‹ La messe (volume 2)Chapitre 176 sur 245 · Cyril., Hieros. catech. Myslagog., V · texte numérisé non relu

Cyril., Hieros. catech. Myslagog., V

Binterim, ‘Deniwürdigkeiten , IV, 1, 112.

Smith, Dict. of anliq., II, 1643.

faire du mortier avec de la chaux, du ciment et de l’eau bénite pour renfermer les reliques : « et reser- « vetur ad tempus, et postea ipsam aquam, quæ re- « manet, fundat ad basim altaris ». C’est-à-dire dans la piscine qui est sous l'autel ; c’est le sens le plus naturel car pourquoi jeter cette eau devant Tautel, où elle serait profanée par les pieds.

On voit la même expression dans le missel français publié par Mabillondans sa Liturgie gallicane : « Ponis « super cornua altaris digito tuo vinum cum aqua « mixtum etaspergis altare septem vicibus; reliquum « autem fundes ad basem. »

Les Latinsl’ont mis ordinairement à côté de l’autel; Léon IV dans son oraison synodale s’exprime ainsi: « Locus in secretario, aut juxta altare sit præparatus, « ubi aqua effundi possit, quando vasa sacra abluun- « tur et ibi linteum nitidum cum aqua dependeat, ut « ibi sacerdos manus lavet post communionem. »

Les mêmes paroles sont rapportées dans l’épître synodale de Ratherius, évêque de Vérone, mort après le milieu du x' siècle.

L’autel de Sainte-Sophie de Constantinople avait sa piscine ou sa mer faite de pierres précieuses et enrichie d’or tout autour : « Mare seu lavacrum sacræ <( mensæ, dit Codinus, pretiosis lapidibus extruxit et « auro circumvestivit. » Cette mer rappelait la mer d'airain du temple.

Il se trouve encore aujourd’hui (1688) parmi les Grecs plusieurs autels sous lesquels il y avait des mers ou piscines 1 , mais aucune chez les Latins.

Cette mer était comme l’armoire où les prêtres serraient leurs vêtements. On lit dans l’Euchologe des Grecs: « Vespera præcendente sanctum habitumsus- « cepturi vestimenta ad sanctum altare asportantur « et in sanctæ mensæ gremio, seu mari reponuntur.»

1. On les appelait pour cela SodccastStov . [The Acad., 1882, Middleton.)

PISCINES

C’était une sorte de consécration de ces vêtements *.

Dans les piscines grecques sous l’autel, on jetait non-seulement l’eau des ablutions, mais encore des images difformes ou défigurées, des reliques incertaines, etc.

Si nos plus anciennes piscines remontaient au ix* siècle, il serait peut-être permis de regarder comme tout à fait primitives celles que nous avons relevées à Orléans dans la crypte de Saint- Avit. On y voit au mur de l’abside deux petites arcades, niches carrées en plan, et qui portent sur leur tablette une cuvette, circulaire dans celle de gauche, carrée dans celle de droite, l’une et l’autre percées d’un trou au milieu.

11 existe à Bordeaux dans la crypte de Saint-Seurin, une piscine qui doit remonter au xi« siècle. C’est une petite armoire carrée, pratiquée auprès de l’autel de sainte Véronique (côté de l'Épître) et élevée de ira 20 au-dessus du sol. — Une petite cuvette circulaire de om 19 de diamètre recevait les ablutions.

Saint Udalric, moine de Cluny, fait mention de deux piscines dans les anciennes constitutions de son monastère; l’une où l’on nettoyait le calice, 1 autre où les sous-diacres lavaient leurs mains ; toutes deux cubiques, toutes deux proches de l’autel 2.

Les chapelles absidales de Saint-Denis qui datent de Suger possèdent des piscines simples en forme de cuvette accolée à l’un des piliers. A la fin du xii® siècle, à Vezelay, à Montréale (Yonne), sur le banc même qui reçoit l’arcature, on voit une piscine portée sur un faisceau de colonnettes, percée verticalement de manière à perdre les eaux dans les fondations.

A partir de la fin du xne siècle, on voit les piscines

x. Thiers.

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