‹ La Mésentérite Sclérosante et rétractileChapitre 9 sur 19 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Que la mésentérite soit d’origine mécanique (her- : nie), microbienne (tuberculose, syphilis), ou toxique (éthylisme), 3 éléments histologiques lui sont COMMUNS :

La sclérose, la rétraction et les cicatrices étoilées.

Les > premiers sont particulièrement importants à cause des complications envisagées plus loin (occlusion intestinale et infarctus). Les « étoiles » en sont pour ainsi dire, la signature anatomo-pathologique.

La rétraction, ou diminution de largeur du mésentère est plus accentuée, en général, au bord droit du méso, ce que fait comprendre la rareté des vaisseaux sanguins en ce point diminuant d'autant sa nutrition, comme nous l'avons indiqué plus haut.

En plus des 3 éléments anatomiques précités, dans la mésentérite tuberculeuse ou syphilitique notamment, les 2 faces du mésentère sont blanchâtres, vernissées, les anses intestinales agglomérées, eni-

paquetées par des nappes porcelainées, baignant dans l’ascite. Sur le méso et l'intestin peuvent se voir de petits kystes séreux attribuables, vraisemblablement à des étranglements lymphatiques.

Cas de Duvergey

La sérite syphilitique se distingue toutefois de la sérite tuberculeuse par un épaississement plus marqué, dü, d’après Letulle, à la néo-formation d’un tissu conjonctivo-vasculaire aussitôt après l’apparition du virus syphilitique dans le péritoine.

La rétraction totale ou partielle attire l'intestin vers la paroi abdominale postérieure en lui imprimant des coudures, des déformations diverses ; au-

dessus de l'obstacle, l'intestin est dilaté, au-dessous, atrésié. ee

Remarquons, enfin, que dans la mésentérite, le péritoine entier peut être lésé, ainsi que l'intestin. « Du reste, dit Mauclaire, tous les mésos peuvent être atteints de sclérose et de rétraction, mais la sclérose et la rétraction du mésentère ont une individualité particulière. »

Nous expliquons la sclérose et la rétraction par l’ischémie du méso consécutive à l’irritation herniaire et à l’artérite plus ou moins généralisée dans la tuberculose et la syphilis.

Nous proposons la théorie suivante comme genèse des cicatrices étoilées.

Considérons d’abord dans l’étranglement herniaire la portion intra-sacculaire du méso : la circulation y étant d’une part ralentie ou nulle, et, d'autre part, le sang stagnant étant en contact avec des poisons intestinaux ou microbiens, des dépôts de fibrine se forment en certains points du réseau vasculaire. Le coagulum en augmentant de volume envahira les vaisseaux plus petits qui irradient de ces points, en les redressant plus où moins, en vertu de sa force d'expansion centrifuge ; et les si curieuses étoiles seraient le reliquat de ces thrombus sanguins.

Même explication pour les étoiles extra-sacculaires et celles des autres mésentérites.

On peut même conclure que les étoiles onf une formation antérieure à la sclérose proprement dite,

TR Le

puisque celle-ci détruit la perméabilité vasculaire indispensable à leur production.

Leur teinte plus nacrée serait aussi en faveur de leur antériorité.

Une photographie ci-jointe représente les lésions typiques se rapportant à l'observation XIX (Duver-

gey).

SYMPTOMATOLOGIE

La mésentérite est surtout une découverte opératoire ou nécropsique. Avant l’ouverture de l’abdomen un diagnostic ferme ne peut en être posé d’après les symptômes cliniques seuls.

Les observations VI, VII et XVIII ne la révèlent qu'en tant que trouvaille d’autopsie, aucun trouble abdominal ne s'étant manifesté durant la vie.

Chez beaucoup de malades l'intervention a été motivée par une constipation opiniâtre, par des attaques de constipation alternant avec de la diarrhée, par une augmentation de volume plus ou moins grande de l'abdomen, par des douleurs persistantes, tous ces symptômes étant occasionnés par des coudures ou des rétrécissements de l'intestin.

Dans l’observation I, la palpation avait révélé une grosse tumeur, irrégulière, mobile, douloureuse à la pression. Tumeur également dans le cas X.

Souvent ses symptômes se confondent avec ceux des complications.

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