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La mère Marie de l'Incarnation [microforme]

Ceci n’est pas une étude des lettres de la mère de l’Incarnation, mais un choix de divers passages tirés de ses œuvres, concernant les sauvages, les missions des jésuites, le climat du pays, la nourriture des habitants, le logement des colons, le commerce, les communications avec la France, les ursulines de Québec—le tout allant de 1639 à 1651—et ce n’est que la trentième partie des deux volumes de ces lettres.

Comme celles-ci renferment, au hasard de la dictée de chaque jour, des nouvelles variées se rapportant à plusieurs genres d'événements qui se passaient alors, soit à Québec, soit dans les autres ondroits du pays, il est difficile de les consulter sur un sujet quelconque, puisqu'il nous faudrait à chaque fois feuilleter l'œuvre entière. Nous avons fait, pour aujourd'hui, une levée, un recueil des passages qui concernent les sujets mentionnés plus haut, afin de donner sous une forme concise des renseignements trop dispersés dans les écrits originaux de cet auteur. Il serait aisé de réunir de la même manière ce qu'elle dit des guerres des sauvages, etc. Essayons d’abord de faire connaître la présente série et nous verrons #il y a lieu de continuer.

La première lettre est de quelques jours après l’arrivée des ursulines à Québec, vers la fin de l'été de 1639, alors que la colonie renfermait à M peu près 200 âmes, à part les sauvages.

"5 1639, 1 septembre; à son beau-frère.—Je m'assure que l'affection que vous avez pour moi vous fait désirer d'apprendre le succès de notre voyage et de mon arrivée en Cunada. En vous satisfaisant je veux aussi ‘1 me satisfaire, et vous assurer que nous sommes au lieu où nous aspirions, dans une santé aussi parfaite que si nous n'étions point sorties de Tours ; non que nous n’ayons souffert de grands travaux durant trois mois de navigation parmi les orages et les tempêtes, qui pour treize cents lieues que nous avions à faire, nous en ont fait faire plus de deux mille. Nous nous sommes vues à deux doigts du naufrage ; mais celui qui commande aux vents et à la mer nous a préservées par son doigt tout-puissant ; qu'il en soit loué et béni éternellement des anges et des hommes. Ce que nous avons vu en arrivant dans ce nouveau monde nous a fait oublier tous nos travaux; car entendre louer la Majesté divine en quatre langues différentes ; voir baptiser quantité de sauvages ; entendre les sauvages même prêcher la loi de Jésus-Christ à leurs compatriotes, et leur apprendre à bénir et à aimer notre Dieu ; les voir rendre grâces au ciel de nous avoir envoyées dans leur pays barbare pour instruire leurs filles, et leur apprendre le chemin du ciel; tout cela, dis-je, n’est-il pas capable de nous faire oublier nos croix et nos fatigues, fussent-elles mille fois plus grandes

qu'elles n'ont été? Il en aété baptisé cette année, tant aux Hurons qu'aux Montagnais, plus de cinq cents. Je vous supplie de prier pour la conversion des autres, qui sonten grand nombre, parce qu’il y a des nations presque infinies qui ne connaissent point Jésus-Christ, Nous sommes venues avec les ouvriers de l'Evangile, qui vont tâcher de les attirer à la connaissance de son nom et de sa sainte loi,

1640, 3 septembre ; à une dame de qualité.—Nous avons sujet de louer le Père des miséricordes de ce qu'il en répand de si grandes sur nos pauvres sauvages car, n'étant pas contents de se faire baptiser, ils commencent à se rendre sédentaires et à défricher la terre pour s'établir... Si la France leur donne un peu de secours pour se bâtir de petites loges dans la bourgade qu'on a commencée à Sillery, l'on verra en peu de temps un bien autre progrès... Le réverend père Vimond, supérieur de la mission, pour donner courage à ces pauvres sauvages, les mène lui-même au travail et travaille à la terre avec eux... Il y a une grande persécution aux Hurons où un père a pensé être martyrisé d'un coup de hache... La première séminariste sauvage qu’on nous donna, appelée Marie Negabamat était si accoutumée à courir dans les bois que l'on perdait toute espérance de la retenir. Le R. P. Le Jeune, qui avait porté son père à nous la donner, envoya avec elle deux grandes filles sauvages chrétiennes, qui demeurèrent quelque temps avec elle pour la fixer, mais ce fut en vain car elle s'enfuit quatre jours après dans les bois, ayant mis en pièces une robe que nous lui avions donnée. Son père qui est un excellent chrétien, et qui vit comme un saint, lui commanda de revenir au séminaire, ce qu'elle fit. Elle n’y fut pas deux jours qu'il y eut un changement admirable ; elle nesemblait pius être elle-même... En même temps on nous donna une grande fille âgée de dix-sept ans, appelée Marie Amiskouevan..… Elle a un grand esprit pour retenir ce qu’on lui enseigne. Elle est recherchée en mariage par un Frunçais, mais on a dessein de la donner à un de sa nation à cause de l'exemple qu'on espère qu'elle donnera aux sauvages. O! si Dieu donnait la dévotion à quelque personne de France, d'aider à lui faire une petite maison !... Elle parle bien français... Marie-Ursule Gamitiens, filleule de mademoiselle de Chevreuse, n'est âgée que de cinq ou six ans... elle dit son chapelet durant la messe et chante des cantiques en sa langue sauvage. Nous avons eu dix-huit séminaristes, sans parler des femmes et des filles sauvages qui ont permission d’entrer au lieu destiné à l'instruction des françaises et des sauvages!, où elles ne manquent pas de se trouver... L’hiver, les vieilles gens ne peuvent suivre les sauvages à la chasse ; si l’on n'avait soin d'eux en ce temps là, ils mourraient de faim dans les cabanes. Dieu nous à fait la grâce de les pouvoir assister jusqu'au printemps... Nous avions apporté des habits pour deux ans ; tout a été employé dès cette année, de sorte même que, n'ayant plus de quoi les vêtir, nous avons été obligées de leur donner une partie des nôtres.

1 Le mot sauvagesse était il connu à cette époque dans le sens de femme sauvage ?

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[SULTE] LA MÈRE MARIE DE L'INCARNATION 47 aux 1640, 4 septembre.—L'été est ici aussi chaud qu’en Italie... On se disver- pose à aller prêcher aux Nipissiriniens ct aux nations do la mer du nord, ions trois cents lieues, à ce qu'on dit, au delà des Hurons..… Nous avons reçu \mes vos lettres un mois et demi après l'errivée des premiers vaisseaux, parce à la que on les a envoyées de la Rochelle, d'où l'on part plus tard que de Dieppe ; ce qui fait qu'à peine avons-nous du loisir pour faire nos rét de ponses.. Les habitants de Québec nous donnent des légumes et d’autres * nos semblables rafraîchissements, en sorte que nous sommes trop à notre aise, cOM- Nous avons passé cet hiver aussi doucement qu'en France et, quoique … Si nous soyons pressées dans un petit trou où il n'y a point d'air, nous n'y dans avons pas été malades, et jamais je ne me sentis si frrte. Si, en France, SAR on ne mangeait que du lard et du poisson salé, comme nous faisons ici!, sion, on serait malade et on n'aurait point de voix; nous nous portons fort bien tra- et nous chantons mieux qu'on ne fait en France, L'air est excellent, aussi aux est-ce un paradis terrestre où les croix et les épines naissent si amoureusepre- ment que, plus on est piqué, plus le cœur est rempli de douceur... Béniamat soit le roi du ciel et de la terre qui, par sa bonté, a fait arriver les vais- ‘ance seaux à notre port, après avoir connu les risques de l’armée navale des don- ennemis et s'être sauvés par le moyen d'une escorte de quarante vaisseaux meu- que monseigneur le cardinal de Richelieu envoya à la prière de madame r elle la duchesse d’Aiguillon. Lorsque nous faisons festin à nos sauvages et > que que, pour en traiter splendidement soixante ou quatre-vingts, on n’y emai vit ploie qu'environ un boisseau de pruneaux noirs, quatre pains de six livres | Elle pièce, quatre mesures de farine de pois ou de blé d'Inde, une douzaine | SE M= de chandelles de suif fondues, deux ou trois livres de g1os lard, afin que ande tous soit bien gras, car c’est ce qu'ils aiment, il me semble que l’on doit rand déplorer les grandes superfluités du monde, puisque si peu de chose est riage capable de contenter et de ravir d’aise ces pauvres gens. cause 1640, 7 septembre ; à une religieuse ursuline de Tours.—Je me suis don- mise en peine de vous faire chercher un pied d’élan *, mais vos lettres sont e une venues si tard que je n’ai encore rien d’assuré.… lleule 1640, 13 septembre.—Le retardement du vaisseau qui nous apportait Ile dit vos lettres m'ôtait l'espérance d'en recevoir aucune de votre part, parce age.. que nous le tenions perdu. Il est de la prudence de ne pas mettre tout ce filles que l’on a dans une même voiture parce que, si le vaisseau vient à se n des perdre, l’on perd tout à la fois tous ses rafraîchissements et l'espérance de | L'hi- rien recevoir que l’année suivante. Enfin il est arrivé sur la fin du mois i l’on d'août * chargé de vos hienfaits, sans lesquels nous eussions manqué de Janes. 1 A qui la faute si les religieuses vivaient aussi misérablement au milieu de | N PS. l'abondance que permettait le Canada lui-même ? Aux Cent-Associés qui nourrisré dès à saient les ursulines de provisions envoyées par les vaisseaux. Les marchands en ë question se gardaient bien d'encourager l’agriculture dans la colonie. your 4 2 Pour guérir l’épilepsie? La croyance en ce remède existe encore. < 3 Cette lettre étant adressée à la supérieure des ursulines de Tours, on doit supdust poser que les effets dont elle parle avait été embarqués de là pour la Rochelle d’où

4 étaient partis cette année les derniers vaisseaux pour le Canada. Voir la lettre du 4 # septembre ci-dessus.

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beaucoup de choses... Une nuit de cet hiver, il y eut un froid si horrible que le serviteur de M. de Piscaux, qui traversait un chemin, en mourut... J'ai commission de monsieur le gouverneur et le R, P. Le Jeune de vous envoyer une certaine bave qui est comme du coton, afin de faire épreuve en plusieurs façons de ce que l'on en pourrait faire, Je crois qu'il la faudra battre et carder, pour voir si on la pourrait filer. Cela est plus délié que de la soie et du castor, Je vous supplie donc de la faire voir à quelqu'un qui ait de l'industrie et, si on la peut façonner et mettre en œuvre, de nous en faire voir des essais, Nous en pourrons affier (cultiver) ici, si l’on trouve qu'elle puisse être utile à quelque chose.

1641, 24 août.—Mon père, disait le bon chrétien Charles, de Tadoussac, au R. P Le Jeune, je porte mon pistolet! pour te garder.

1641, 16 septemibre.—$Si vous voyez les révérends pères Le Jeune, Adam et Quentin qui passent en France pour les nécessités de la mission, ils vous diront que les affaires de la foi vont très bien à Killery, Québec, Tadoussac et Saguenay, mais elles sont traversées aux Trois-Rivières où les Iroquois font une guerre mortelle à nos bons sauvages, comme aussi à tous ceux qui sont au delà jusqu'aux Hurons. S'ils osaient, ils viendraient jusqu'ici, mais il n’y ferait pas bon pour eux, c'est pourquoi ils s’en éloignent.. Nous nous établissons à Québec comme au lieu le plus sûr pour nos personnes et le plus avantageux pour l'instruction, Les mères hospitalières y font aussi achever une maison. MM. de Mont-Réal y font faire une maison et un magasin, car il est nécessaire qu'ils aient ici un lieu de retraite, Mont-Réal n'étart pas encore en assurance à cause des incursions et des guerres continuelles des Hiroquois..

1642. 28 août.—J'ai reçu vos deux lettres par les mains du R. P. Le Jeune qui m'a assuré vous avoir rendu visite.

1642, 29 septembre.—Nous avons eu, cette année, les vaisseaux plus tôt qu’à l'ordinaire, n'ayant été que deux mois à leur voyage...

1643, 30 septembre.—Les Iroquois ferment les passages, de crainte que les nations plus éloignées ne viennent se faire instruire. La nation d'Hyroquet n'a pas laissé de traverser les terres de ces barbares, qui ont fait sur eux une décharge de plus de cent coups de fusils, mais Dieu les a si bien protégés, qu'il n’y en a pas eu un seul de blessé.

1644, 26 août.—Pour réponse à ce que vous désirez savoir touchant le pays, je vous dirai qu'il y a des maisons de pierres, de bois et d'écorce. La nôtre, qui est toute de pierres, a quatre-vingt-douze pieds de longueur et vingt-huit de largeur. C’est la plus belle et la plus grande qui soit en Canada, pour la façon d'y bâtir. En cela est comprise l'église, qui a sa longueur dans la largeur de la maison et dix-sept pieds de largeur. Vous penserez que cela est petit, mais le

1 Les Français commençuient alors à confier des armes à feu à quelques sauvages éprouvés par leur fidélité en ’ers eux.

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trop grand froid ne permet pas qu'on fasse des lieux plus vastes, Il y a des temps auxquels les prêtres sont en danger d'avoir les doigts et les oreilles gelés. Le fort est de pierres, comme les maisons qui en dépendent. Celles des révérends pères, de madame la fondatrice, des mères hospitalières et des sauvages sédentaires sont aussi de pierres. Celles des habitants, excepté deux ou trois, sont en colombage pierrotté. Une partie des sauvages ont des maisons portatives d'écorce de bouleau, qu'ils dressent bien proprement avec des perches. Nous en avions une semblable au commencement pour nous servir de classe, Quand je dis que nos maisons sont de pierres, je ne veux pas dire qu’elles soient de pierres de taille, non, il n'y a que les encoignures, qui sont d'une espèce de marbre presque noir, qui se tire par coupeaux assez bien faits. Les encoignures étant de cette sorte de pierres, sont très-belles, mais elles coûtent à tailler à cause de la dureté, Un homme coûte trente sols par jour, encore le faut-il nourrir les fêtes et les dimanches et dans les mauvais temps. Nous faisons venir de France nos artisans qu’on loue pour trois ans ou plus. Nous en avons dix qui font toutes nos affaires, excepté que les habitants nous fournissent la chaux, le sable, la brique. Notre bâtiment a trois étages, dans le milieu desquels nous avons nos cellules faites comme celles de France. Notre cheminée ! est au bout pour chauffer le dortoir et les cellules, dont les séparations ne sont que de bois de pin, car autrement on ne pourrait pas y échauffer ; encore ne croyez pas qu’on y puisse demeurer longtemps en hiver sans s'approcher du feu; ce serait un excès d’y demeurer une heure, encore faut-il avoir les mains cachées et être bien couvert. Hors les observances, le lieu ordinaire pour lire, écrire et étudier est de nécessité auprès du feu, ce qui est un assujettissement fort incommode, particulièrement à moi qui ne me chauffais jamais en France. Nos couches sont de bois qui se ferment comme des armoires ? et, quoiqu'’elles soient doublées de couvertes ? ou de serge, à peine y peut-on échauffer, L'hiver, nos sauvages quittent leurs maisons de pierres et vont cabaner dans les bois où il ne fait pas si froid. A quatre cheminées que nous avons, nous brûlons par an cent soixante-quinze cordes de gros bois ; et, après tout, quoique le froid soit si grand, nous tenons le ess tout l'hiver, mais l'on y souffre un peu. Notre clôture n’est que de gros pieux d'arbres entiers de dix pieds de haut et accommodés avec de la charpente. Les couvertures des maisons sont en planches doubles ou de bardeau contregarni de planches par le dessous. Nos sauvages sont habillés l'été et l'hiver. L'été.ils ont une peau d'orignal grande comme celle d’un bœuf, carrée comme une couverture, qu'ils mettent sur leurs épaules. Ils l'attachent avec une petite courroie, en sorte que leurs bras sortent

’ Les poëles étaient encore inconnus dans la colonie.

2 Nous nous servons encore de ces bancs-lits dans nos campagnes.

8 Couvertes de laine, comme nous disons aujourd’hui. Le mot couverte pour couverture a toujours été employé au Canada en parlant de ces sortes de draps de lit,

Sec. I, 1897. 4.

tout nus; ils n'ont que cela et un brayer (vêtement autour des hanches) ayant les pieds et la tête nus, Chez eux à la campagne, et quand ils se battent avec leurs ennemis, ils sont nus comme la main, excepté le brayer qui les couvre assez modestement, Ils ont la peau comme minime ! à cause du soleil et des graisses dont ilss'oignent par tout le corps” Ils ont, pour la plupart, le visage matachié avec des raics rouges et bleues. L'hiver, ils ont pour robes des couvertes de lits accommodées comme celles dont je viens de parler, excepté qu'elles ont des manches de même, Ils ont des chausses de cuir ou de couvertes usées qui leur vont jusqu'à la ceinture. Ils ont par là-dessus une veste de castor avec son poil, en guise de manteau. Ceux qui se couvrent la tête traitent pour des bonnets de nuits rouges Ÿ au magasin : ils ont aussi quelquefois des capots ou des tapaborts * Voilà pour ceux qui sont bien habillés, mais il y en a qui sont presque nus en tout temps, par pauvreté, Les femmes sont fort modestement accommodées, ayant toujours des ceintures qui les serrent (car les hommes n’en ont quasi jamais, leurs robes allant au gré du vent). Leurs robes vont en bas jusqu'à mi-jambes, et en haut jusqu'au haut du col, ayant presque toujours les bras couverts. Elles se couvrent aussi la tête d'un bonnet de nuit d'homme, ou d'un castor, ou d'un tapabor. Leurs cheveux sont abattus sur le visage et liés par le derrière et, communément, elles sont fort modestes et pudiques. Nous faisons de petites simarres° à nos séminaristes et les coiffons à la française, On aurait de la peine à distinguer un homme d’une femme sans cette difrérence d'ajustement dont je viens de parler, car leurs visages sont tous semblables. Leurs souliers sont de peau d'orignac préparée comme celle de bufile ; ils enfoncent un morceam par le bout, mettent une pièce carrée au talon, passent une petite courroie comme à une bourse, et voilà leurs souliers faits. Les Français n'en portent point d’autres l'hiver, parce qu'on ne peut sortir pour marcher sur la neige qu'avec des raquettes, et pour cela on ne peut se servir de souliers français.

1644, 26 août.—Nous voyons dans les campagnes des lis sauvages et des martagons®, On y voit aussi quantité de cèdres dont les branches nous servent à faire des balais. 11 y a encore beaucoup de pins, de sapins et d'épinettes ? qui demeurent vert, .vut l'hiver nonobstant les froidures.

1 Minime : qui est d’une couleur tannée, très sombre, couleur de la robe des religieux minimes ou frères mineurs. (Dictionnaire de Trévoux.)

2? Elle ne dit pas que ces Algonquins avaient des peaux rouges naturelles, et tout nous porte à croire que leur peau était blanche comme la nôtre.

3 Nos tuques actuelles,

4 Tapabor : bonnet dont les bords descendent sur les épaules pour garantir du vent et du hâle. Sur la mer on l'appelle bourguignote. (Dictionnaire de Trévoux.)

5 Habillement long et même traînant ; espèce de robe de chambre. (Dictionnaire de Trévoux.)

6 Lis à petites fleur. (Note de l'abbé Richaudeau.)

Espèce de sapin d’où découle le baume dit du Canada. (Note de l’abbé Richau

deau.)

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