XXXIX. — Nonnulli diaconi in tantam erumpunt su
pcrbiam, ut se presbyteris anteponant, atque in primo choro ipsi priores stare præsumant, presbyteris in secundo choro constitutis. Ergo ut sublimiores sibi presbyteros agnoscant, tam hi, quam illi in utroque choro consistant. (Labbe, v,
1716, Concil. Toletanum, IV, a. d. 633.)
« Cestrois chœurs retentiront des louanges divines ; « lorsque ces louanges seront convenablement chan- « tées les religieuxdechaquechœur se relayeront par « tiers. On veilleradanschaquechœuràlaissertoujours « un nombre égal de religieux de tout ordre. Cependant « pour les chantres et les lecteurs on aura soin que a cette division égale ne porte préjudice à aucun des « chœurs.
« Tous unanimement offriront au Tout-Puissant « le sacrifice de louange pour mon glorieux seigneur, « l’auguste Charles, pour sa santé, la stabilité de sa « puissance et sa persévérance dans la piété. Après « matines et vêpres tous les religieux ne tarderont « pas à se rassembler devant la Sainte-Passion, ne « laissant que dix psalmistes dans leurs chœurs resn pectifs. Ainsi par la porte Saint-Gabriel, par la « salle du seigneur abbé, par le côté occidental du « cloître ils viendront à Sainte-Marie; de là, après « une oraison, ils se rendront à Saint-Benoît, situé « dans la partie orientale du cloître ; de là, par les « degrés des arcades, ils iront à Saint-Maurice, puis « entrant dans la basilique de Saint-Riquier, ils re- « tourneront à leurs chœurs ’. »
Pour comprendre cette description de saint Angilbert, il faut s’imaginer les constructions qu’il avait exécutées dans le monastère de Centula en 799. L’église du monastère, entièrement occupée par les religieux, se divisait en trois parties qui correspondaient aux trois chœurs ; les deux premiers à l’ouest et à l’est, consacrés au Sauveur et à saint Riquier, s’étendaient sous de vastes rotondes dont Saint-Géréon de Cologne peut encore nous donner une idée. Au milieu était le chœur de la Sainte-Passion, sorte de basilique à trois nefs qui leur servait de lien. Je suppose que les collatéraux et les déambulatoires restaient libres tandis que les parties centrales fermées par des clôtures offraient aux religieux de larges enceintes qu’exigeait leur nombre. A la rotonde orientale se rattachait la confession de saint Riquier placée dans une abside. Au-dessus de cette confession était élevé un double autel consacré à saint Pierre et au saint patron 5. Dans la rotonde occidentale, où se trouvait le chœur dédié au Sauveur, Angilbert avait fait écrire tout à l’entour une inscription métrique, dans laquelle il invoquait le Seigneur souverain-maître de toutes