‹ La messe (volume 2)Chapitre 100 sur 245 · Arch. byza.nl., pl. XIX, p · texte numérisé non relu

Arch. byza.nl., pl. XIX, p

CHANCELS.

seignements car ils offraient grande analogie avec les chancels et, à ce titre, citer ceux de Sainte-Sophie de Constantinople qui sont dans un état de conservation parfaite. Chaque entre-colonnennement du premier étage y est fermé par un panneau de marbre à hauteur d’appui qui porte comme ornement deux losanges crucifères entourés d’un cadre carré ; ces panneaux qui se reproduisent un grand nombre de fois appartiennent tout à fait par le style au groupe de chancels que nous étudions. On sait que Sainte- Sophie fut fondée en 532, ils sont donc à peu près du milieu du vic siècle.

Dans l’église de Saint-Théodore de la même ville il existe encore des chancels de marbre presque identiques à ceux de Saint-Marc de Venise; on y voit le chrisme au centre avec des rubans et les glands ordinaires, le chrisme avec des médaillons latéraux reliés par des entrelacs, ou encadré par un losange, etc b

M. Blouet 1 2 mentionne à Modon des fragments de chancels que nous pourrions rapprocher par de singulières ressemblances de ceux de Saint-Clément, ce sont des rosaces entourées de feuillages et là encore le médaillon à rubans avec les deux croix latérales.

C’est sur la côte occidentale de l’Adriatique que j’ai retrouvé le plus grand nombre d’exemples des chancels en question, et surtout à Saint-Marc de Venise qui mérite sous ce rapport de fixer spécialement notre attention.

Cette église ne remonte pas au delà du xi° siècle, mais on sait que ses constructeurs l’érigèrent avec des marbres tout taillés qu’ils dérobèrent à l’orient et aux villes de l’Illyrie. C’est un amas de dépouilles parmi lesquelles les archéologues peuvent reprendre celles de siècles fort antérieurs pour en écrire l’histoire. Les chancels qui entourent le petit presbyterium de la crypte sont de ce nombre et je les attribue sans hésiter au vi° siècle. Nous y constatons le même style qu’à Saint-Clément, les moulures camardes, les disques et les losanges crucifères, les médaillons à monogrammes desquels s’échappent des courroies flexibles qui aboutissent aux deux croix latérales, enfin plusieurs ornements que nous n’avions pas

1. Pulgher, Les anciennes églises bytçantities de Constantinople, Vienne, 1880, in-f° pl. XXX.

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