarque un dont le bois est adniiiable; sa léte superbe s e- Jève jusqu'au ciel et ses rameaux s'éten-

dent sur tout le désert; les animaux se placent sous son ombrage, les oiseaux se posent sur ses branches majestueuses , mais tout à coup une voix terrible s'écrie : abattez cet arbre, que sa racine seule ne soit pas détruite, quelle soit abandonnéej la rosée du ciei tombera chaque jour sur ses branches desséchées et il ne produira point de fruits; la terre lui refusera ses dons bienfaisans; il sera relégué dans l'antre des forêts et cela, pendant sept années. La voix menaçante se tait : Nabuchodouosor, inquiet, eiïrayé, écoute encore , mais peu à peu le songe s'évanouit et se dissipe entièrement; le roi s'éveille, ressentant une frayeur secrète , un pressentiment ; il cherche Icxplicalion de celte vision, mais Dieu ne peimet pas qu'il la trouve.

Le jour était venu et déjà les Babyloniens se pressaient sur la place publique; plusieurs d'entr'eux, poussés par la cuj iosité, se tenaient aux portes du palais afin d'attendre la sortie du roi, qui chaque jour se promenait dans la ville pour admirer les embellissemens dont il l'avait ornée. Cependant le temps s'écoulait et le roi n'avait pas j>aru ; depuis quelques instans les portes du palais s'ouvraient et les officiers qui soi taient, avaient l'air sérieux. Bieniôl la nouvelle du songe de iSabuchodonosor se répand dans la ville, tout le monde en parle, chacun la laconte à sa manière et l'interprète à son idée; les sages du royaume sont mandés et arrivent en pompe, mais ressortent bientôt d'un air confus^ car Dieu n'avait pas permis qu'ils pussent éclairer, instruire le roi sur celte vision.

A cette même époque, un jeune captif, nommé Danii-l, descendant de la liibu de

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Ju(.la, vivait à Biilnloue^ il atloiait le Sei- | éloigne : jusqu'ici vous aviz niépiisé mes gneur son Dieu, consolait les Juifs dans ! avis qui étaient ceux du Seigneur, vous

leur esclavage, et leur promettait la fin piocbaine de leurs malheurs. Dieu, par sa voix, avait souvent averti ÎNabuchodonosor qu'il se perdait, mais le roi d'Assyrie était reste insensible. A cet instant il se rappelle le jeune Juif et le fait demander; aussitôt le peuple, impatient de connaître la fin de cet événement, se porte eu (bule au palaisj les portes s'ouvrent, il traverse les cours et ne s'an été qu'au dernier degré du li'ône environné de courtisans. Parmi eux on dislingue r^'abuchonodosor, dont l'air troublé témoigne l'inquiétude; il tient en main le soeplred'or, la couronne royale est sur sa tête, ses cheveux noirs retombent sur ses épaules et contrastent avec son manteau d'hermine, qu'attache une agrafe de diamant. Le silence règne dans toute l'assemblée jusqu'à l'arrivée de Daniel; car alors on paile, on murmure; mais Daniel prend la parole et l'assemblée écoute attentivement.

4 Grand roi, le Seigneur mon Dieu, Dieu d'Isaac et de Jacob, le Dieu qui protège toujours les Juifs, vous annonça plusieurs fois que l'orgueil vous perdrait et fjue votre régne cesserait un jour, peu

("jtes lesté souid à sa voix puissante, et maintenant il est iriité contre vous, sa colère s'appesantira sur vous seul, et votre punition sera terrible, car Dieu est offensé. Le jotH' fatal arrivera bientôt; dans un an, à pareille époque, vous serez contra'nt de vous I étirer dans l'antre des forêts j abandonné du monde entier, vous passerez sept années dans ces déserts; le voyageur égaré fuira à votre aspect, la colombe timide prendra son vol à voti e approche, et le roi d'Assyrie, pour s'être cru supérieur à tous les mortels, sera abaissé au rang des plus vils animaux. Tel est l'ariét du Seigneur, Dieu d'Israël; le temps vous prouvera, grand roi, la vérité de cette prédiction, n

Nabuchoflonosor était resté immobile en écoutant Daniel ; il est consterné, hu* milié, et le fait bientôt reconduire par ses officiers. Daniel se retire, le peuple le suit, traverse lentement les cours ; les portes crient sur leurs gonds, tandis que le roi d'Assyrie se retire au fond de son palais pour méditer les paroles du prophète.

Adi;lla L. R.

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