‹ La messe (volume 2)Chapitre 99 sur 245 · VI* SIÈCLE. — ROME. — SAINT-CLÉMENT. — ORIENT · texte numérisé non relu

VI* SIÈCLE. — ROME. — SAINT-CLÉMENT. — ORIENT

D’après le même procédé nous avons restauré les faces longitudinales de la schola en y supprimant, comme nous devions le faire, les deux ambons qui ne sont pas antérieurs au xne siècle. Pour la face nord, il n’y a pas eu difficulté, et nous n’avons eu qu’à compléter le panneau décoré de disques qui est entré dans la construction de l’ambon de l’Épître. Du côté de l’Évangile en complétant un des panneaux coupé, en y replaçant le panneau à losanges de im 79 qui fait le fond de l’ambon de l’Épître, nous sommes arrivé à peu près à la même longueur.

Pour terminer la clôture de la grande nef, nous n’avons eu que deux panneaux à ajouter ; nous avons dit en effet que toutes les parties des chancels n’avaient pas échappées aux remblais, témoin le fragment qui fut retrouvé dans les fouilles et qui porte témoignage de ce fait.

Dans la nef de l’Évangile qui n’a point changé de largeur nous n’avons eu qu’à replacer identiquement les chancels sur leurs bases. Deux marches qui traversent le collatéral de l’Épître en ont déterminé la position. Cette dernière nef a été fort réduite pour la basilique supérieure, ce qui explique qu’un des panneaux ait été coupé et que l’autre nous manque ; nous signalons encore ici une preuve de l’identité d’emplacement des marbres dans la première et la seconde basilique. Ce panneau reconstitué n’aurait que 1 m 62 au lieu de 1 m 91 et im 85 que présentent ceux de l’autre nef et cette différence s’explique avec une merveilleuse précision par la différence même de largeur des anciens collatéraux qui est de om 50.

Derrière le chancel qui traversait toute l’église, les maçonneries basses ci-dessus décrites se rapportaient à des précinctions ou à des monuments religieux tels que les tombeaux et autels que les Italiens nomment Avelli. La cloison que nous avons mesurée dans le collatéral de l’Épître et qui n’a que om 17 d’épaisseur servait peut-être de séparation entre deux ordres différents d’assistants. Ciampini dans son plan de la basilique supérieure qui fut tracé avant les dernières restaurations, indique autour du choeur une seconde clôture sous le titre de septum marmcreum. Sans nul doute cette dernière enceinte dessinait aussi le presbyterium dans l’église primitive. On verra sur notre plan la disposition que nous lui avons donné d’après les vestiges subsistants.

Saint-Clément n’eut pas parmi les églises de Rome

le privilège exclusif de ce genre de clôture qu’on pourrait appeller monogrammatique, j’en ai retrouvé un fragment à Sainte-Marie-in-Cosmedin. Dernièrement à Saint-Jean-de-Latran, en retournant une dalle de parement dans le portique léonien, on mit à découvert une croix inscrite dans deux carrés entrelacés ; il y en avait sans doute encore ailleurs un grand nombre 1 .

Il est probable, quoiqu’on ne puisse l’affirmer, que ce style fut une importation d’orient où nous en retrouvons beaucoup d’exemples. M. Texier 2 donne une inscription grecque relevée sur la porte de l’église byzantine d’Assos : Cyricus, fils de Cornélius, a rendu sa beauté à ce temple qui tombait de vétusté et demande comme récompense l’indulgence de beaucoup de péchés. Anthemus, évêque de Scamandria , a dédié cette reconstruction fleurie au culte de Dieu.. '... et l’indulgence des péchés commis pendant la vie, l’an 385. On voit sur ce marbre, le chrisme, les courroies et deux tiges verticales. La question d’origine serait tranchée par ce monument si la date était certaine, mais, M. Texier avoue qu’il n’est pas satisfait de la version, parce que les Grecs de cette époque comptaient par l’âge du monde. J’ajouterai qu’il n’était pas encore question de byzantin au ive siècle, et de plus, qu’il est étonnant qu’une église chrétienne ait été ruinée par la vétusté si tôt après Constantin 3.

Saint-Démétrius de Thessalonique offre dans ses galeries supérieures une suite de clôtures où nous retrouvons le médaillon à monogrammes, les losanges et, ce qui est plus explicite, le médaillon dont les rubans semblent à droite et à gauche soutenir des croix. M. Texier 4 nous dit que le premier temple élevé au saint martyr datait de 412, il est probable que celui-ci n’est pas antérieur au commencement du vie siècle, ce qui rendrait ces marbres contemporains des clôtures de Saint-Clément.

Les parapets des galeries supérieures ont généralement mieux résisté à la destruction que les clôtures du chœur exposées comme de simples meubles à toutes les révolutions qui atteignent même les édifices religieux; nous pouvons encore y puiser des ren-

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