‹ La messe (volume 2)Chapitre 153 sur 245 · XI‘ SIÈCLE. — ROME. — ALBE · texte numérisé non relu

XI‘ SIÈCLE. — ROME. — ALBE

Les fûts de nos colonnes ressemblent tout à fait à ceux du cloître de Saint- Paul, qui sont contemporains; nous n'avons donc pas hésité à imiter cette architecture pour les parties qui nous manquent. On remarquera que les colonnes du cloître de Saint- Paul sont accouplées, parce qu’elles avaient à supporter un toit de portique ce qui eût été inutile ici pour une simple clôture de chœur.

Ce monument acquiert par sa date une grande importance dans l’histoire monumentale; en effet c’est la première fois que nous voyons les artistes romains rompre avec l’antiquité pour les iconostases. Saint Silvestre, Grégoire III, Léon III, Eugène II, empruntent des colonnes à l’antiquité, ici le marbrier inaugure le nouveau style qu’on est convenu d’appeler celui des Cosmati. La tradition liturgique subsiste, mais elle nous apparaît sous un autre vêtement.

Saint-Alexis. — Restauration du chœur.

Nous ne pouvons oublier le petit iconostase de la chapelle Sancla Sanctorum du Latran, qui rappelle exactement le marbre des catacombes que nous avons rapporté au commencement de cet article. On sait que Nicolas III reconstruisit ce sanctuaire1; il disposa, devant une chapelle carrée, un petit presbyterium qu’il décora de riches mosaïques et de deux colonnes de porphyre. Au-dessus de ces colonnes est une frise avec cette inscription : Non est in tolo sanctior orbe locus, et une fenestella grillée qui s’ouvre sur la chambre des reliques. Cet oratoire fut alors beaucoup rétréci (1277), il est donc probable que ces colonnes faisaient partie elles-mêmes d’un iconostase plus étendu.

Église de San-Pietro d’Albe (près d’Avezzano, province des Abruzzes). — (A.) Arabon très-riche et orné de mosaïques. (B.) Iconostase avec colonnettes torses ornées de mosaïques. (C.) Escaliers conduisant au chœur surélevé. (H.) Au-dessus de ce pilier, inscription de l’abbé Orisius. (Croquis et documents rapportés par M. de Laurière.)

Nous rapprocherons de l’iconostase de Saint-Alexis celui de San-Pietro d’Albe. Cette église, construite sur les fondement? d’un temple antique, a ses nefs garnies de colonnes corinthiennes qui en proviennent sans doute; le chœur surélevé est séparé de la nef par une suite de colonnettes torses, émaillées de mosaïques de couleur et portées sur un stylobate. Les panneaux de ce stylobate sont aussi ornés de mosaïques avec plaques de porphyre et de vert antique. Dans la frise d’un de ces panneaux on lit le nom du marbrier Andréas qui travailla aussi à l’ambon :

ANDREAS MAGISTER ROMANVS FECIT HOC OPVS

Un autre est décoré de découpures qui simulent des transennes, mais d’un style grossier et sans élégance; un petit escalier monte au chœur derrière cette clôture. Au-dessus d’un des piliers de l’iconostase, dans le collatéral de l’Épître, on voit une

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