‹ La Mère-institutriceChapitre 59 sur 224 · DONT JE DIRIGE LES ÉTUDES · texte numérisé non relu

DONT JE DIRIGE LES ÉTUDES

Mesdames et mes jeunes amies.

Le Roi, sur le rapport de M. Guizot, ministre de l'Instruction publique, vient de me nommer chevalier de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur.

Cette récompense m'est d'autant plus précieuse que c'est la première qu'on accorde en France, en Europe même, à l'éducation et à l'instruction des femmes.

Toutefois, dans la joie que j'éprouve naturellement, je ne me fais pas illusion sur mes titres à cette insigne faveur; je sais que je ne la dois pas seulement à l'impulsion morale que j'essaie de donner, depuis vingt ans par mes ouvrages et mes cours publics, à l'éducation maternelle, mais au dévouement des mères, à la prudence éclairée des instituti'ices, aux succès moraux, religieux et intellectuels des jeunes filles qui me sont confiées.

Grâces donc soient rendues à vous, mesdames, à vous, mes jeunes amies, qui m'avez identifié avec vos nobles sentiments,

Au Ministre, dont la haute sagesse en a fait apprécier l'influence sociale.

Au Prince, qui les a honorés de sa royale sanction.

Grâces soient rendues à la Première MÈRE DR FAMILLE de Fraucc, qui a daigné

joindre son approbation auguste et protectrice au suffrage honorable des savants, des magistrats, des hauts fonctionnaires publics, dout le caractère et les talents sont l'orgueil de notre pays.

Grâces enfin soient rendues à l'éloquent député de Rennes, qui le premier, à la tribune nationale, a proclamé et encouragé l'utile mission delà femme dans sf-s devoirs de fille, d'épouse et de mère.

A une époque comme la nôtre, cet encouragement est inappréciabledans ses conséquences, et je suis heureux et fier d'avoir été choisi pour personnifier la pensée généreuse du gouvernement.

Je sens toutes les obligations que m'imposent un tel choix et une telle distinction.

Je demande à Dieu le temps et les moyens de les remplir dignement, :ifin de continuer l'œuvre que j'ai commeucée,en m'inspirant des paternelles leçons de Fénelon, (îe Rousseau, de Pestalozzi, de l'abbé Cullier; des conseils maternelsde mesdames Guizot, Rémusat, Campan, Necker de Saussure; sous les yeux même, et avec la coopéiatinn des mères de famille, des institutrices et des jeunes filles, l'espoir du bonheur donn':.lique, c'est-à-dire de notre pays tout entier.

D. Lkvi Alvarès.

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