‹ La messe (volume 2)Chapitre 162 sur 245 · ICONOSTASES. — JUBÉS · texte numérisé non relu

ICONOSTASES. — JUBÉS

un escalier de pierre est au-dessus de la porte du choeur et un autre dérobé en bois, presqu’entièrement inutile. A Saint-Gatien et à Saint-Martin de Tours, les jubés n’ont chacun qu’un escalier du côté du chœur à gauche, de même à Bayeux et dans l’abbaye de Toussains, à Châlons-sur-Marne. Dans le jubé de Saint-Jean de Lyon, il y a un autel où on célèbre tous les jours après matines la messe appelée de la Croix qui est chantée par les enfants de chœur. Il y a aussi un autel dans le jubé de l’église collégiale de Notre-Dame de Cléri. Dans le jubé de Saint-Jean à Lyon, il y a trois couronnes royales, l’une au milieu, l’autre aux deux bouts ; chacune de ces couronnes a trois chandeliers et trois cierges que l’on allume aux fêtes doubles. Ce jubé est large de trente-deux pieds, haut de douze pieds.

« Dans les jubés de certaines églises, on fait l’absoute le Mercredi des Cendres et le Jeudi-Saint ; on y repose le Saint-Sacrement, on l’y réserve le Jeudi- Saint, on y dit la messe; on y expose des reliques des saints; on y bénit les rameaux, les cierges le jour de la Purification et les cendres. Dans lè jubé de l’église de Beauvais on lit en Carême une leçon tirée de l’office au commencement de compiles '. »

On conserve dans la crypte de Notre-Dame de Chartres les débris de l’ancien jubé démoli le siècle dernier ; ces fragments, qui appartiennent tous au milieu du xme siècle, sont d’une rare beauté, entièrement peints et dorés ; ils ont été découverts par Lassus. Thiers rapporte une curieuse anecdote relative à ce jubé et qui montre en même temps à quels usages il se prêtait : « Lors de la paix du duc de Bourgogne avec les enfants du duc d’Orléans on avait dressé un échafaud pour la cérémonie sur le jubé de l’église de Chartres. Un plaisant avait acheté, à cette occasion, une paix qu’on fait baiser àla messe et l’ayant couverte de fourrure il la présenta au duc de Bourgogne qui lui demanda ce qu’était « une paix fourrée », d'où le nom est resté à la paix elle-même. »

Thiers parait attribuer à l’ancien jubé de Sens une très-grande ancienneté, mais M. Viollet-le-Duc 2 dit avec raison qu’il ne pouvait être antérieur au xili* siècle, la fondation de la cathédrale ne remontant pas beaucoup au delà. Il était séparé en deux ambons, soutenus par quatre colonnes de pierre, accessible du côté du chœur et de la nef3.

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