‹ La messe (volume 2)Chapitre 181 sur 245 · Monum. religieux et civils du Gdtinais, in · texte numérisé non relu

Monum. religieux et civils du Gdtinais, in

2. Revue générale d’architecture , 1854, p. 181, par M. Ruprich-Robert.

3. Voyez celle de l’église de Saint-Thibault (Côte-d’Or), Ann. arch., V, 192.

indépendantes du service direct de l’autel et qui servaient au nettoyage des vases sacrés ’.

Le xiv* siècle fit des piscines très-délicates et trèsriches de sculptures. Nous citerons parmi les plus remarquables celle du choeur de l'église de Saint-Urbain à Troyes. Elle contient deux cuvettes partagées par une pilette centrale et terminée par deux gàbles décorés d'un couronnement de la Sainte-Vierge et de deux figurines des deux donateurs, le pape Urbain IV et le cardinal Aucher. Des crénelages dominent l’édicule 2.

J’ai dessiné dans la cathédrale de Tours, non loin de l’entrée, une petite piscine surmontée d’un arc en style fleuri qu’on peut attribuer au xv° siècle ; elle n’a que om 3 5 de large sur om 50 de haut. On a retrouvé tout autour de vieilles peintures, qui représentent, entre autres, un évêque avec manteau brun bordé d’or.

J’ai copié aussi dans la partie absidale de l’église du Mont-Saint-Michel une élégante piscine du xv° siècle. Son arcade est surmontée de feuillages bien découpés et deux piliers l’accompagnent de clochetons avec crosses végétales ; l’édicule se termine dans le haut par une sorte de plate-forme sous l’ébrasement de la fenêtre. La largeur de la niche égale om 63.

Les piscines déversaient leurs eaux de deux manières, soit par une gargouille extérieure qui les rejetait dans le cimetière, soit dans un conduit souterrain qui les entraînait sous le sol de l’église. Lorsque la piscine est double il arrive qu’une des cuvettes, celle des eaux ordinaires, se dégage au-dessus du sol, tandis que l’autre a son écoulement souterrain, (( cette eau sainte, écrivait l’éminent M. Didron, qui pouvait entraîner des parcelles d’hosties ou des gouttes de vin consacré, car elle purfiait les mains du prêtre qui venait de communier, le calice qui venait de recevoir le sang divin, la pâlie où avait reposé le corps de Jésus-Christ, cette eau descendait donc sur les ossements des morts pour les vivifier en quelque sorte, comme le sang du Sauveur, tombant de la croix plantée sur le Golgotha,

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