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La merveilleuse doxologie du lapidaire

Une sourde tristesse au fond du cœur vide et lourd d'autant : fruit de joie que mine et ronge rinfime ver imperturbable et silencieux.

L'horizon ? Non, pas ce verbe d'azur où la liberté s'éploie. Mais plutôt un mur de brouillard sale, épais, qui se rapproche lentement, inévitable, raréfiant Tair : l'âme s'abandonne froidement à l'asphyxie.

L'intelligence a clos les paupières sur les yeux inutiles. A quoi bon voir? Si morne est le jour, ce jour de souffrance au soupirail sali de toiles d'araignées.

Nous avons connu ces jours; et n'ont-ils pas semé de leur semence maudite au champ borné de notre vie ?

Mais aussi de rares et violentes réactions de la volonté de vivre : alors nous hurlions à la Lumière ; nous désirions d'un désirimmense un rayon ; nous implorions un inconcevable éblouissement, dussions-nous en demeurer aveugle.

Aux jours mornes, aux jours pesants, aux jours d'angoisse et de misère...

Trop las cependant pour Tefifort nécessaire, nous nous donnâmes sans pensée à des besognes qui ne nous semblaient calmantes que parce que nous les croyions stériles. Et ce fut de longues lectures sans but, choisies à dessein hors du domaine ordinaire de notre activité.

Par quelle miséricordieuse magie nous ne savons, ou plutôt, Seigneur, nous ne pouvons pas dire, obsession d'abord douloureuse, puis acceptée noble et bienfaisante, la magnificence des pierreries radieuses et ruisselantes de joie s'interposa entre notre deuil et ce grand appétit delà Vie qui est en l'âme.

Ainsi aux massives parois des cathédrales pleines de silence et de ténèbres luit la gloire polychrome des vitraux anciens par qui la Lumière supérieure se proclame et dénie à l'ombre prisonnière le droit de la violenter.

Donc nous goûtâmes le charme suranné, la science anachronique au relent de momie princière des vénérables lapidaires, tels Epiphane, Isidore de Séville, Marbode, dont l'austère saga-

DOXOI.OGIE DU LAPIDAIRE.

cité se complut à ces, diraient aucuns, somptueuses babioles.

Mais au miroir de la mémoire, à notre insu, certes, les généreuses gemmes avaient laissé comme un reflet de leur splendeur.

Des symboles s'élaborèrent, des transparences luirent, des analogies pour nous encore un peu hautaines s'imposèrent.

Et nous n'eûmes plus qu'à écrire — peut-être aussi avec la maladresse de la haine qui nous poigne de l'encre noire — ce petit livre d'Espérance et de Foi.

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