‹ La messe (volume 2)Chapitre 152 sur 245 · Ciampini, De sacris ædificiis, pl. XXXIII · texte numérisé non relu

Ciampini, De sacris ædificiis, pl. XXXIII

Canina, Basiliche.

De Vogué, Les églises de Palestine.

XIII* SIÈCLE

Le genre de clôture que nous étudions ne fut pas abandonné au xm* siècle, en Italie. L’iconostase de Saint-Alexis, sur l’Aventin, datait de cette époque ; i^ a disparu, mais heureusement nous en avons conservé deux colonnettes qui nous en révèlent l’existence et le style. Ces fûts de colonnes sont ornés en haut d’arcatures tracées en mosaïques, au-dessous, de rubans d’émail, d’un collier de rosaces et de fleurs de lys, enfin, dans la partie inférieure, de petits pilastres avec chapiteaux, d’un lézard légèrement en relief et d’entrelacs en émail. Entre les rubans du milieu se déroule sur les champs la légende suivante : iacobvs

LAVRENTII FECIT HAS DECEM ET NOVEM COLVMPNAS CVM SVIS CAPITELLIS.

Ce Jacques, mentionné comme fils de Laurent, est *e grand-père de celui qui construisit la chapelle Sancta Sanctorum au Latran, ce qui le reporte au commencement du xm* siècle; en 1203, il fit la porte de Saint- Sabas, il travailla au cloître de Subiaco et, en 1210. au Dôme de Civita-Castellana. M. de Rossi a découvert qu’il avait collaboré avec son père à Saint- Pierre '.

Nous avons cherché pendant longtemps quel avait pu être l’emploi des dix-neuf colonnes mentionnées par l’inscription et, après divers essais, j’ai été conduit à les placer autour du chœur de Saint-Alexis, comme iconostase pour la face principale et clôtures latérales; le nombre dix-neuf parait singulier, mais en les distribuant, sept sur le devant et six sur chaque côté, il s’explique facilement. On verra sur la restauration que nous en avons tentée que l’œil n’est pas choqué par la présence d’une colonne dans l’axe de l’église; elle se justifie par les perrons latéraux qui souvent donnaient accès au chœur, facilitant peut-être le départ et l’arrivée des processions, et surtout elle se trouve fort convenablement placée sous la grande croix dont les iconostases étaient généralement surmontés. Nous nous sommes inspiré pour celle-ci d’une fresque d’Assise qui représente une clôture de chœur du xme siècle. (Pl. CCXLVI.)

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