‹ La merveilleuse doxologie du lapidaireChapitre 2 sur 8 · L ONYX · texte numérisé non relu

L ONYX

Sans redouter le sort tragique qui échut à Tépouse de Loth pour s'être retournée une dernière fois vers Tinfâme Sodome en flammes, jetons un coup d'oeil de contrition sur la mauvaise vie, empire de rOnyx. Nous avons Thyacinthe qui paralyse les influences pestilentielles des marais maudits; Torite qui métamorphose en chiens vils les fauves haineux du désert ; l'hématite, panacée certaine aux venins des serpents : ne craignons point.

L'Onyx suscite les querelles et les discordes sanglantes : c'est du moins ce qu'en rapportent les antiques thaumaturgies. La malfaisante Onyx, pierre d'ombre et d'insomnie, déchaîne par le monde les lémures rongeuses de l'envie et les démons familiers du sarcasme.

Onyx est un mot grec qui signifie ongle, pour ce que cette pierre a la couleur de l'ongle détaché de la chair. Les démangeaisons qui sont la joie de l'ongle et qu'il déchire avec volupté figurent

les curiosités malsaines dont le Méchant aiguillonne l'esprit de l'homme pour le conduire en bonds désordonnés au précipice du désespoir. Car de même que l'ongle qui n'adhère plus à la chair est un ongle mort, demémela Science hasardeuse et sans mandat, matrice des hideuses disputes, ne saurait aboutir qu'au néant.

N'avons-nous pas été déjà possédés par les impurs élémentaux? Et les fakirs de l'Oscillation, les convulsionnaires du Doute, les énergumènes du Vertige et les apôtres de l'Inquiétude, car tels sont les vocables troublants de leur hiérarchie, n'ambulent-ils pas encore au milieu de nous, précédés par les griffes de leur sourire et prêts à nous emprisonner de nouveau dans les séductions de leurs filets ?

Déjà ils nous ont entraînés parmi les lourdes fumées et des musiques semblables aux hallucinations de la fièvre, à travers leurs jeux de glaces illusoires et leurs montagnes russes psychologiques donton meurt délicieusement uneseconde. Longuement ils nous ont fait visiter les profonds laboratoires où toutes les vermines sont avec amour multipliées, où les sales cultures fermentent en les artistiques éprouvettes et les plus mignonnes fioles, pieusement. Nous avons vu, blêmes d'épouvante, s'étendre et se propager les

sourdes invasions, les louches prurits, les contagieuses gigues macabres du cas-de-conscience. Et voilà que pour toutes les danses de Saint-Guy intellectuelles, pour tous les feux Saint-Antoine cérébraux ont fonctionné devant nous les aiguilles empoisonnées des tarentules et les trépidantes boulimies des vibrions.

Ah ! garde que Panneau de ton doigt ne porte en cabochon la malfaisante Onyx, évocatrice des spectres et des esprits d'efifroi ! Tu ne cesserais plus de frissonner aux caresses félonnes, aux baisers amers et glacés de l'Invisible.

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